January 31, 2019 / 11:04 AM / 7 months ago

L'Europe dans le vert après la prudence affichée par la Fed

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes évoluent en hausse jeudi dans la matinée, après le message très prudent délivré par la Réserve fédérale (Fed) qui contribue à soutenir les actifs risqués tout en pesant sur le dollar et les rendements obligataires.

Les principales Bourses européennes évoluent en hausse jeudi dans la matinée. À Paris, l'indice CAC 40 avance de 0,4% vers 09h30 GMT. À Francfort, le Dax avance de 0,33% et à Londres, le FTSE progresse de 0,64%. /Photo d'archives/REUTERS/Kai Pfaffenbach

À Paris, l’indice CAC 40 avance de 0,4% à 4.994,43 points vers 09h30 GMT. À Francfort, le Dax avance de 0,33% et à Londres, le FTSE progresse de 0,64%.

L’indice EuroStoxx 50 de la zone euro recule de 0,1% avec la faiblesse des Bourses de Milan et de Madrid mais le FTSEurofirst 300 gagne 0,31% et le Stoxx 600 prend 0,15%.

Mercredi soir, la Fed a laissé entendre que le cycle de resserrement de sa politique monétaire en cours pourrait être déjà achevé en déclarant qu’elle serait patiente en matière d’éventuels relèvements supplémentaires en raison des incertitudes économiques et financières.

Son président, Jerome Powell, a expliqué que les arguments en faveur d’une poursuite de la hausse des taux s’étaient “affaiblis” et le communiqué publié à l’issue de deux jours de débats du Federal Open Market Committee (FOMC) ne fait plus référence à la perspective de relèvements supplémentaires des taux, une rupture avec le discours tenu auparavant.

“La Fed n’a pas fait référence à de futures hausses de taux, ce qui n’était plus arrivé depuis quatre ans et la reprise du cycle de resserrement monétaire”, pointe John Plassard, pour Mirabaud Securities.

“Si Donald Trump doit s’en réjouir, les marchés aussi car le soutien de la banque centrale sera total en cas de coup dur”.

La banque centrale américaine a aussi ouvert la porte à un possible assouplissement de la réduction de son bilan, qui atteint actuellement près de 4.100 milliards de dollars (3.570 milliards d’euros), ce qui pourrait l’amener à rompre plus tôt avec cette stratégie et à conserver un portefeuille d’actifs plus important que prévu initialement.

“La Fed nous a surpris, ainsi que les marchés, en adoptant un ton extrêmement accommodant”, soulignent les économistes de Société générale.

“Pour l’instant, nous conservons notre prévision pour deux hausses de taux de 25 points de base, une en juin et une en septembre, mais après [la réunion d’hier], le risque est clairement que la Fed ne relève qu’une seule fois ses taux cette année”.

Le soutien de la Fed pourrait permettre aux investisseurs de digérer toute éventuelle déception en provenance de Washington, où des négociations sur le commerce se tiennent depuis mercredi entre la délégation américaine, conduite par le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer, et les négociateurs chinois menés par le vice-Premier ministre chinois Liu He.

Il s’agit d’une phase décisive des discussions commerciales entre les deux grandes puissances économiques mondiales, à un mois de la fin de leur trêve.

VALEURS

Outre les problématiques monétaire et commerciale, la cote est animée par de nombreuses publications de résultats.

A contrario de LVMH la veille, qui a largement rassuré avec ses résultats, le groupe d’horlogerie suisse Swatch a fait état jeudi d’un ralentissement de son activité au cours des trois derniers mois de 2018 en raison d’une contraction de la demande en Asie et de “très faibles” ventes en France. Conséquence, les résultats annuels sont moins bons que prévu et le titre recule de 6,03%, lanterne rouge du Stoxx 600.

Nokia lâche pour sa part 5,67% après avoir dit s’attendre à un premier semestre en demi-teinte, une prévision qui éclipse la publication d’un chiffre d’affaires et bénéfice trimestriels meilleurs que prévu.

A l’inverse, Elis est recherché (+5,64%) après la publication d’une croissance organique plus forte que prévu au quatrième trimestre.

Lanterne rouge du SBF 120, Vallourec abandonne 5,5% après une information de l’agence Bloomberg selon laquelle certains créanciers du groupe cherchent à réduire leur exposition à la dette, redoutant que Vallourec ne parvienne à respecter ses engagements financiers.

EN ASIE

Les annonces de la Fed ont soutenu la tendance en Asie en dépit d’indicateurs ressortis mitigés.

La Bourse de Tokyo a terminé en hausse de 1,06% dans la foulée de Wall Street. La production industrielle au Japon a décliné pour le deuxième mois consécutif en décembre, mais le déclin (-0,1%) est moins prononcé qu’attendu.

En Chine, l’activité dans le secteur manufacturier chinois s’est contractée pour le deuxième mois consécutif en janvier, l’indice PMI manufacturier officiel s’étant établi à 49,5 contre 49,3 attendu.

Cela n’a pas empêché l’indice CSI 300 des grandes capitalisations de Chine continentale de prendre 1,05% en clôture, tandis que la Bourse de Hong Kong a avancé de 1,08%.

A WALL STREET

La Bourse de New York a fini en nette hausse mercredi après la promesse de la Fed de privilégier la patience avant tout nouveau relèvement des taux d’intérêt, un engagement venu amplifier une progression déjà soutenue après les résultats d’Apple (+6,83%) et les prévisions solides de Boeing (+6,25%).

L’indice Dow Jones a gagné 1,77%, clôturant ainsi au-dessus du seuil des 25.000 points pour la première fois depuis le 4 décembre, et le S&P-500 a pris 1,55%, sa meilleure clôture depuis le 6 décembre.

Le Nasdaq Composite a progressé de 2,2%, enregistrant ainsi sa plus forte hausse en pourcentage sur une séance depuis le 4 janvier.

Plusieurs entreprises ont publié à l’issue de la séance, telles que Facebook, Tesla, Microsoft, Qualcomm et Visa.

Les contrats à terme sur les indices américains signalent pour l’heure une ouverture en très légère hausse.

TAUX

La prudence affichée par la Fed et les propos de Jerome Powell, qui a jugé que les risques d’une inflation élevée avaient diminué, font logiquement reculer les rendements obligataires américains.

Celui des Treasuries à dix ans évolue à 2,67%, contre plus de 2,73% avant les annonces de la banque centrale. Le rendement des emprunts d’Etat américains à deux ans est quant à lui retombé à moins de 2,5% contre plus de 2,58% en amont du communiqué de la Fed.

En Europe, le rendement du Bund allemand à dix ans suit la tendance, reculant de deux points de base, à 0,167%, après avoir touché plus tôt un creux depuis le 4 janvier à 1,161%.

Celui de l’OAT française à dix ans est tombé jusqu’à 0,568%, au plus bas depuis novembre 2016.

CHANGES

Le dollar subit l’iumpact du discours accommodant de la Fed et de son président, l’indice mesurant son évolution face à un panier de devises de référence évoluant au plus bas depuis le 11 janvier.

L’euro en a profité pour remonter à plus de 1,15 dollar, avant que son avance ne soit freinée par l’annonce d’un recul bien plus prononcé que prévu des ventes au détail en Allemagne en décembre (-4,3% sur un mois contre 0,6% attendu).

Les cambistes surveilleront à 10h00 GMT la publication de la première estimation de la croissance du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro au quatrième trimestre. Les économistes interrogés par Reuters tablent sur une croissance de 0,2% par rapport au trimestre précédent.

De son côté, la livre sterling se traite à plus de 1,31 dollar en dépit des incertitudes persistantes entourant le Brexit.

PÉTROLE

Les cours du brut sont orientés en hausse, soutenus par l’annonce d’une baisse des importations de pétrole des Etats-Unis en provenance de l’Arabie saoudite et par la perspective de perturbations dans l’offre pétrolière du Venezuela après les sanctions imposées par Washington à l’encontre du pays.

Le baril de Brent évolue autour de 61,90 dollars et le baril de brut léger américaine (WTI) cote autour de 54,30 dollars.

MÉTAUX

La faiblesse du dollar consécutive aux annonces de la Fed soutient l’or, qui reste proche d’un plus haut de huit mois. Le métal jaune, en passe de signer un quatrième mois consécutif de hausse, se paie plus de 1.320 dollars l’once sur le marché “spot”.

Édité par Juliette Rouillon

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