January 29, 2019 / 7:09 AM / 7 months ago

SAP se réorganise après des signes de ralentissement fin 2018

WALLDORF, Allemagne (Reuters) - SAP a annoncé mardi qu’il allait se réorganiser, ce qui se traduira par une charge de 950 millions d’euros maximum, après avoir observé des signes de ralentissement de certaines de ses activités sur les trois derniers mois de 2018.

SAP a annoncé mardi qu'il allait se réorganiser, ce qui se traduira par une charge de 950 millions d'euros maximum, après avoir observé des signes de ralentissement de certaines de ses activités sur les trois derniers mois de 2018. /Photo d'archives/REUTERS/Siphiwe Sibeko

Le spécialiste allemand des logiciels professionnels, plus grande entreprise technologique européenne par la capitalisation boursière, va réaffecter certains employés et proposer des départs en retraite anticipée à d’autres. Cette restructuration devrait se traduire par le départ de 4.400 salariés même si ses effectifs totaux devraient dépasser 100.000 personnes d’ici la fin de l’année, contre 96.500 fin 2018.

“Ce n’est pas une mesure d’économies. Nous sommes une entreprise de croissance”, a déclaré à Reuters le président du directoire, Bill McDermott, interrogé au siège du groupe à Walldorf, un vaste ensemble de bâtiments au nord de Karlsruhe.

SAP va inscrire une charge de 800 à 950 millions d’euros, essentiellement dans ses comptes du trimestre en cours. Il s’attend à un impact positif mineur en 2019 avant des économies de 750 à 850 millions d’euros à partir de l’an prochain.

Cette réorganisation a été annoncée parallèlement à la publication d’un chiffre d’affaires en 2018 en hausse de 11% à changes constants, supérieur à son objectif pourtant relevé à trois reprises. Le bénéfice d’exploitation annuel a pour sa part progressé de 10%, conformément à ses attentes.

RALENTISSEMENT DES NOUVELLES COMMANDES DANS LE CLOUD

Des indicateurs d’activité particulièrement suivis témoignent cependant d’un ralentissement au quatrième trimestre. La croissance des nouvelles commandes dans l’informatique dématérialisée (“cloud”) a ainsi ralenti à 23% contre 37% au trimestre précédent.

La marge brute d’exploitation, à changes constants, a baissé de 1,5 point au cours des trois derniers mois de l’année, à 33,2%, SAP ayant notamment dû inscrire dans ses comptes les conséquences de l’hyperinflation sur certains marchés d’Amérique latine.

Sur l’ensemble de 2018, la marge s’est toutefois stabilisée à 28,8%, a souligné le directeur financier Luka Mucic, après des années de contraction liées aux investissements dans la transformation du groupe.

Ces données illustre les défis auxquels SAP reste confronté dans sa transition d’un modèle traditionnel de logiciels financiers ou logistiques installés dans les serveurs mêmes des entreprises vers leur exploitation via des centres de données externalisés.

L’activité historique de licences de logiciels, qui permet d’engranger des redevances régulières, continue de générer des profits. La croissance du groupe est cependant portée par le “cloud” mais les marges y sont plus faibles, SAP étant encore en phase de développement dans cette activité pour concurrencer des groupes américains comme Salesforce ou Oracle.

MCDERMOTT NE CRAINT PAS LA GUERRE COMMERCIALE USA-CHINE

Bill McDermott a assuré que l’activité de SAP ne serait pas vraiment freinée par le ralentissement de la croissance mondiale et les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine.

“Nous ne le constatons pas”, a-t-il dit, en soulignant que SAP n’était pas autant exposé aux cycles économiques que les fabricants de matériel informatique.

Il a ajouté que l’envergure mondiale de SAP lui permettrait de compenser les facteurs de risque locaux, tels que la prochaine sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

L’action SAP perdait 2,39% à 90,15 euros vers 11h15 GMT, plus forte baisse du Dax, indice vedette de la Bourse de Francfort, lui-même stable.

“La surprise pour nous, c’est l’annonce d’un grand programme de restructuration en 2019”, ont noté les analystes de Credit Suisse. “Il semble probable que la vaste majorité (des économies réalisées) sera réinvestie dans l’activité.”

SAP, qui vient de finaliser le rachat de l’américain Qualtrics pour 8 milliards de dollars (7 milliards d’euros), a intégré cette acquisition dans le relèvement de sa prévision de chiffre d’affaires en 2019, passée de 28,6 à 29,2 milliards d’euros.

Le groupe allemand a cependant maintenu sa prévision de bénéfice d’exploitation dans une fourchette de 8,5 à 9,0 milliards d’euros, soit une croissance annuelle de 7,5% à 11,5%.

SAP a aussi fourni ses premiers objectifs à l’horizon 2023 avant une journée pour investisseurs prévue le 7 février à New York. Il s’attend à plus que tripler le revenu de ses abonnements et services dans le cloud, à atteindre un chiffre d’affaires de 35 milliards d’euros et à générer une croissance de son bénéfice d’exploitation supérieure à celle de ses ventes, au rythme annuel de 7,5% à 10%.

Bertrand Boucey pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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