January 24, 2019 / 9:26 PM / 8 months ago

Wall Street finit irrégulière, le Nasdaq aidé par les techs

(Reuters) - La Bourse de New York a fini sur une note irrégulière jeudi, le Nasdaq étant soutenu par les valeurs des semi-conducteurs alors que le conflit commercial sino-américain et le “shutdown” qui s’éternisent ont freiné le reste de la cote.

La Bourse de New York a fini sur une note irrégulière jeudi. L'indice Dow Jones a cédé 0,09%. /Photo d'archives/REUTERS/Brendan McDermid

L’indice Dow Jones a cédé 22,38 points, soit 0,09%, à 24.553,24 points tandis que le S&P-500, plus large, a grappillé 3,63 points ou 0,14% à 2.642,33.

Le Nasdaq Composite, à forte pondération technologique, a avancé de 47,70 points (0,68%) à 7.073,46.

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a déclaré que Washington et Pékin étaient encore loin de trouver un accord commercial mais a ajouté croire à un compromis. A un peu plus d’un mois du 1er mars, la date butoir fixée par Pékin et Washington pour qu’une solution soit trouvée, une délégation chinoise est attendue la semaine prochaine à Washington pour une nouvelle série de négociations, a-t-il ajouté.

Le “shutdown”, la fermeture partielle des services fédéraux américains sur fond de bras de fer entre la Maison blanche et le Congrès, est pendant ce temps entré dans son 34e jour, du jamais vu.

L’impasse budgétaire a amené JP Morgan à réduire sa prévision de croissance pour le premier trimestre, à 1,75% au lieu de 2,00%, et le groupement professionnel Global Automakers a averti sur de possibles retards de lancement de nouveaux modèles de voitures, faute de certification de l’agence fédérale EPA dont 95% du personnel est au chômage technique.

“Il y a beaucoup d’incertitudes s’agissant des tarifs douaniers et du shutdown mais en même temps on a des résultats de sociétés assez solides”, commente Tim Ghriskey, responsable des investissements chez Inverness Counsel à New York.

“Il y a beaucoup d’argent qui ne demande qu’à être investi mais tout le monde a peur d’un tweet négatif. Le marché est vraiment à la merci d’événements au jour le jour.”

“Le marché va rester dans des marges relativement étroites jusqu’à ce qu’il y ait des nouvelles concrètes”, renchérit Oliver Pursche, chez Bruderman Asset Management à New York. “Il n’y a pas de raison de vendre mais pas non plus de raison d’acheter.”

La prudence des investisseurs a été renforcée par les déclarations de Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), prenant acte de la dégradation de la conjoncture dans la zone euro, entre autres à cause du ralentissement de la croissance chinoise.

Quelque 6,94 milliards de titres ont changé de mains à comparer à une moyenne de 7,88 milliards sur les 20 dernières séances.

VALEURS

Huit des 11 grands indices sectoriels S&P ont fini en hausse, la meilleure performance étant pour les technologiques (+0,93%) dopées par le compartiment des semi-conducteurs où Xilinx (+18,44%) et Lam Research (+15,70%) ont brillé après des résultats trimestriels meilleurs que prévu. Texas Instruments s’est adjugé 6,91% après une publication moins mauvaise que certains analystes craignaient et en dépit d’un avertissement sur la demande chinoise, cruciale pour le secteur.

L’indice des semi-conducteurs de la Bourse de Philadelphie a bondi de 5,73%, sa meilleure performance depuis le 26 décembre.

Intel s’est octroyé 3,80%, de loin la meilleure performance du Dow Jones, avant ses résultats publiés à la clôture mais le titre du numéro un américain retombait lourdement en après-Bourse, de 7%, après des prévisions décevantes pour le trimestre en cours.

Egalement en vue pendant la séance, l’indice Dow Jones des Transports a pris 1,11%, soutenu par des résultats meilleurs qu’attendu de trois compagnies aériennes.

Les déceptions du jour sont venues du groupe minier Freeport-McMoRan et du spécialiste des épices et assaisonnements McCormick & Co, en baisse de respectivement 10 et 13% après des résultats inférieurs aux attentes.

Hors S&P, la compagnie d’électricité californienne PG&E s’est envolée de 75% à 13,95 dollars en fin de séance après les résultats d’une enquête qui la mettent hors de cause dans l’incendie de forêt “Tubbs” en 2017.

LES INDICATEURS DU JOUR

Le nombre d’inscriptions au chômage aux Etats-Unis a baissé de 13.000 à 199.000 la semaine dernière, au plus bas depuis la mi-novembre 1969 il y a près de 50 ans, a annoncé le département du Travail. Mais la statistique surestime sans doute la vigueur du marché du travail car les données de six Etats, dont la Californie, ont dû être estimées à cause du jour férié lundi dernier, a averti le ministère.

LA SÉANCE EN EUROPE

Londres exceptée, les principales Bourses européennes avaient auparavant terminé en hausse, sous l’impulsion là encore du secteur des semi-conducteurs après les résultats trimestriels bien reçus de STMicroelectronics.

Le CAC 40 a gagné 0,65% à Paris, à 4.871,96 points, et le Dax s’est octroyé 0,53% à Francfort. L’indice EuroStoxx 50 a pris 0,46%, le FTSEurofirst 300 0,25% et le Stoxx 600 0,22%.

Le secteur des hautes technologies s’est adjugé 2,16%, profitant des prévisions rassurantes de STMicroelectronics, dont l’action a bondi de 10,12%.

L’inflexion du discours de la BCE sur la balance des risques et la révision à la baisse des anticipations d’évolution des taux d’intérêt ont pesé sur les valeurs bancaires, dont l’indice sectoriel Stoxx a cédé 0,58%.

TAUX

Les tensions commerciales et les inquiétudes persistantes sur la croissance mondiale, alimentées jeudi par les annonces en provenance de la zone euro, ont accru la demande pour les obligations souveraines et fait du même coup refluer les rendements.

Le taux des Treasuries à 10 ans a touché un plus bas d’une semaine de 2,700% avant de finir autour de 2,714%, contre 2,755% mercredi soir.

En Europe, le rendement du Bund allemand de même échéance a fini la journée à 0,180%, en baisse de plus de quatre points de base et au plus bas depuis deux semaines.

CHANGES

L’euro a chuté à un plus bas de six semaines, affaibli par la balance des risques désormais négative pour la BCE et les tensions commerciales qui favorisent des achats refuge de dollars. La monnaie unique a encore accentué ses pertes en réaction à une information du journal Handelsblatt selon laquelle Berlin va réduire sa prévision de croissance 2019 à 1,0% au lieu de 1,8% mercredi prochain.

En fin de séance américaine l’euro/dollar cédait 0,78% à 1,1291 après un creux à 1,129, un plus bas depuis le 14 décembre. L’indice dollar, qui mesure la valeur du billet vert face à six devises de référence dont l’euro, progressait de 0,56% à 96,658.

PÉTROLE

Les cours du brut ont été soutenus par la menace de nouvelles sanctions américaines contre le Venezuela mais freinés par l’annonce d’une augmentation inattendue des réserves de brut aux Etats-Unis.

Le contrat mars sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a fini en hausse de 0,97% sur le Nymex, à 53,13 dollars, mais le Brent de mer du Nord a effacé ses gains pour terminer en repli de 0,08% à 61,09 dollars.

A SUIVRE VENDREDI :

Les valeurs des semi-conducteurs seront de nouveau à surveiller après les prévisions décevantes livrées par Intel pour le premier trimestre.

avec Stephen Culp à New York, Véronique Tison pour le service français

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