January 24, 2019 / 6:49 AM / in 3 months

Brexit: Airbus met en garde sur sa présence en Grande-Bretagne

PARIS (Reuters) - Airbus a prévenu jeudi que les ailes de ses avions pourraient ne plus être construites en Grande-Bretagne en l’absence d’une sortie en douceur du pays de l’Union européenne et que l’avionneur européen aurait à prendre “des décisions potentiellement très préjudiciables” pour ses activités sur le sol britannique en cas de Brexit “sans accord”.

Airbus a prévenu jeudi que les ailes de ses avions pourraient ne plus être construites en Grande-Bretagne en l'absence d'une sortie en douceur du pays de l'Union européenne et que l'avionneur européen aurait à prendre "des décisions potentiellement très préjudiciables" concernant sa présence sur le sol britannique cas de Brexit "sans accord". /Photo d'archives/REUTERS/Stefan Wermuth

Mettant en garde un Parlement britannique divisé sur le sujet, Tom Enders, le président exécutif d’Airbus, a déclaré qu’il n’y aurait pas de changement immédiat concernant la présence industrielle du groupe, mais que des risques pesaient sur l’emploi dans le futur.

“Le secteur aérospatial britannique est maintenant au bord du précipice”, a déclaré Tom Enders dans une vidéo publiée sur le site internet d’Airbus.

“En cas de Brexit sans accord, à Airbus nous devrons prendre des décisions potentiellement très préjudiciables pour le Royaume-Uni”, a-t-il dit.

La Première ministre britannique Theresa May travaille à la conclusion d’un accord garantissant un départ en douceur de l’Union européenne, a déclaré jeudi son porte-parole en réaction aux déclarations d’Airbus.

Il a également dit à la presse qu’il ne faisait aucun doute que le fait de quitter l’Union avec un accord était dans l’intérêt de la Grande-Bretagne.

Le groupe d’aéronautique et de défense emploie plus 14.000 personnes au Royaume-Uni, dont 6.000 dans sa principale usine de fabrication d’ailes d’avions à Broughton, au Pays de Galles, et 3.000 à Filton, dans l’ouest de l’Angleterre, où sont conçues et assurées la maintenance des ailes de ses appareils.

Certains tenants du Brexit ne prennent cependant pas au sérieux les menaces formulées par Airbus de se retirer de la Grande-Bretagne, estimant que l’usine de Broughton est efficace et qu’elle profite de la faiblesse de la livre.

Tom Enders a cependant adopté cette fois-ci un ton plus tranché que lors de ses précédentes déclarations sur le sujet, insistant sur le fait qu’Airbus ne plaisantait pas.

“S’il vous plaît, il ne faut accorder aucun crédit à la folie des “Brexiteers” qui affirment que, parce que nous avons de grandes usines, nous ne partirons pas et serons toujours là. Ils ont tort”, a-t-il déclaré.

“Bien sûr, il n’est pas possible de transférer immédiatement nos grandes usines britanniques dans d’autres régions du monde. Cependant, l’aérospatiale est une activité à long terme et nous pourrions être contraints de rediriger les investissements futurs en cas de Brexit sans accord. Et il ne faut pas s’y méprendre, de nombreux pays aimeraient construire les ailes des appareils Airbus.”

CONCURRENCE POUR LA FABRICATION DES AILES

Selon des experts du secteur, Airbus a commencé à travailler sur les technologies de base des ailes d’avions qui vont équiper le remplaçant de l’A320, dont l’entrée en service est prévue aux alentours de 2030.

Cela signifie qu’une décision sur un éventuel transfert de la production devrait être prise dans la prochaine décennie. L’Allemagne se bat pour s’attirer les faveurs d’Airbus dans cette perspective, mais selon les dirigeants du groupe, le Japon, la Corée du Sud ou encore les Etats-Unis pourraient également être de potentiels candidats.

Le Royaume-Uni doit quitter l’Union européenne le 29 mars et la Première ministre britannique Theresa May n’ayant pas réussi à obtenir le soutien à l’accord négocié avec Bruxelles, les entreprises s’inquiètent de plus en plus de l’éventualité d’un Brexit chaotique.

Le principal lobby des entreprises britanniques a mis en garde contre des perturbations de l’économie et des retards dans les échanges transfrontaliers si la Grande-Bretagne quittait l’UE sans accord de transition.

Philip Hammond, le ministre britannique des Finances, va s’employer ce jeudi à convaincre les dirigeants réunis au Forum économique mondial de Davos de continuer à investir dans son pays après le Brexit.

Claude Chendjou pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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