January 15, 2019 / 10:06 AM / a month ago

La croissance allemande à 1,5% en 2018, la plus faible en 5 ans

BERLIN (Reuters) - L’économie allemande a enregistré l’an dernier une croissance de 1,5%, le taux le plus faible en cinq ans, qui marque un net ralentissement par rapport à 2017, selon une estimation préliminaire publiée mardi par Destatis, l’office fédéral de la statistique.

L'économie allemande a enregistré l'an dernier une croissance de 1,5%, le taux le plus faible en cinq ans et qui marque un net ralentissement par rapport à 2017, selon une estimation préliminaire publiée mardi par Destatis, l'office fédéral de la statistique. /Photo d'archives/REUTERS/Fabian Bimmer

La première puissance économique européenne est confrontée au ralentissement de la croissance mondiale, aux tensions commerciales déclenchées par la politique protectionniste du président américain, Donald Trump, et au risque d’un retrait désordonné du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une croissance de 1,5% en 2018 après celle de 2,2% enregistrée en 2017.

En données ajustées des effets du calendrier, la croissance de 2018 ressort également à 1,5% contre 2,5% l’année précédente, a précisé Destatis.

“L’économie allemande a ainsi progressé pour la neuvième année consécutive même si la croissance a été moins dynamique”, a ajouté l’office de statistique, en notant que l’expansion avait été principalement tirée par la demande intérieure avec une progression de la consommation des ménages et des dépenses publiques.

Les investissements des entreprises en machines-outils et en équipements, en hausse de 4,5%, ont compensé le ralentissement de près de moitié de la croissance des exportations, à 2,6% contre 4,6% en 2017.

La hausse des importations (+3,4% contre +4,8% en 2017) ayant dépassé celle des exportations, le commerce extérieur a apporté une contribution légèrement négative à la croissance.

“Par rapport aux anticipations élevées d’il y a un an, la croissance allemande a clairement déçu”, commente Jörg Zeuner, chef économiste chez KfW.

Pour Marcel Fratzcher, le président de l’institut de recherche DIW, la vigueur de la demande intérieure et l’excédent budgétaire record de plus de 60 milliards d’euros de l’Allemagne devraient continuer de soutenir la croissance cette année.

“La consommation privée restera le principal moteur de la croissance, grâce notamment à la bonne santé du marché du travail avec un taux d’emploi en hausse et de confortables revalorisations salariales”, explique-t-il.

“Les différends commerciaux et les incertitudes sur une possible récession aux Etats-Unis dans les deux prochaines années constituent probablement les principaux risques”, ajoute-t-il.

Les exportations allemandes vers la Chine ont augmenté de près de 10% entre janvier et novembre par rapport aux 11 premiers mois de 2017 alors que celles vers la Grande-Bretagne diminuaient de 3,6% sur la même période, selon Destatis.

“L’impact global du Brexit sur la croissance économique allemande est impossible à quantifier”, a dit un statisticien de Destatis lors d’une conférence de presse à Berlin.

ACQUIS DE CROISSANCE POSITIF

Selon l’office de la statistique, le quatrième trimestre s’est probablement soldé par une modeste croissance après la contraction de 0,2% du produit intérieur brut allemand au troisième trimestre, évitant ainsi une récession technique, caractérisée par deux trimestres consécutifs de contraction de l’activité.

Le pays a en outre fini l’année avec un modeste acquis de croissance, permettant de débuter 2019 sur une note positive.

Destatis a aussi fait état de facteurs ponctuels pour expliquer le ralentissement, comme les goulets d’étranglement dans la production automobile après l’entrée en vigueur de nouvelles normes de certification le 1er septembre ou la sécheresse de l’été qui a perturbé le trafic fluvial.

Le rebond seulement modeste de l’activité au quatrième trimestre suggère toutefois que le coup de mou de l’été n’était pas passager et que la croissance allemande a bel et bien atteint un pic.

Les données des pays voisins dénotent en outre un ralentissement touchant toute la zone euro, ce qui pourrait compliquer la tâche de la Banque centrale européenne, qui souhaite commencer à relever ses taux au deuxième semestre 2019.

Michael Nienaber, Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Angrand

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