January 8, 2019 / 6:27 AM / 2 months ago

Sika veut racheter le français Parex pour 2,2 milliards d'euros, le titre recule

(Reuters) - Le groupe chimique suisse Sika , spécialisé dans la construction, a annoncé mardi une offre de rachat de son concurrent français Parex pour une valeur d’entreprise de 2,5 milliards de francs suisses (2,2 milliards d’euros) à un fonds appartenant à CVC Capital Partners.

The Swiss chemical group Sika company logo is pictured on a barrel in their training center in Le Bourget near Paris, France May 29, 2018. REUTERS/Benoit Tessier

A la suite de cette annonce, le titre Sika reculait vers 10h00 GMT de près 3%, accusant la deuxième plus forte baisse d’un indice SMI de la Bourse de Zurich en hausse de 0,49% alors que l’indice regroupant les valeurs européennes liées à la construction était inchangé.

L’acquisition devrait générer des synergies annuelles de 80 à 100 millions de francs, selon Sika, qui a fait état en outre d’un chiffre d’affaires annuel supérieur à son objectif.

Sika, qui a réussi l’an dernier à repousser la tentative de prise de contrôle de Saint-Gobain après un long combat au terme duquel le groupe français a pris 10,75% du capital, a ajouté que le rachat de Parex devrait avoir un effet relutif sur son bénéfice par action dès la première année complète suivant la finalisation de l’opération.

Basé à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), Parex a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires de 1,2 milliard de francs et un bénéfice brut de quelque 195 millions. Présent dans 22 pays, le groupe compte 72 sites industriels, deux centres de recherche & développement et 4.400 salariés.

L’entreprise est née à la fin des années 1970 au sein du groupe Lafarge, qui fait désormais partie de LafargeHolcim. Elle a ensuite été intégrée, entre 2001 et 2014, à Materis - groupe spécialisé dans la chimie pour la construction, créé lorsque Lafarge s’est désengagé de ses activités dans les matériaux de spécialité - avant d’être rachetée par CVC.

“Parex est une très bonne entreprise avec des marques reconnues (...) Les activités de Parex et de Sika sont hautement complémentaires”, a estimé Paul Schuler, directeur général de Sika.

PAUSE DANS LES GRANDES ACQUISITIONS

Il a ajouté qu’après le rachat de Parex, qui sera la plus grosse opération de croissance externe de son histoire, Sika allait marquer une pause avant de faire d’autres acquisitions de taille importante.

Le groupe suisse a été cité comme candidat au rachat des activités chimie de construction de BASF, qui pourraient valoir quelque trois milliards d’euros selon les analystes financiers, Sika se posant comme consolidateur d’un marché estimé à quelque 70 milliards de francs par an à travers le monde.

“Aujourd’hui, nous faisons cette opération Parex et nous avons conscience du fait que c’est la plus importante entreprise que nous avons jamais achetée. Nous avons du pain sur la planche, il y aura une pause”, a poursuivi Paul Schuler lors d’une conférence de presse.

Interrogé au sujet de BASF, Paul Schuler a répondu qu’il discutait “évidemment” avec toutes les cibles potentielles.

“C’est une très belle entreprise, mais nous devons terminer le travail entamé aujourd’hui. C’est là-dessus que nous allons nous concentrer et nous verrons ce que nous réserve l’avenir. Nous ne sommes pas en train de nous rapprocher d’un accord portant sur les activités chimie de construction de BASF”, a-t-il ajouté.

CVC Capital Partners avait fait appel en octobre aux services de Lazard pour la cession de Parex, suscitant alors l’intérêt de groupes de construction chinois et occidentaux.

Sur l’année 2018, Sika a pour la première fois réalisé un chiffre d’affaires supérieur à sept milliards de francs suisses. En fonction de la date de finalisation du rachat de Parex, Sika anticipe des ventes supérieures à huit milliards de francs.

Le groupe suisse, qui publiera ses résultats annuels complets le 22 février, a dit s’attendre pour 2018 à un résultat d’exploitation compris entre 940 et 960 millions de francs.

Avec la contribution de Gaurika Juneja et d'Ishita Cigilli Palli à Bangalore, Patrick Vignal et Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Gilles Guillaume

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