January 7, 2019 / 2:11 PM / 6 months ago

Chine: Economie et commerce ont pesé sur les réserves de change

PÉKIN (Reuters) - Les réserves de change de la Chine ont diminué pour la troisième fois en quatre ans en 2018, le ralentissement de l’économie chinoise et la montée des tensions commerciales avec les Etats-Unis ayant accentué les pressions à la baisse sur le yuan.

Les réserves de change de la Chine ont diminué pour la troisième fois en quatre ans en 2018, le ralentissement de l'économie chinoise et la montée des tensions commerciales avec les Etats-Unis ayant accentué les pressions à la baisse sur le yuan. /Photo d'archives/REUTERS/Thomas White

La tendance à la dépréciation de la devise chinoise devrait se prolonger cette année en perspective de la mise en place de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire destinées à limiter le risque d’un nouvel affaiblissement de la croissance.

Toutefois, la longue phase d’appréciation du dollar est peut-être en train de toucher à sa fin, ce qui réduit le risque de voir le yuan tomber à ses plus bas niveaux depuis dix ans.

Sur l’ensemble de l’année 2018, les réserves de change chinoises ont diminué de 67,24 milliards de dollars à 3.073 milliards (2.688 milliards d’euros), montrent les données de la banque centrale publiées lundi. En 2017, elles avaient augmenté de 129,4 milliards de dollars à 3.140 milliards.

Sur le seul mois de décembre, les réserves ont augmenté de 11 milliards de dollars, après une hausse de 8,6 milliards en novembre. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une hausse de huit milliards. Cette augmentation est attribuée à des effets de change et à la hausse des prix de certaines obligations souveraines détenues par la Chine.

Interrompant sa tendance à la baisse, le yuan s’est apprécié de 1,3% face au dollar le mois dernier, dans un contexte de dépréciation de la devise américaine et de reprise des négociations commerciales entre Washington et Pékin.

Malgré cela, sur l’ensemble de 2018 la monnaie chinoise s’est dépréciée de 5,3%, sa quatrième baisse annuelle en cinq ans.

Quoiqu’il en soit, le risque de sorties massives de capitaux semble avoir été largement contenu l’an dernier, grâce à des interventions bien ciblées des autorités du marché des changes, aux contrôles plus stricts des capitaux imposés depuis le ralentissement de 2014-2015 et à une nouvelle orientation, plus accommodante, de la politique monétaire américaine.

Mais même si l’appréciation du dollar marque une pause, comme cela est attendu sur le marché, le yuan restera confronté aux mêmes facteurs de pression cette année que l’an dernier.

SOUS PRESSION

Donald Trump a déclaré dimanche que les négociations commerciales avec la Chine se passaient “très bien”, mais rien ne garantit que Pékin se pliera à ses exigences.

Un échec de ces négociations relancerait la pression sur le yuan, le président américain ayant annoncé qu’il était prêt à revenir à sa stratégie de relèvement des droits de douanes, qui serait inévitablement suivie de mesures de rétorsion de Pékin.

Même si un accord commercial est conclu rapidement entre les deux pays, les analystes estiment que cela n’empêchera pas l’économie chinoise de prolonger son ralentissement.

L’activité dans le secteur manufacturier chinois s’est contractée en décembre pour la première fois depuis plus de deux ans et les indicateurs d’activité du crédit oscillent autour de leurs plus bas niveaux historiques, selon les dernières données.

Les autorités chinoises tentent de soutenir le yuan en s’engageant à ne pas recourir à une politique de relance massive de l’économie comme ce fut le cas dans le passé. Mais certains analystes s’attendent néanmoins à ce qu’elle prennent de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire, comme des baisses de taux d’intérêt, si la conjoncture de détériore davantage.

Les dirigeants politiques chinois devront aussi s’adapter à un changement structurel important des flux de capitaux en Chine, avec une balance des paiements qui devient déficitaire après avoir été en position excédentaire pendant des décennies.

Cette évolution pourrait rendre le yuan plus volatil.

“La Banque populaire de Chine semble n’avoir vendu que de petits montants de ses réserves de change le mois dernier, ce qui laisse penser que le yuan n’a pas subi de fortes pressions à la baisse ces derniers temps”, écrit Capital Economics dans une note de recherche après la publication des réserves.

“La pression à la baisse sur le yuan pourrait toutefois repartir de plus belle dans les mois à venir, sachant que nous nous attendons à un nouvel affaiblissement de l’économie chinoise et à de nouvelles baisses des taux d’intérêt en Chine.”

La valeur des réserves d’or a augmenté en décembre à 76,331 milliards de dollars contre 71,122 milliards le mois précédent.

Côté obligataire, les investisseurs étrangers ont augmenté leurs avoirs en obligations souveraines chinoises à un niveau record en décembre, de 1.730 milliards de yuan (220,47 milliards d’euros), en hausse de près de 51% par rapport à décembre 2017, dans l’espoir d’un accord commercial entre Washington et Pékin et des anticipations de nouvelles mesures de relance économique.

Avec Andrew Galbraith, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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