January 3, 2019 / 4:28 PM / 3 months ago

Banca Carige pourrait utiliser des convertibles pour son capital

MILAN (Reuters) - Le groupe bancaire italien en difficulté Banca Carige essaie de trouver une manière d’utiliser 320 millions d’euros d’obligations convertibles pour renforcer son capital, ce qui lui permettrait d’éviter d’avoir recours à de l’argent public, a dit jeudi l’un de ses trois administrateurs spéciaux.

Le groupe bancaire italien en difficulté Banca Carige essaie de trouver une manière d'utiliser 320 millions d'euros d'obligations convertibles pour renforcer son capital, ce qui lui permettrait d'éviter d'avoir recours à de l'argent public, a dit jeudi l'un de ses trois administrateurs spéciaux. /Photo d'archives/REUTERS/Stefano Rellandini

Ce dernier, Fabio Innocenzi, jusqu’à il y a peu administrateur délégué de la dixième banque italienne, fait parti du trio de trois administrateurs temporaires nommés mercredi par la Banque centrale européenne (BCE) à la tête de Banca Carige, qui a échoué à lever des fonds.

Le mois dernier, Carige, basé à Gênes, n’a pas réussi à obtenir le soutien des actionnaires pour une émission d’actions de 400 millions d’euros dans le cadre d’un plan de sauvetage financé par des banquiers italiens pour protéger le secteur d’un risque de nouvelle faillite bancaire.

Banca Carige a précisé que les trois administrateurs temporaires allaient entamer de nouvelles discussions avec le fonds italien de garantie des dépôts (FITD), qui avait souscrit les obligations convertibles l’an dernier.

“Nous réfléchissons (avec le FITD) à la meilleure manière d’utiliser cet instrument au vu des derniers développements”, a dit Fabio Innocenzi à la chaîne Class CNBC.

Il a également dit que Banca Carige était bien capitalisée, ajoutant que la banque allait accélérer la mise en oeuvre d’un plan de restructuration, décidé il y a quelques mois, portant à la fois sur un renforcement du capital, un délestage de prêts non remboursés et la quête d’un possible partenaire de fusion.

Fabio Innocenzi a souligné que, au sujet d’une éventuelle fusion - solution recommandée par la BCE -, Banca Carige en était à un stade exploratoire, estimant que la banque pouvait être attrayante aussi bien pour des raisons financières qu’industrielles.

Certains observateurs du secteur jugent toutefois qu’il ne sera guère aisé pour Carige de trouver un partenaire de fusion étant donné qu’elle a cédé certains de ses meilleurs actifs ces dernières années pour rester à flot.

Luigi Di Maio, vice-président du Conseil italien, a déclaré que le gouvernement suivait le dossier “avec grande attention”, tout en disant que ce dernier n’était “pas inquiet”.

Décidée mercredi, à la demande de la banque, la suspension de cotation de la banque a été prolongée par la Consob, l’autorité des marchés financiers italiens.

L’indice regroupant les valeurs bancaires italiennes perdait près de 1% en fin de séance à la Bourse de Milan, soit plus que l’indice sectoriel européen (-0,61%).

La Banque centrale européenne, qui supervise directement Banca Carige, lui a demandé de mener à bien son plan de renforcement des fonds propres et de rechercher une fusion avec un partenaire plus solide.

Le principal investisseur de Carige est la famille italienne Malacalza, qui détient 27,6% du capital de la banque après avoir investi plus de 400 millions d’euros pour une prise de participation qui vaut actuellement 20 millions d’euros au prix du marché.

Carige est la dernière grande banque italienne à poser encore de sérieux problèmes après le sauvetage financé par l’Etat de Monte dei Paschi di Siena en 2016 et celui de deux petites banques de Vénétie par Intesa Sanpaolo en 2017.

Carige a levé 2,2 milliards d’euros auprès des investisseurs depuis 2014, accumulant 1,5 milliard d’euros de pertes sur la même période, principalement en raison de créances irrécouvrables.

Les problèmes de Carige résultent de décennies de mauvaise gestion et d’une trop grande exposition à l’économie locale, atone. Le groupe bancaire a aussi subi des changements managériaux depuis que les Malacalza ont remplacé une fondation caritative locale en tant qu’actionnaire principal.

Andrea Mandala, avec Riccardo Bastianello, Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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