November 28, 2018 / 5:22 PM / 11 days ago

La Banque d'Angleterre tire le signal d'alarme sur l'impact d'un Brexit sans accord

LONDRES (Reuters) - La banque centrale d’Angleterre a estimé mercredi qu’un Brexit sans accord provoquerait un choc plus violent pour l’économie britannique que la crise financière de 2008.

Le siège de la banque centrale d'Angleterre. La banque a estimé mercredi qu'un Brexit sans accord provoquerait un choc plus violent pour l'économie britannique que la crise financière de 2008. /Photo d'archives/REUTERS/Clodagh Kilcoyne

Dans ce “scénario du pire”, le PIB britannique se contracterait de 8% en l’espace d’un an environ, le taux de chômage monterait à 7,5% et l’inflation à 6,5%. De même, poursuit l’estimation de la BOE, les prix de l’immobilier chuteraient de 30% et la livre perdrait un quart de sa valeur.

Ce scénario du pire, dans lequel les institutions britanniques perdraient la confiance des investisseurs et où le passage des frontières entraînerait de graves retards, n’est pas le scénario que les économistes de la Banque d’Angleterre jugent le plus probable.

Mais il reste une issue plausible alors que Theresa May doit encore faire approuver par un Parlement qui semble pour l’heure réticent l’accord conclu par les négociateurs de Londres et de Bruxelles et validé le week-end dernier par les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept réunis en sommet extraordinaire à Bruxelles.

Dans l’éventualité d’un “scénario gris” - la BOE parle de “disruptive Brexit” - où les marchandises continueraient de franchir les frontières mais seraient soumises à des droits de douanes, le PIB chuterait de 3%, le chômage monterait à 5,75% et l’inflation à 4,25%, l’immobilier perdrait 14% et la livre 15%.

L’étude d’impact de la Banque d’Angleterre table en revanche sur une croissance supplémentaire de 1,75% si des relations “étroites” sont mises en place après le Brexit entre le Royaume-Uni et les pays de l’UE - il n’y aurait dans ce scénario-ci ni contrôles aux frontières, ni droits de douane.

Dans l’hypothèse de relations “moins étroites” - avec rétablissement de contrôles aux frontières, mais pas de droits de douanes -, le PIB serait réduit de 0,75%, selon les estimations de la BOE.

Dans tous les cas, le tableau est moins positif que dans les estimations de la Banque d’Angleterre préalables au référendum du 23 juin 2016 par lequel les Britanniques se sont majoritairement prononcés pour une sortie de l’Union européenne.

La semaine dernière, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, a apporté son soutien à l’accord négocié par Theresa May avec les Européens, soulignant que dans le cas contraire, une sortie de l’UE sans transition serait équivalente aux chocs pétroliers des années 1970.

“Notre travail n’est pas d’espérer le meilleur, mais de nous préparer au pire”, a-t-il dit mercredi lors d’une conférence de presse.

Les scénarios de la Banque d’Angleterre viennent compléter les propres estimations du gouvernement britannique, qui affirme de même qu’un Brexit sans accord nuirait gravement à l’économie nationale.

David Milliken et Huw Jones; Henri-Pierre André pour le service français

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