November 20, 2018 / 5:33 PM / 20 days ago

Les Bourses européennes reculent, l'aversion au risque domine

PARIS (Reuters) - Un parfum de correction a flotté mardi sur les Bourses européennes, qui ont creusé leurs pertes face au nouveau revers subi par les valeurs technologiques à Wall Street, dans un climat général dominé par l’aversion au risque.

Un parfum de correction a flotté mardi sur les Bourses européennes, qui ont creusé leurs pertes face au nouveau revers subi par les valeurs technologiques à Wall Street, dans un climat général dominé par l'aversion au risque. Le CAC 40 a perdu 1,22% à 4.924,89 points, son plus bas niveau de clôture depuis février 2017. Le Footsie britannique a cédé 0,76% et le Dax allemand a abandonné 1,58%. /Photo prise le 23 août 2018/REUTERS/Peter Nicholls

À Paris, le CAC 40 a perdu 1,22% à 4.924,89 points, son plus bas niveau de clôture depuis février 2017. Le Footsie britannique a cédé 0,76% et le Dax allemand a abandonné 1,58%.

L’indice EuroStoxx 50 a reculé de 1,4%, le FTSEurofirst 300 de 1,05% et le Stoxx 600 de 1,14% à 351,06, sa pire clôture depuis décembre 2016.

“Le moral des investisseurs s’est dégradé ces derniers temps avec les inquiétudes sur l’Italie, le Brexit et les relations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine”, explique l’analyste David Madden (CMC Markets). “L’aversion pour le risque se généralise et la situation a encore empiré aujourd’hui”.

Si les risques politiques restent effectivement présents, ce sont surtout les “techs”, vulnérables à toute mauvaise nouvelle en raison de leurs valorisations élevées, qui pèsent sur la tendance depuis quelques semaines, à Wall Street d’abord mais aussi en Europe.

VALEURS

La plupart des indices sectoriels européens ont fini en territoire négatif, à l’exception notable de celui des services aux collectivités (“utilities”), traditionnellement défensif, qui a grappillé 0,24%.

L’indice Stoxx de la technologie a perdu 1,97% et celui des ressources de base 2,28%, pénalisé notamment par la chute d’environ 5% des cours du pétrole.

Les banques (-2,29%) ont souffert également, en raison de résultats décevants mais aussi des tensions autour de l’Italie.

La banque privée suisse Julius Baer a chuté de 7,19% après avoir averti qu’il pourrait ne pas atteindre son objectif en matière de ratio coûts/revenus cette année.

Les banques italiennes ont également été sanctionnées, à l’image de Banco BPM, d’Ubibanca et d’Unicredit, qui ont perdu de près de 3% à plus de 5% sur fond de tensions persistantes entre Bruxelles et Rome sur le budget italien pour l’an prochain.

A Paris, Renault a encore reculé de 1,19%, portant à 9,5% sa chute en deux séances à la suite des accusations de fraude dont fait l’objet son PDG, Carlos Ghosn, incarcéré au Japon. Selon des sources proches du dossier, le groupe devait réunir mardi soir son conseil d’administration pour discuter d’un remplacement temporaire du dirigeant.

A WALL STREET

A l’heure de la clôture en Europe, l’indice Dow Jones perd 1,3% et le S&P-500 abandonne un peu moins de 1%, les deux indices réduisant leurs pertes après être repassés tous deux en territoire négatif sur l’année en cours de séance.

Quant au Nasdaq, il atténue lui aussi son repli mais cède encore 0,8% après avoir chuté lundi de plus de 3%, sa plus forte baisse en pourcentage sur une séance depuis près d’un mois.

Le ralentissement de la chute du Nasdaq coïncide avec l’annonce par Citron, le fonds du financier Andrew Left spécialisé dans les ventes à découvert, qu’il avait acheté des actions Nvidia. Le titre, en grande difficulté depuis plusieurs séances dans le sillage de prévisions décevantes, s’est retourné à la hausse après cette annonce.

Apple, la première capitalisation mondiale, qui a perdu plus de 20% depuis son pic historique atteint début octobre, cède près de 3%, confirmant l’entrée des “FANG” dans une séquence baissière (“bear market”).

Les distributeurs sont également sanctionnés, notamment Target, qui chute de plus de 10,45% après avoir publié un bénéfice trimestriel inférieur aux attentes.

LES INDICATEURS DU JOUR

Du côté de la conjoncture en Europe, la journée a été plutôt calme avec tout de même l’annonce d’un faible rebond des mises en chantier aux Etats-Unis en octobre.

CHANGES

Le retour vers les actifs refuges favorise le dollar, pénalisé la veille par les récents commentaires des responsables de la Fed et le chiffre nettement inférieur aux attentes de l’indice NAHB du marché immobilier américain.

L’indice dollar, qui mesure l’évolution du billet vert face à un panier de devises de référence, regagne 0,4%, s’éloignant d’un plus bas de près de deux semaines.

L’euro repasse ainsi sous 1,14 dollar. La livre sterling perd elle aussi du terrain face au billet vert, souffrant aussi de la persistance des tensions autour de l’accord sur le Brexit que Theresa May tente de défendre sous la menace d’un vote de défiance.

TAUX

L’aversion au risque favorise également un retour sur le marché obligataire. Le rendement de l’emprunt d’Etat américain à dix ans, qui avait déjà reculé après des propos jugés prudents de plusieurs responsables de la Réserve fédérale (Fed), évolue autour de 3,05%, à proximité de son plus bas niveau depuis fin septembre.

La tendance est similaire en Europe où le rendement du Bund allemand à dix ans, référence pour la zone euro, a perdu 1,7 point de base pour redescendre autour de 0,35%.

Les taux souverains italiens ont grimpé en revanche avant la probable ouverture, mercredi par la Commission européenne, d’une procédure disciplinaire contre l’Italie pour déficit excessif. L’écart de rendement entre le BTP italien à 10 ans italien et son équivalent allemand a dépassé les 335 points de base, au plus haut depuis un mois.

Le vice-président du Conseil italien, Luigi di Maio, a dit mardi qu’une solution pouvait être trouvée avec Bruxelles sur le budget 2019 mais qu’il ne fallait pas toucher à ses principales dispositions.

PÉTROLE

Les cours du brut perdent autour de 5%, le repli des actions exacerbant les craintes d’un ralentissement de la croissance mondiale.

Le brut léger américain a cédé jusqu’à plus de 6% en séance à 53,63 dollars le baril, au plus bas depuis octobre 2017.

Quant au Brent, il redescendu vers 63 dollars, au plus bas depuis février 2018.

Édité par Marc Angrand

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