November 15, 2018 / 5:26 PM / a month ago

Les actions baissent, le sterling chute face à la crise politique à Londres

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes, à l’exception de Londres, ont clôturé en nette baisse jeudi, plombées par le nouvel épisode de la crise politique déclenchée en Grande-Bretagne par le projet d’accord conclu entre le gouvernement May et les autorités européennes sur les modalités de la sortie du Royaume-Uni de l’Union.

A la Bourse de Londres. Les principales Bourses européennes, à l'exception de Londres, ont clôturé en nette baisse jeudi. À Paris, le CAC 40 a perdu 0,7% et à Francfort, le Dax a cédé 0,52%. A Londres, si la chute de la livre sterling a permis au FTSE 100 de grappiller 0,06%. /Photo d'archives/REUTERS/Simon Dawson

Le dossier du “Brexit” a dominé la journée sur la quasi-totalité des marchés, faisant chuter la livre, baisser les rendements obligataires et monter la volatilité.

À Paris, le CAC 40 a perdu 0,7% à 5.033,62 points et à Francfort, le Dax a cédé 0,52%. L’indice EuroStoxx 50 s’est replié de 0,47%, le FTSEurofirst 300 de 0,94% et le Stoxx 600 de 1,06%.

A Londres, si la chute de la livre sterling a permis au FTSE 100 de grappiller 0,06%, l’indice large FTSE 250 a chuté de 1,31%.

Le feu vert donné mercredi au projet d’accord avec l’UE par les principaux ministres de Theresa May, loin de faire progresser le dossier, a provoqué la démission de quatre membres du gouvernement, dont celui en charge du Brexit, et la Première ministre est désormais menacée d’un vote de défiance des députés conservateurs.

La crainte d’une crise de gouvernement à Londres à quatre mois et demi de la date prévue pour la sortie officielle de l’Union européenne incite certains investisseurs à revoir à la hausse la probabilité d’un Brexit “dur”, c’est à dire sans accord négocié.

CHANGES

Principale victime de la situation politique à Londres, la livre sterling a subi l’une de ses pires séances depuis le référendum de juin 2016 sur la sortie de l’UE.

En fin de séance à Londres, la devise britannique perdait plus de 1,8% face au dollar et face à l’euro.

“Comme c’est le cas depuis 2016, le sterling paie le plus lourd tribut à l’incertitude en chutant lourdement face aux dernières informations”, commente Esty Dwek, stratège senior de Natixis Investment Managers.

“Beaucoup d’obstacles demeurent, et avec une plus grande incertitude concernant la capacité de May à se maintenir au pouvoir et à faire passer l’accord, nous devrions voir davantage de volatilité sur les actifs britanniques dans les prochaines semaines.”

L’euro a dans un premier temps accusé le coup face au dollar des démissions au sein du gouvernement May, tombant sous 1,1275, mais il a ensuite repris un peu de terrain pour remonter à plus de 1,1320.

Le billet vert affiche un gain de 0,27% face à un panier de devises de référence.

TAUX

Sur le marché des emprunts d’Etat, le blocage politique britannique se traduit par un net repli des rendements, conséquence du regain d’aversion au risque.

Le rendement des “gilts” britanniques à dix ans, revenu sous 1,37%, a perdu jusqu’à 15 points de base, creusant l’écart avec celui des Treasuries américains, qui a atteint son plus haut niveau depuis 1984.

Sur le marché des dérivés, le coût d’une protection contre un risque de défaut du Royaume-Uni sur sa dette a atteint son plus haut niveau depuis près de deux ans selon les données d’IHS Markit.

La note souveraine britannique et sa perspective négative ne sont pas affectées pour l’instant par le projet d’accord avec l’UE, estime l’agence de notation Standard & Poor’s, tout en évoquant la possibilité d’une dégradation dans le cas où l’hypothèse d’un Brexit “désordonné” se préciserait.

Le repli sur les valeurs refuges a parallèlement ramené le rendement du Bund allemand à dix ans à son plus bas niveau depuis plus de deux ans à 0,35%, tandis que ceux des emprunts d’Etat des pays “périphériques” de la zone euro (Espagne, Portugal et Italie) remontaient.

La situation britannique a pris le pas sur les doutes liés au bras de fer entre Rome et Bruxelles sur le budget italien, même si les rendements des BTP restent sensibles aux informations sur les intentions du gouvernement Conte.

VALEURS

Côté actions, les valeurs bancaires, qui figurent parmi les plus exposées au risque Brexit, ont souffert à l’instar de Royal Bank of Scotland, qui a chuté de 9,63%, Lloyds (-5,04%) ou Barclays (-4,11%).

A Paris, Crédit agricole a cédé 1,38% et à Francfort, Deutsche Bank a perdu 1,43%. L’indice Stoxx du secteur a reculé de 1,54%.

Autre compartiment malmené, l’automobile a souffert des déclarations chinoises écartant l’hypothèse d’une réduction de la fiscalité sur le secteur.

Volkswagen a cédé 1,11%, Daimler 2,35%, PSA 5,24% et Valeo 3,53%.

A la hausse, les minières ont profité de la remontée des cours des métaux de base et de l’or, valeur refuge par excellence.

A WALL STREET

Au moment de la clôture en Europe, Wall Street évoluait en ordre dispersé, le Dow Jones cédant 0,23% alors que le Standard & Poor’s 500 prenait 0,12% et le Nasdaq Composite 0,42%. Tous trois avaient débuté dans le rouge.

LES INDICATEURS DU JOUR

Les ventes au détail aux Etats-Unis ont augmenté de 0,8%, plus qu’attendu, le mois dernier selon les statistiques publiées avant l’ouverture par le département du Commerce; mais hors automobiles, essence, matériaux de construction et services alimentaires, elles affichent une progression de 0,3% seulement alors que les économistes interrogés par Reuters attendaient une hausse de 0,5%.

Les inscriptions au chômage ont par ailleurs enregistré une hausse inattendue la semaine dernière et les prix à l’importation ont augmenté plus qu’anticipé.

PÉTROLE

Après une baisse de près de 7% en trois séances, les cours du brut regagnent du terrain, le cours du Brent et celui du brut américain (West Texas Intermediate, WTI) reprenant plus de 1,4%.

Les achats à bon compte l’emportent en dépit de la persistance des craintes d’un engorgement du marché dans les mois à venir, que l’évocation d’une diminution de la production de l’Opep ne suffit pas pour l’instant à endiguer.

Les chiffres hebdomadaires de l’Energy Information Administration (EIA) américaine n’ont pas modifié la tendance sur le brut même si les stocks de brut ont augmenté bien plus qu’attendu la semaine dernière.

Édité par Blandine Hénault

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