November 14, 2018 / 9:08 AM / a month ago

Le PIB allemand se contracte au 3e trimestre, une première depuis 2015

BERLIN (Reuters) - L’économie allemande s’est contractée au troisième trimestre pour la première fois depuis les trois premiers mois de 2015, affaiblie par un coup de frein des exportations dans le contexte de tensions commerciales internationales et par une baisse de la production automobile due à l’entrée en vigueur de nouvelles normes antipollution.

L'économie allemande s'est contractée au troisième trimestre pour la première fois depuis 2015, affaiblie par un coup de frein des exportations dans le contexte de tensions commerciales internationales et par une baisse de la production automobile due à l'entrée en vigueur de nouvelles normes antipollution. /Photo prise le 2 juillet 2018/REUTERS/Hannibal Hanschke

Le produit intérieur brut (PIB) de la première économie européenne a diminué de 0,2% sur la période juillet-septembre après avoir progressé de 0,5% au trimestre précédent, selon l’estimation rapide publiée mercredi par l’Office fédéral de la statistique (Destatis).

Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une contraction de 0,1%.

Le ministère de l’Economie a assuré que le ralentissement était temporaire, le temps pour l’industrie automobile de s’ajuster aux nouvelles normes de certification WLTP, et a promis une reprise au quatrième trimestre.

“Une contraction de 0,2% n’est pas une catastrophe”, a déclaré le ministre de l’Economie Peter Altmaier à Berlin.

Sur un an, la croissance ressort à 1,1% au troisième trimestre, en données corrigées des variations saisonnières comme en données brutes, alors que les économistes attendaient +1,3% dans les deux cas.

“Le léger tassement du PIB comparé au trimestre précédent est dû principalement à l’évolution du commerce extérieur : les calculs provisoires montrent qu’il y eu moins d’exportations et davantage d’importations au troisième trimestre par rapport au deuxième”, a indiqué Destatis, qui publiera le 23 novembre les chiffres détaillés de la statistique.

Comme pour confirmer leur passage à vide, la fédération industrielle BDI a réduit mercredi sa prévision de croissance des exportations pour la deuxième fois en deux mois, tablant désormais sur une hausse de 3% cette année et non plus de 3,5%.

RISQUE POLITIQUE

Le gouvernement avait prévu le coup de mou du troisième trimestre en raison des goulets d’étranglement dans le secteur automobile provoqués par l’entrée en vigueur, le 1er septembre, des nouvelles normes WLTP.

“L’Allemagne n’a pas un problème avec son économie mais plutôt avec son industrie automobile”, observe Andreas Scheürle économiste chez DekaBank. “En raison des changements de certification, il a fallu réduire sensiblement la production automobile et cela a entraîné des dommages collatéraux pour d’autres secteurs.”

Le secteur automobile représente un cinquième de l’industrie allemande dans son ensemble et plus des trois quarts des véhicules produits sont destinés à l’export.

Le ministère de l’Economie a estimé à 0,4% l’impact du passage aux normes WLTP sur le PIB du troisième trimestre, ce qui revient à dire que la croissance aurait été positive sans ce facteur temporaire.

“Une fois que ces effets spéciaux se seront dissipés, l’économie allemande retrouvera sa tendance haussière”, a-t-il écrit dans son rapport mensuel sur les conditions d’activité.

Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, a aussi imputé le mauvais chiffre du PIB aux perturbations dans l’industrie automobile, en assurant que la bonne santé de l’économie allemande n’était pas remise en cause.

Les inquiétudes se font pourtant croissantes quant à l’impact des tensions commerciales et aussi du Brexit sur l’économie allemande, qui en est à sa neuvième année d’expansion.

Aux craintes liées à la politique commerciale américaine s’ajoutent désormais le risque d’une crise politique en Allemagne, où la coalition de la chancelière Angela Merkel a manqué d’exploser à deux reprises.

Publiée mardi, l’enquête mensuelle de l’institut d’études économiques ZEW a montré que les investisseurs n’attendaient pas de rebond rapide de l’économie allemande.

Carsten Brzeski, économiste chez ING, table pour sa part sur une reprise de la production automobile au quatrième trimestre mais estime que la statistique de mercredi “sert de piqûre de rappel pour dire que la stabilité politique et une croissance forte ne sont pas des acquis.”

“La mauvaise tenue des exportations, malgré une parité de l’euro favorable, suggère que les tensions commerciales et la faiblesse des marchés émergents peuvent continuer de peser sur la croissance allemande”, ajoute-t-il dans une note.

Le mois dernier, la fédération DIHK des Chambres de commerce et d’industrie a ramené sa projection de croissance du pays de 2,2% à 1,8% pour 2018 et dit prévoir un ralentissement à 1,7% en 2019 face à la montée des risques intérieurs comme extérieurs.

Véronique Tison pour le service français, édité par Juliette Rouillon

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