October 26, 2018 / 8:08 PM / 20 days ago

Wall Street de nouveau plombée par les technologiques

(Reuters) - La Bourse de New York a de nouveau fini en net repli vendredi, effaçant son rebond de la veille après les résultats jugés décevants d’Alphabet et surtout d’Amazon, qui ont occulté la confirmation d’une croissance économique encore soutenue aux Etats-Unis.

La Bourse de New York a fini en nette baisse vendredi. Le Dow Jones a perdu 1,19%. /Photo prise le 24 octobre 2018/REUTERS/Brendan McDermid

L’indice Dow Jones a perdu 296,24 points, soit 1,19%, à 24.688,31.

Le S&P-500, plus large, a cédé 46,88 points, soit 1,73%, à 2.658,69, après avoir cédé jusqu’à 2,86% en matinée.

Le Nasdaq Composite, qui abandonnait 3,57% au plus bas, a terminé sur un recul a reculé de 151,12 points, soit 2,07%, à 7.167,21.

Au plus bas du jour, le S&P-500 accusait un repli de plus de 10,65% par rapport à son plus haut du mois d’août, rejoignant ainsi le Nasdaq en zone de correction. A la clôture, ce repli était toutefois ramené à 9,6%, contre -11,88% pour le Nasdaq depuis son record du 30 août.

Sur l’ensemble de la semaine, le Dow s’est replié de 2,97%, le S&P -500 de 3,94% et le Nasdaq de 3,78%.

Pour certains investisseurs, ce recul est synonyme d’opportunités.

“Le mouvement vendeur reste très maîtrisé”, estime ainsi Jim Paulsen, responsable de la stratégie d’investissement de The Leuthold Group. “Je pense que beaucoup de gens attendent en discutant du bon moment pour acheter. Ils voient dans tout cela davantage une occasion d’acheter qu’un risque.”

LES INDICATEURS DU JOUR

La journée avait bien commencé avec l’annonce d’une croissance de 3,5% en rythme annualisé aux Etats-Unis au troisième trimestre, un chiffre supérieur aux attentes même s’il traduit un ralentissement.

L’autre indicateur du jour aux Etats-Unis, l’indice de confiance des ménages de l’université du Michigan, est ressorti en baisse à 98,6 selon les résultats définitifs, contre 100,1 en septembre et 99 en première estimation.

Mais la bonne nouvelle de la croissance a été éclipsée par l’actualité des résultats, qui a ravivé les interrogations sur l’impact des tensions commerciales, de la hausse des taux d’intérêt et de l’augmentation des salaires.

VALEURS

Amazon a ainsi été lourdement sanctionné après un chiffre d’affaires trimestriel inférieur aux estimations et des prévisions pour la période des fêtes moins soutenues qu’attendu: le titre du géant du commerce en ligne a abandonné 7,82%.

Le groupe dirigé par Jeff Bezos a ainsi perdu son titre de deuxième capitalisation boursière mondiale au profit de Microsoft.

Alphabet, la maison mère de Google, a parallèlement cédé 1,8% après avoir raté le consensus de chiffre d’affaires sur juillet-septembre.

Le recul de ces deux poids lourds des hautes technologies a favorisé celui des autre grands noms du secteur: Facebook a abandonné 3,7%, Apple 1,59% et Netflix 4,17%.

“Les attentes sur les résultats de Google et Amazon étaient vraiment élevées. Les investisseurs comptaient peut-être sur leurs résultats pour tirer le marché et nous sortir de la correction”, a commenté Paul Brigandi, directeur du trading de Direxion à New York.

“La correction a commencé à cause des taux d’intérêt et des droits de douanes, donc les gens attendaient la saison des résultats pour rompre avec la tendance baissière.”

Echappant à l’accès de faiblesse général, Intel a gagné 3,11%, de loin la plus forte hausse du Dow, après des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, même si son directeur général par intérim, Bob Swan, a souligné que les tensions commerciales avec la Chine pourraient constituer un “vent contraire” l’an prochain.

LA SÉANCE EN EUROPE

Les Bourses européennes ont elles aussi fini la journée dans le rouge, creusant un peu plus leurs pertes d’octobre, qui s’annonce comme leur pire mois depuis 2015.

A Paris, le CAC 40 a terminé sur une perte de 1,29% à 4.967,37 points. Le Footsie britannique a cédé 0,92% et le Dax allemand 0,94%.

L’indice EuroStoxx 50 a reculé de 0,93%, le FTSEurofirst 300 de 0,81% et le Stoxx 600 de 0,77%.

Sur la semaine, le CAC a abandonné 2,31% et le Stoxx 600 2,46%. A trois séances de la fin du mois, ils portent ainsi respectivement à 9,56% et 8,05% leur repli depuis le 1er octobre, leur plus mauvaise performance mensuelle depuis août 2015.

La plus lourde chute du jour a été pour Valeo, dont la valeur boursière a fondu de 21,02% après un nouvel avertissement sur ses prévisions 2018, qu’il explique par l’impact des nouvelles normes d’homologation WLTP et celui du ralentissement brutal du marché automobile chinois.

CHANGES

La baisse de Wall Street a favorisé celle du dollar, qui accusait en fin de séance un repli de 0,32% face à un panier de devises de référence alors qu’il avait atteint en début de journée son plus haut niveau depuis deux mois en réaction aux chiffres du PIB.

L’euro en a profité pour remonter à 1,14 dollar après avoir touché, à 1,1336, son plus bas niveau depuis la mi-août.

Le repli sur les valeurs refuges face au nouvel accès de faiblesse des marchés actions a surtout profité au yen et au franc suisse.

TAUX

Autre conséquence de la baisse de Wall Street: les rendements des bons du Trésor américain sont tombés à leur plus bas niveau depuis trois semaine, bénéficiant à plein de leur statut de valeur refuge, la baisse de Wall Street l’emportant là encore sur les chiffres du PIB américain.

Le rendement des Treasuries à dix ans s’inscrivait en fin de séance à 3,079% après être tombé à 3,057%, son plus bas niveau depuis le 3 octobre.

Outre la fuite vers la qualité en réaction à la baisse de Wall Street, le mouvement de repli des rendements est alimenté par les spéculations sur la possibilité que la Réserve fédérale renoncer à relever de nouveau ses taux en décembre dans le but de rassurer les marchés.

PÉTROLE

Les cours du pétrole ont terminé en hausse, de nouveau soutenus par l’imminence des sanctions américaines contre l’Iran, mais ils restent en baisse sur l’ensemble de la semaine.

Le contrat décembre sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a gagné 26 cents, soit 0,39%, à 67,59 dollars le baril. Le Brent a pris 73 cents (+0,95%) à 77,62 dollars.

Sur la semaine, le cours du WTI a ainsi reculé de 2,14%, celui du Brent de 2,63%. Ce dernier a perdu plus de 10% depuis le pic de près de quatre ans inscrit il y a trois semaines à 86,74 dollars.

A SUIVRE LUNDI:

La journée de lundi sera animée entre autres par la présentation du projet de budget du gouvernement britannique et par la publication des résultats trimestriels de HSBC.

Marc Angrand, avec Caroline Valetkevitch à New York et Amy Caren Daniel à Bangalore

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