October 24, 2018 / 11:32 AM / 25 days ago

Zone euro: L'activité pâtit du contexte international

LONDRES (Reuters) - L’activité des entreprises de la zone euro a décéléré nettement plus que prévu à l’amorce du dernier trimestre de 2018, affectée par une diminution des commandes qui altère la confiance et qui semble prouver, après d’autres indicateurs, que le pic de croissance de la zone euro appartient définitivement au passé, montrent mercredi les premiers résultats des enquêtes mensuelles Markit auprès des directeurs d’achats de la région.

L'activité des entreprises de la zone euro a décéléré nettement plus que prévu à l'amorce du dernier trimestre de 2018. /Photo d'archives/REUTERS/Dado Ruvic

Cette évolution est une mauvaise nouvelle pour la Banque centrale européenne (BCE), qui compte mettre un terme à son programme d’assouplissement quantitatif (QE) en décembre.

Le contexte économique est plus généralement marqué par une intensification des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, la confrontation entre Rome et Bruxelles sur le budget italien, l’enlisement apparent des négociations sur le Brexit et la tendance au resserrement des conditions financières et monétaires.

L’euro et les rendements obligataires de la zone euro ont fléchi mercredi après la parution des indices d’activité PMI “flash” d’octobre. Vers 10h20 GMT, la monnaie unique cédait près de 06,% face au dollar à 1,1403, au plus bas depuis le 20 août.

Au même moment, l’indice boursier européen Stoxx 600 gagnait 0,54%, effaçant ainsi une petite partie des pertes subies depuis une semaine (-3% en cinq séances), qui l’ont ramené mardi à son plus bas niveau depuis près de deux ans.

“Il est évident que l’économie de la zone euro souffre des incertitudes nées de la guerre commerciale et d’une dynamique de croissance mondiale moins soutenue; cette faiblesse s’étend à l’économie locale”, dit Jan von Gerich, responsable de la stratégie de Nordea.

UN RISQUE POUR LES PERSPECTIVES DE CROISSANCE

“Les mauvais chiffres des PMI augmentent évidemment le risque baissier pour les perspectives de croissance de la zone euro”.

Les perspectives de croissance mondiale pour l’an prochain ont été revue en baisse pour la première fois, a montré mardi une enquête de Reuters auprès d’économistes que le conflit commercial sino-américain inquiète.

La BCE tient sa réunion de politique monétaire jeudi et elle devrait observer le statu quo mais, selon Stephen Brown, de Capital Economics, “elle mettra sans doute l’accent sur la prudence”.

Si la baisse des indices PMI se confirme, il faut s’attendre à une croissance de 0,3% au quatrième trimestre et non plus de 0,4% comme anticipé dans une enquête Reuters du mois dernier. UN ralentissement qui ramènerait l’expansion de la région à son rythme le plus faible depuis deux ans et demi.

Pour ce qui concerne l’Allemagne, la croissance du secteur privé est revenue en octobre à son plus bas niveau depuis plus de trois ans, les secteurs secondaire et tertiaire ayant tous deux perdu de leur allant, ce qui implique que la première économie européenne a mal débuté le quatrième trimestre.

La fédération allemande DIHK des chambres de commerce et d’industrie a ramené la semaine dernière sa projection de croissance de l’Allemagne de 2,2% à 1,8% pour 2018 et prévoit un ralentissement à 1,7% en 2019 face à la montée des risques intérieurs comme extérieurs.

CONTRACTION DES COMMANDES DANS L’INDUSTRIE

La situation est tout autre en France: l’activité dans le privé a accéléré ce mois-ci grâce au dynamisme du secteur des services, qui a permis de compenser un ralentissement dans l’industrie, où la croissance a été la plus faible depuis plus de deux ans, selon la version préliminaire des indices IHS Markit publiés ce mercredi.

L’indice PMI composite pour l’ensemble de la zone euro est tombé à un plus bas de 25 mois de 52,7 en première estimation contre 54,1 en septembre, alors que le consensus des analystes interrogés par Reuters donnait un repli moins marqué à 53,9. La prévision la plus basse était de 53,2.

Cet indicateur évolue toujours largement au-dessus de la barre des 50 qui sépare croissance et contraction de l’activité.

Le sous-indice de la production future, un étalon de l’optimisme des dirigeants d’entreprise, est passé de 62,1 en septembre à un plus bas de près de quatre ans de 59,4. Pour les seuls industriels, ce sous-indice est tombé à un niveau que l’on n’avait plus vu depuis près de six ans.

Le PMI manufacturier est tombé à 52,1 contre 53,2 et un consensus de 53,0. Le sous-indice des commandes ressort à 49,8 contre 51,5, signalant sa première contraction depuis la fin 2014.

Le sous-indice de la production, pris en compte dans l’indice composite, est revenu à 51,2 contre 52,7, au plus bas depuis la fin 2014.

Même tableau morose pour les services: l’indice PMI chute à un plus bas de deux ans de 53,3 contre 54,7 en septembre, en deçà de toutes les prévisions d’une enquête Reuters qui dégageait un consensus à 54,5.

Le sous-indice de l’emploi dans les services recule à 54,7 contre 55,5.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand

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