October 24, 2018 / 4:36 AM / 20 days ago

Fincantieri et Naval Group scellent leur alliance

PARIS (Reuters) - Le français Naval Group (ex-DCNS) et l’italien Fincantieri ont annoncé mardi soir s’être mis d’accord sur une alliance industrielle et commerciale dans le secteur de la marine militaire, aussitôt saluée par les deux gouvernements.

Le français Naval Group (ex-DCNS) et l'italien Fincantieri ont annoncé mardi soir s'être mis d'accord sur une alliance industrielle et commerciale dans le secteur de la marine militaire, aussitôt saluée par les deux gouvernements. /Photo prise le 23 octobre 2018/REUTERS/Benoit Tessier

Les deux groupes déclarent dans un communiqué commun s’être mis d’accord sur un plan industriel et commercial détaillé et une feuille de route, qui accordent la priorité aux navires militaires de surface, aux systèmes et équipements.

“Sous réserve de l’accord des conseils d’administration des deux sociétés, Fincantieri et Naval Group sont prêts à lancer concrètement cette alliance”, lit-on dans ce texte.

La première étape sera la création dès 2019 d’une coentreprise contrôlée à parts égales par les deux groupes et visant à créer des synergies commerciales et industrielles.

Elle aura pour objectif de préparer des offres tant pour des programmes franco-italiens que pour les marchés à l’exportation et de rationaliser la production pour offrir un meilleur rapport qualité-prix grâce à des achats croisés et un effet volume.

Elle mènera des programmes de recherche et d’innovation et aura pour objectif d’”encourager la fertilisation croisée” de Naval Group et de Fincantieri, “avec le partage de centres et de moyens d’essais” et de réseaux d’experts.

Naval Group et Fincantieri sont déjà engagés dans une collaboration industrielle pour fournir à la Marine nationale française quatre navires de support logistique (LSS) basés sur le modèle du LSS italien Vulcano, précise encore le communiqué.

Les deux groupes examinent en outre la possibilité de présenter une offre commune pour la refonte des frégates françaises et italiennes de classe Horizon, avec un système commun de commandement opérationnel.

“Un accord de gouvernement à gouvernement sera nécessaire pour garantir la protection de la souveraineté des deux pays, une collaboration fluide entre les équipes françaises et italiennes et encourager une cohérence accrue des programmes nationaux qui encadrent et soutiennent les exportations”, ajoutent Fincantieri et Naval Group.

CHAMPION EUROPÉEN

France et Italie avaient affiché lors de leur 34e sommet bilatéral à Lyon, le 27 septembre 2017, la volonté de constituer un champion européen dans la construction navale de défense.

L’accord sur le rachat par Fincantieri de la moitié des chantiers navals STX France prévoyait aussi l’examen, avant juin 2018, d’un rapprochement avec Naval Group.

C’est désormais chose faite, avec plus de quatre mois de retard et malgré l’arrivée au pouvoir en Italie d’un nouveau gouvernement, constitué par le Mouvement 5 Etoiles et la Ligue, parti d’extrême droite.

Plan et feuille de route avaient en fait été présentés aux autorités compétentes des deux pays en juillet dernier, précisent Naval Group et Fincantieri.

Dans un communiqué commun, les ministres français de la Défense et de l’Economie et des Finances, Florence Parly et Bruno Le Maire, et leurs homologues italiens, Elisabetta Trenta et Luigi Di Maio, apportent leur soutien à cette alliance.

Le plan et la feuille de route élaborés par les deux groupes “doivent améliorer la compétitivité des offres de cette alliance sur le marché mondial”, écrivent les quatre ministres.

Cette alliance doit aussi permettre de répondre aux besoins des marines italienne et française “avec les solutions les plus modernes”, ajoutent-ils.

Toutefois, elle “ne doit avoir aucun impact sur la capacité de chacun des gouvernements à maîtriser les capacités et les ressources stratégiques de chacune de ces sociétés”, prennent-ils le soin de préciser.

Ils annoncent l’engagement de discussions en vue d’un accord de gouvernement à gouvernement pour “fluidifier la collaboration entre les industriels italiens et français et donner un cadre clair et simple aux opérations de l’alliance”.

Thales détient 35% du capital de Naval Group et l’Etat français la quasi-totalité du reste.

Emmanuel Jarry, édité par Tangi Salaün

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