October 23, 2018 / 12:35 PM / 21 days ago

Le fonds souverain saoudien à la rescousse de la Bourse de Ryad

DUBAI (Reuters) - Le fonds d’investissement public saoudien (PIF) a acheté des actions par le biais d’institutions locales pour empêcher un krach de la Bourse de Ryad après la mise en cause du royaume dans la disparition du journaliste et opposant Jamal Khashoggi, ont dit des sources au fait de la situation.

Le fonds d'investissement public saoudien (PIF) a acheté des actions par le biais d'institutions locales pour empêcher un krach de la Bourse de Ryad après la mise en cause du royaume dans la disparition du journaliste et opposant Jamal Khashoggi, ont dit des sources au fait de la situation. /Photo d'archives/REUTERS/Faisal Al Nasser

Les investisseurs étrangers ont vendu 1,07 milliard d’actions saoudiennes la semaine dernière, soit l’un des plus importants mouvements vendeurs depuis que le marché boursier local s’est ouvert aux achats directs de non residents en 2015.

Les investisseurs se désengagent dans la crainte d’une dégradation des relations entre l’Arabie saoudite et l’Occident après la disparition de Jamal Khashoggi à Istanbul le 2 octobre. Ryad a affirmé samedi que le journaliste avait été tué lors d’une bagarre dans l’enceinte du consulat saoudien d’Istanbul, reconnaissant pour la première fois sa mort après deux semaines de déni.

Le Tadawul, l’indice boursier saoudien, a reculé de plus de 4% depuis le début octobre mais ses pertes auraient été bien plus lourdes si des fonds publics n’étaient pas montés au créneau pour soutenir le marché, ont dit des gérants et banquiers.

Parmi eux, le PIF, dont les actifs sont estimés à plus de 250 milliards de dollars (218 milliards d’euros), est intervenu en achetant des actions via des fonds institutionnels, selon ces sources.

Sur son instruction, ces fonds ont acheté pour environ cinq milliards de rials (1,33 milliard de dollars ou 1,16 milliard d’euros) d’actions pendant la seule semaine dernière, a dit un gérant de portefeuille régional.

Le PIF, appelé à jouer un rôle majeur dans le développement d’industries non pétrolières en Arabie saoudite, s’est refusé à tout commentaire.

L’une des sources a souligné qu’acheter était une réaction naturelle quand les valorisations sont basses.

Des valeurs dont le fonds souverain est actionnaire comptent parmi celles qui ont surperformé le Tadawul en octobre, comme Riyad Bank, Samba Financial Group et National Commercial Bank, selon les données de Refinitiv.

L’indice saoudien a chuté de 3,9% le 11 octobre, sa plus forte baisse depuis janvier 2016, avant de perdre jusqu’à 7% pendant la séance du 14 octobre, du jamais vu depuis décembre 2014 quand les cours du pétrole tombaient à pic.

A la clôture il avait toutefois réduit ses pertes de moitié, à -3,5%, à la faveur d’achats effectués par des fonds publics. Ce scénario s’est reproduit régulièrement depuis lors, le marché accusant de lourdes pertes en journée avant de rebondir en fin de séance.

Les investisseurs non résidents ont vendu pour 619,9 millions de rials d’actions pendant la semaine au 11 octobre puis pour quatre milliards la semaine suivante, selon les données de la Bourse.

avec les contributions de Marwa Rashad et Abinaya Vijayaraghavan à Bangalore, Véronique Tison pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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