October 15, 2018 / 4:46 PM / a month ago

Les exportations iraniennes de pétrole continuent de chuter

LONDRES (Reuters) - La Turquie et l’Italie sont les derniers acheteurs de pétrole brut iranien en dehors de la Chine, de l’Inde et du Moyen-Orient, selon une source de l’industrie et des données du secteur du transport maritime.

La Turquie et l'Italie sont les derniers acheteurs de pétrole brut iranien en dehors de la Chine, de l'Inde et du Moyen-Orient. Ces informations confirment la chute des exportations de brut de la République islamique. /Photo d'archives/REUTERS/Raheb Homavandi

Ces informations confirment la chute des exportations de brut de la République islamique à l’approche de l’entrée en vigueur, le 4 novembre, d’une nouvelle salve de sanctions américaines visant notamment son industrie pétrolière.

Sur la première quinzaine d’octobre, le pays a exporté 1,33 million de barils par jour vers l’Inde, la Chine, la Turquie et le Moyen-Orient, selon les données de Refinitiv Eikon qui ne montrent aucun transport de brut iranien vers l’Europe.

Une source du secteur estime pour sa part le total à 1,5 million de barils par jour en tenant compte de navires qui n’apparaissent pas sur les repérages par satellite, parmi lesquels un pétrolier d’une capacité d’un million de barils qui fait route vers l’Italie.

Ce chiffre se compare à des exportations d’au moins 2,5 millions de barils en avril, avant la décision des Etats-Unis de sortir de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien et de rétablir des sanctions contre Téhéran.

En septembre, les exportations de brut iranien étaient tombées à 1,6 million de barils par jour.

La baisse des livraisons iraniennes a contribué à l’envolée récente du prix du baril de Brent qui a atteint le 3 octobre un plus haut depuis fin 2014 de 86,74 dollars. Les cours sont depuis revenus autour de 80-81 dollars mais ils restent soutenus par l’actualité iranienne.

“C’est l’une des raisons pour lesquelles les prix se maintiennent au-dessus de 80 dollars”, dit Eugen Weinberg, analyste chez Commerzbank.

Washington veut ramener à zéro les exportations pétrolières iraniennes mais l’Iran et l’Arabie saoudite jugent ce scénario peu probable. L’administration Trump envisage des exemptions pour les pays qui réduisent leurs importations.

L’Inde, un acheteur important de pétrole iranien, a passé des commandes pour le mois de novembre.

L’Iran, qui a juré de bloquer toute augmentation des livraisons de l’Opep contraire à ses intérêts, dit avoir trouvé de nouveaux acheteurs pour son pétrole et assure que sa production n’a que légèrement diminué.

Pour septembre, le pays a déclaré à l’Opep une production de 3,76 millions de bpj, en baisse de 50.000 bpj, alors que les consultants et agences gouvernementales que l’Opep consulte pour estimer la production ont rapporté un recul plus important à 3,45 millions de bpj.

De fait, le troisième producteur de l’Opep pourrait ne pas avoir autant réduit sa production que le rythme de baisse de ses exportations le laisse penser. Des sources ont rapporté le mois dernier que Téhéran entreposait davantage de pétrole sur des navires, comme il l’avait fait lors des sanctions que l’accord de 2015 avait permis de lever.

UN MARCHÉ “ÉQUILIBRÉ”

En tournée en Europe lundi, Brian Hook, le représentant spécial des Etats-Unis pour l’Iran, a réaffirmé l’intention de Washington de couper en totalité le robinet du pétrole iranien.

“On constate un marché pétrolier actuellement bien fourni et équilibré. On devrait se concentrer sur ces fondamentaux sans se laisser distraire par ce que dit l’Iran”, a-t-il déclaré lors d’une conférence téléphonique donnée à Luxembourg.

Il a précisé que la production américaine avait augmenté de 1,65 million de barils en août par rapport au même mois de 2017 et qu’elle devrait continuer de progresser.

Le ministre saoudien de l’Energie Khalid al-Falih, en visite en Inde, a indiqué lundi que la production de son pays augmenterait le mois prochain par rapport à son niveau actuel de 10,7 millions de bpj, entre autres pour répondre à la demande de l’Inde - le troisième importateur mondial de brut.

L’Irak a parallèlement annoncé que les exportations de brut en partance de ses ports se montaient actuellement à 3,62 millions de bpj, un record, et qu’elles atteindraient 4 millions de bpj dans le courant du premier trimestre 2019.

Alex Lawler à Londres, avec John Irish à Paris, Nidhi Verma à New Delhi et Maher Chmaytelli à Dubaï, Véronique Tison pour le service français, édité par Blandine Hénault

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