October 12, 2018 / 2:38 PM / 2 months ago

Les résultats des banques américaines rassurent

(Reuters) - Les trois grandes banques américaines, JPMorgan Chase en tête, ayant donné vendredi le coup d’envoi de la publication des résultats trimestriels du secteur ont rassuré le marché sur leur capacité à faire croître leur bénéfice malgré de multiples sources d’inquiétudes, qui pèsent sur leur performance en Bourse depuis le début de l’année.

Les trois grandes banques américaines, JPMorgan Chase en tête, ayant donné vendredi le coup d'envoi de la publication des résultats trimestriels du secteur ont rassuré le marché sur leur capacité à faire croître leur bénéfice malgré de multiples sources d'inquiétudes, qui pèsent sur leur performance en Bourse depuis le début de l'année. /Photo d'archives/REUTERS/Mike Segar

Le relèvement continu et progressif des taux d’intérêt de la part de la Réserve fédérale est censé gonfler les bénéfices des banques américaines mais il risque aussi de freiner la demande de crédit aux Etats-Unis, tandis que les tensions commerciales font planer des menaces sur la croissance mondiale et génèrent des tensions sur les marchés financiers.

Les titres des trois banques ont ouvert en nette hausse à Wall Street, avant de réduire leurs gains.

* JPMORGAN FAIT MIEUX QUE PRÉVU AVEC LA HAUSSE DES TAUX

JPMorgan Chase a annoncé vendredi une hausse plus marquée que prévu de son bénéfice trimestriel, la remontée des taux d’intérêt et l’allègement de la fiscalité aux Etats-Unis ayant permis à la première banque américaine de compenser une baisse des revenus tirés du trading obligataire.

Les quatre grandes divisions de JPMorgan ont vu leurs revenus progresser, l’activité de banque de détail étant la plus dynamique. Globalement, la diversité des activités de la première banque des Etats-Unis lui a permis de surmonter les soubresauts des marchés financiers, notamment obligataires.

Son PDG, Jamie Dimon, a salué les baisses d’impôts et les efforts de déréglementation entrepris par Donald Trump mais il a prévenu que les incertitudes géopolitiques croissantes pourraient peser sur l’activité économique à l’avenir.

Le bénéfice net de JPMorgan s’est élevé de 24,5% sur la période juillet-septembre, à 8,38 milliards de dollars (7,24 milliards d’euros), soit 2,34 dollars par action. Les analystes l’attendaient en moyenne à 2,25 dollars selon le consensus I/B/E/S de Refinitiv. Le produit net bancaire a pour sa part augmenté de 5,2% à 27,82 milliards de dollars.

* CITIGROUP GONFLE SON BÉNÉFICE AVEC LE TRADING

Citigroup a elle aussi réalisé un bénéfice supérieur aux attentes, pour un huitième trimestre consécutif, à la faveur d’une réduction de ses coûts, de la hausse du revenu de ses activités de trading obligataire et de la bonne tenue de sa banque de détail au Mexique.

Le revenu de Citi sur le trading obligataire a augmenté de 9% au troisième trimestre, ce qui contraste nettement avec la baisse de 10% subie par JPMorgan dans cette même activité.

La troisième banque américaine avait déclaré en septembre que le revenu de l’ensemble de ses activités de trading serait stable ou en légère croissance.

Elle a aussi annoncé vendredi une baisse de 1% de ses dépenses d’exploitation.

Son bénéfice net a atteint 4,62 milliards de dollars (3,99 milliards d’euros) sur le trimestre clos le 30 septembre. Le bénéfice par action s’est élevé à 1,73 dollar, contre 1,42 dollar un an plus tôt, en raison notamment d’un programme de rachats de titres qui a réduit le flottant de 8% en un an.

Les analystes attendaient en moyenne un bénéfice par action de 1,69 dollar, selon les données I/B/E/S de Refinitiv.

Le produit net bancaire s’est en revanche légèrement contracté, à 18,39 milliards de dollars contre 18,42 milliards un an plus tôt.

* LES PROFITS DE WELLS FARGO GRIMPENT DE 32%

Wells Fargo a publié un bénéfice trimestriel en hausse de 32%, légèrement inférieur aux attentes mais gonflé par la poursuite de ses efforts de réduction de ses coûts, jugés essentiels en raison du plafonnement de la taille de son bilan imposé par la Réserve fédérale.

Ebranlée par une succession de scandales depuis deux ans, notamment dans ses pratiques commerciales, la banque californienne a souffert sur le troisième trimestre d’une chute de sa distribution de prêts immobiliers.

Ses dépenses totales se sont toutefois contractées de 4,1% et sa marge nette d’intérêt s’est améliorée de huit points de base en un an, à 2,94%.

Sur une base ajustée, Wells Fargo a réalisé un bénéfice par action de 1,16 dollar alors que les analystes prédisaient 1,17 dollar, selon les données I/B/E/S de Refinitiv.

* Bank of America publiera ses résultats lundi. Ceux de Goldman Sachs et Morgan Stanley sont attendus mardi.

* De leur côté, les banques européennes, qui publient leurs résultats un peu plus tard, sont à la peine dans leurs activités de marché, surtout en raison du maintien par la Banque centrale européenne de taux très bas, contrairement à la Fed.

Certains établissements comme Deutsche Bank en Allemagne ou UniCredit en Italie poursuivent leurs efforts de restructuration pour nettoyer leur bilan.

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