October 9, 2018 / 9:13 AM / 2 months ago

Prudence en Europe avec les rendements, la Chine et l'Italie

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes évoluent autour de l’équilibre mardi dans la matinée après trois séances de repli, dans un climat d’aversion au risque nourri par la récente hausse des rendements des Treasuries, les craintes sur le commerce et la croissance, particulièrement en Chine, et les tensions entourant la politique budgétaire italienne.

Les principales Bourses européennes évoluent autour de l'équilibre mardi dans la matinée après trois séances de repli. À Paris, le CAC 40 avance de 0,09%. À Francfort, le Dax cède 0,1% tandis qu'à Londres, le FTSE monte de 0,1%. /Photo prise le 13 septembre 2018/REUTERS

À Paris, le CAC 40 avance de 0,09% à 5.305,12 points après plus d’une heure d’échanges. L’indice a reculé de 3,5% sur les trois dernières séances, ce qui l’a conduit à effacer l’ensemble de sa progression depuis le début de l’année.

À Francfort, le Dax cède 0,1% tandis qu’à Londres, le FTSE monte de 0,1%.

L’indice EuroStoxx 50 de la zone euro perd 0,02%, le FTSEurofirst 300 progresse de 0,08% tandis que le Stoxx 600 recule de 0,09%.

La Bourse de Milan (+0,5%) reprend des couleurs après avoir chuté de 2,43% la veille dans un contexte de forte volatilité des taux italiens.

Aux craintes sur l’Italie, s’ajoutent celles, persistantes, sur l’économie chinoise. Pékin tente actuellement de piloter le ralentissement de son activité économique, lié à un changement structurel d’une économie centrée sur l’industrie à une activité tournée vers les services, mais le différend commercial avec les Etats-Unis fait craindre un atterrissage plus brutal que prévu.

Le Fonds monétaire international (FMI) voit ainsi la croissance chinoise ralentir à 6,2% en 2019 après 6,6% en 2018 sous l’effet des tensions commerciales.

La hausse généralisée des barrières douanières a par ailleurs conduit le fonds à abaisser sa prévision de croissance pour l’économie mondiale. Il table sur une croissance globale stabilisée à 3,7% en 2018 comme en 2019, soit le même rythme qu’en 2017 et 0,2 point de moins qu’il ne l’escomptait encore mi-juillet.

Les Etats-Unis devraient connaître une croissance de 2,9% cette année, grâce au soutien de la politique budgétaire de l’administration Trump, selon le FMI. C’est cette vigueur de l’économie américaine, mise également en avant par la Réserve fédérale, qui explique la poussée des rendements des Treasuries et le mouvement d’aversion au risque qui s’en est suivi sur les marchés d’actions.

VALEURS

Principaux soutiens aux indices en Europe, les compartiments des ressources de base (+0,88%) et du pétrole et gaz (+1,17%) bénéficient de la hausse des cours des matières premières.

A Paris, TechnipFMC (+2,37%), ArcelorMittal (+1,23%) et Total (+1,20%) sont sur le podium du CAC 40.

A l’inverse, les valeurs liés la consommation souffrent des craintes sur la demande chinoise. Cela concerne en particulier le secteur du luxe, fragilisé en outre par des valorisations élevées. Le géant du secteur, LVMH (+0,24%) publiera après la clôture son chiffre d’affaires du troisième trimestre, une publication très attendue qui apportera une première indication sur un éventuel ralentissement du secteur.

L’indice Stoxx des biens de consommation personnelle abandonne 0,61%.

A Francfort, le distributeur allemand d’électronique grand public Ceconomy chute de 18,87% après un avertissement sur ses résultats. Cela pèse aussi sur Fnac Darty (-2,31%), dont Ceconomy est le premier actionnaire.

EN ASIE

Les Bourses chinoises ont difficilement remonté la pente mardi après avoir lourdement chuté la veille. L’indice composite de la Bourse de Shanghai a regagné 0,17% et le CSI 300 a cédé 0,07% au lendemain d’une chute de de plus de 4%.

Fermée la veille, la Bourse de Tokyo avait pu rester à l’écart des tensions sur les places boursières en Chine qui l’ont finalement rattrapée mardi. L’indice Nikkei a perdu 1,32% avec les craintes sur l’économie chinoise mais a été aussi pénalisé par le repli des valeurs technologiques dans le sillage de leurs homologues américaines.

A WALL STREET

La Bourse de New York a fini en ordre dispersé lundi, les valeurs défensives ayant assuré un soutien au marché.

L’indice Dow Jones, qui a passé la majeure partie de la séance dans le rouge, a gagné 0,15%, mais le S&P-500 a cédé 0,04% et le Nasdaq Composite a reculé de 0,67%.

Le Nasdaq accuse ainsi désormais trois séances consécutives de repli pour une baisse cumulée de 3,6%.

Les contrats à terme sur les indices ne préfigurent pas de rebond mardi, avec une baisse signalée de l’ordre de 0,3%.

TAUX

Le marché obligataire américain reste orienté à la hausse après avoir été fermé la veille pour le “Columbus Day”. Le rendement des Treasuries à dix ans a ainsi atteint un pic à 3,256% mardi, au plus haut depuis mai 2011.

Cela pousse à la hausse les autres rendements en Europe, celui du Bund allemand à dix ans revenant ainsi à 0,56%.

Parallèlement, les rendements des emprunts d’Etat italiens se montrent très volatils alors que le ministre de l’Economie Givanni Tria présente devant le Parlement italien le projet de budget du gouvernement.

Les opérateurs de marché surveilleront également le déroulement d’une adjudication de 6,5 milliards d’euros de dette italienne jeudi qui fera office de test de la demande des investisseurs.

CHANGES

Les tensions autour de la politique budgétaire italienne pénalisent encore l’euro, qui reste ancré sur des plus bas depuis le 20 août, sous le seuil de 1,15 dollar.

La livre sterling souffre pour sa part des incertitudes sur le cadre de la sortie à venir du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Au moins 40 députés du Parti conservateur de la Première ministre britannique Theresa May sont prêts à rejeter son plan sur le Brexit s’il laisse le Royaume-Uni encore à moitié dans l’Union européenne, a déclaré mardi un député tory frondeur, Steve Baker.

L’indice dollar, qui mesure l’évolution du billet vert face à un panier de devises de référence, évolue ainsi en légère hausse et reste proche de ses récents plus hauts.

PÉTROLE

Les cours du but évoluent en hausse, soutenus par de nouveaux signes d’une baisse des exportations de pétrole iranien en amont de la mise en application, début novembre, des sanctions américaines à l’encontre du régime de Téhéran.

Par ailleurs, plusieurs compagnies pétrolières opérant dans le Golfe du Mexique ont réduit leur production en prévision de l’arrivée de l’ouragan Michael.

Le baril de Brent se traite à 84,35 dollars et le baril de brut léger américain à 74,70 dollars.

Édité par Patrick Vignal

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