October 8, 2018 / 9:36 AM / 2 months ago

Commerce, Italie et taux s'allient pour faire baisser les actions

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes évoluent en baisse lundi, le retour des craintes sur le différend commercial entre Washington et Pékin et sur la politique budgétaire en Italie s’ajoutant aux tensions sur le marché obligataire.

Les principales Bourses européennes évoluent en baisse lundi, le retour des craintes sur le différend commercial entre Washington et Pékin et sur la politique budgétaire en Italie s'ajoutant aux tensions sur le marché obligataire. À Paris, l'indice CAC 40 recule de 0,64% après plus d'une heure d'échanges. À Francfort, le Dax perd 0,68% et à Londres, le FTSE abandonne 0,31%. /Photo d'archives/REUTERS/Michalis Karagiannis

À Paris, l’indice CAC 40 recule de 0,64% à 5.325,3 points après plus d’une heure d’échanges. À Francfort, le Dax perd 0,68% et à Londres, le FTSE abandonne 0,31%.

L’indice EuroStoxx 50 de la zone euro cède 0,61%, le FTSEurofirst 300 se replie de 0,55% et le Stoxx 600 perd 0,56%.

Pris au dépourvu la semaine dernière par la vive remontée des rendements des Treasuries, les investisseurs doivent faire face lundi à un regain de tensions entre les Etats-Unis et la Chine sur leur relation commerciale, ce qui a fait lourdement chuter les Bourses chinoises pour leur réouverture après une semaine fériée.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo est en visite lundi à Pékin, mais les échanges avec le ministre chinois des Affaires étrangères ont été extrêmement tendus devant la presse.

Les critiques adressées samedi par la Commission européenne à l’Italie sur ses objectifs en matière de budget ont par ailleurs relancé les tensions sur les actifs de la péninsule: les rendements italiens grimpent et les valeurs bancaires du pays chutent.

EN ASIE

L’indice composite de la Bourse de Shanghai a décroché lundi de 3,72%, son plus fort repli journalier depuis le 19 juin, et l’indice CSI 300 des grandes capitalisations de Chine continentale a lâché 4,3%, soit sa plus forte baisse depuis le 25 février 2016.

Plutôt que de rassurer, l’intervention de la banque centrale chinoise, qui a réduit d’un point le taux des réserves obligatoires, a souligné les inquiétudes des autorités quant à l’impact des tensions commerciales avec Washington sur la croissance.

“La banque centrale chinoise est un peu nerveuse face au différend commercial avec les Etats-Unis et elle a abaissé le taux des réserves obligatoires pour la quatrième fois cette année, ce qui provoque un mouvement de vente sur les actions asiatiques car cela envoie un message de faiblesse”, observe David Madden, analyste marchés chez CMC Markets.

De son côté, la Bourse de Tokyo est restée fermée en raison d’un jour férié.

Cette chute des places boursières chinoises intervient après un mouvement généralisé de baisse sur les marchés d’actions la semaine dernière en réaction à une vive remontée des rendements des Treasuries, qui a pris beaucoup d’investisseurs par surprise.

TAUX

L’optimisme affiché par les responsables de la Réserve fédérale sur la vigueur de l’économie américaine, ainsi que la parution de solides indicateurs, ont porté vendredi le rendement des emprunts d’Etat américains à dix ans à un pic de 3,248%, un plus haut depuis mai 2011.

Le rendement à 30 ans a atteint 3,424%, un plus haut depuis juillet 2014, et celui à deux ans a dépassé 2,9%, à un pic de plus de dix ans.

Le marché obligataire américain restera fermé ce lundi pour le Colombus day, ce qui pourrait offrir un certain répit aux investisseurs.

Dans la foulée des rendements des Treasuries, celui du Bund allemand à dix ans, référence dans la zone euro, est remonté lundi à 0,578%, un plus haut depuis le mois de mai, avant de s’apaiser face aux nouvelles tensions sur les taux italiens.

Le rendement des BTP à dix ans a franchi 3,52% pour la première fois depuis février 2014 et les rendements à deux et cinq ans montent de plus de 20 points de base.

Les objectifs de déficit budgétaire retenus par le gouvernement italien pour les trois prochaines années sont un “motif de grave inquiétude” pour la Commission européenne et vont à l’encontre des demandes formulées par les ministres européens des Finances en juillet dernier, a indiqué la Commission européenne dans une lettre adressée au ministre italien de l’Economie, Giovanni Tria.

AUX VALEURS

Le regain de tensions sur les taux italiens pèse sur les banques italiennes dont l’indice sectoriel recule de 2,73%.

Les craintes sur le front commercial plombent parallèlement le compartiment automobile (-1,1%), très sensible aux développements sur ce sujet.

Le secteur des technologies abandonne quant à lui 1,06% dans la foulée du repli du compartiment vendredi soir à Wall Street. A Paris, STMicroelectronics (-2,73%) accuse encore la plus forte baisse du CAC 40.

A WALL STREET

Les contrats à terme sur les indices américains signalent une ouverture en baisse de 0,2% à 0,4% lundi.

Les grandes valeurs technologiques, qui pèsent lourdement dans les indices, ont mené le mouvement de repli vendredi, victimes de prises de profits compte tenu de leur valorisation élevée. L’indice du secteur a cédé 1,27%, en recul pour la deuxième séance d’affilée, avec Intel qui a perdu encore 2,29%.

L’indice Dow Jones a perdu 0,68%, le S&P-500 a cédé 0,55% et le Nasdaq Composite, à forte composante technologique, a reculé de 1,16%.

CHANGES

Le dollar évolue en hausse face à un panier de devises de référence, revenant vers les plus hauts depuis la fin août touchés la semaine dernière dans le sillage de la remontée des Treasuries.

L’euro reste pour sa part pénalisé par les tensions persistantes autour de la politique budgétaire italienne et est retombé sous le seuil de 1,15 dollar.

De son côté, le yuan offshore a touché son plus bas niveau face au dollar depuis le 16 août.

ÉMERGENTS

La hausse des rendements des Treasuries, qui augmente les coûts de financement, a encore accru la pression sur les marchés émergents. L’élection présidentielle au Brésil, où le candidat de l’extrême droite, Jair Bolsonaro, est arrivé très largement en tête du premier tour, devrait nourrir encore la volatilité sur cette classe d’actifs.

“Favori au premier tour, les sondages ne présageait néanmoins pas une telle avance pour Bolsonaro par rapport à son opposant de gauche. Le deuxième tour reste toujours incertain car les deux candidats témoignent d’un fort taux de rejet. Cependant, compte tenu du score au premier scrutin, la candidature de Bolsonaro semble renforcée”, commente Irina Topa-Serry, économiste marchés émergents chez AXA IM.

L’indice MSCI des marchés émergents a abandonné la semaine dernière 4,5%, son repli hebdomadaire le plus prononcé depuis février.

PÉTROLE

Les cours du brut sont orientés en nette baisse lundi alors que les Etats-Unis ont semblé assouplir leur position concernant les sanctions à venir contre l’Iran et sa production de pétrole. Un responsable de l’administration Trump a indiqué vendredi que Washington pourrait envisager des exemptions pour les pays ayant déjà fait des efforts pour réduire leurs importations de pétrole iranien.

Le prix du baril de Brent revient à 83,25 dollars après un pic à plus de 86 dollars la semaine dernière et celui du brut léger américain retombe à 73,65 dollars après avoir frôlé les 77 dollars il y a quelques jours.

Édité par Wilfrid Exbrayat

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