October 4, 2018 / 4:37 PM / 14 days ago

La hausse des rendements plombe les actions, émergentes en tête

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont clôturé sur une baisse marquée jeudi et Wall Street cédait du terrain à l’approche de la mi-séance, les actions continuant de reculer face à la remontée des rendements des emprunts d’Etat, un mouvement qui affecte particulièrement les marchés émergents.

Les Bourses européennes ont clôturé sur une baisse marquée jeudi. À Paris, le CAC 40 a fini en repli de 1,47%. A Londres, le FTSE 100 a perdu 1,22% et à Francfort (fermée mercredi), le Dax a reculé de 0,35%. /Photo d'archives/REUTERS/Ralph Orlowski

À Paris, le CAC 40 a fini en repli de 1,47% (80,55 points) à 5.410,85 points. A Londres, le FTSE 100 a perdu 1,22% et à Francfort (fermée mercredi), le Dax a reculé de 0,35%.

L’indice EuroStoxx 50 a cédé 0,89%, le FTSEurofirst 300 0,99% et le Stoxx 600 1,08% sa plus forte baisse depuis le 5 septembre.

TAUX

Au moment de la clôture, le rendements des emprunts d’Etat américains à dix ans s’affichait à 3,1908%, en hausse de plus de trois points de base par rapport à la veille, après un pic de plus de sept ans à 3,232% en début de journée.

Dans son sillage, celui du Bund allemand de même échéance a pris jusqu’à plus de cinq points de base en séance pour atteindre 0,551%, son plus haut niveau depuis mai.

Echappant à la hausse quasi généralisée, les rendements italiens ont fini pratiquement stables.

Le mouvement de hausse des rendements obligataires, parti des Etats-Unis, s’appuie sur les propos optimistes tenus ces derniers jours par les responsables de la Réserve fédérale, son président, Jerome Powell, en tête, et par une série d’indicateurs confirmant la vigueur de la croissance de la première économie mondiale.

LES INDICATEURS DU JOUR

Les inscriptions au chômage aux Etats-Unis sont ainsi revenues la semaine dernière à leur plus bas niveau depuis près de 49 ans et les commandes à l’industrie ont enregistré en août leur plus forte hausse depuis 11 mois (+2,3%).

A la veille de la publication du rapport mensuel du département américain du Travail, ces chiffres contribuent à nourrir le sentiment de divergence croissante entre la dynamique de croissance des Etats-Unis et celle des autres grands marchés, tout en amenant certains investisseurs à reconsidérer leurs anticipations en matière de remontée des taux d’intérêt.

La probabilité estimée d’une hausse de taux de la Fed en décembre dépasse désormais 80% et celle d’un nouveau relèvement en mars 2019 avoisine 60% selon le baromètre CME FedWatch.

EMERGENTS

Ce contexte défavorise en premier lieu les actifs des pays émergents, la remontée des rendements obligataires risquant de détourner les flux de capitaux de ces marchés.

L’indice MSCI des marchés émergents chute ainsi de 2,59% et celui des devises émergentes de 1,23%.

La Bourse de Bombay a chuté de 2,24%, celle de Séoul de 1,52%, celle d’Istanbul de 2,77%.

Du côté des devises, la roupie indienne a touché un nouveau plus bas et la livre turque s’est dépréciée de près de 2,5% face au dollar.

Les marchés chinois ne rouvriront que lundi après les célébrations de la fête nationale; sans attendre, JPMorgan a abaissé sa recommandation sur la Chine à “neutre” contre “surpondérer”, pour intégrer entre autres les risques liés aux tensions commerciales avec les Etats-Unis.

VALEURS

Le mouvement général de baisse des actions européennes a affecté en premier lieu les secteurs défensifs, les plus directement désavantagés par l’attrait croissant des placements en emprunts d’Etat.

L’indice Stoxx de l’immobilier a ainsi cédé 2,88%, celui des services aux collectivités (“utilities”) 1,57%.

A l’opposé, la perspective d’une augmentation des marges de crédit et de la rentabilité des obligations a profité aux banques et aux assureurs: l’indice Stoxx du secteur bancaire a pris 0,38%, celui de l’assurance 0,96%.

Les équipementiers automobiles ont quant à eux été pénalisés par la publication d’une note d’analyse d’Exane BNP Paribas jugeant leur valorisation excessive. Valeo a perdu 6,56%, Faurecia 5,25% et Continental 3,8%.

Les valeurs du luxe ont pour leur part ont souffert de nouveau des craintes d’un ralentissement de leurs ventes en Chine: Kering a cédé 5,36%, LVMH 4,89%.

A WALL STREET

Au moment de la clôture en Europe, Wall Street évoluait elle aussi dans le rouge, le Dow Jones cédant 0,99%, le Standard & Poor’s 500 0,91% et le Nasdaq Composite 1,67%.

Parmi les secteurs les plus touchées figurent ceux des services de télécommunications (-1,65%) et des hautes technologies (-1,66%).

Comme en Europe, les financières échappent au mouvement général de baisse: leur indice S&P progresse de 0,36%.

“Les risques augmentent avec la hausse des coûts du crédit et l’attrait croissant des marchés obligataires”, commente Hussein Sayed, responsable de la stratégie de FXTM. “Avec des valorisations encore historiquement élevées, il faudra une saison de résultats solide pour que les actions conservent leur dynamique haussière.”

CHANGES

Le dollar est revenu à l’équilibre face à un panier de devises de référence mais reste proche de ses récents plus hauts de six semaines, notamment face à l’euro, qui peine à repasser durablement le seuil de 1,15 dollar.

Le yen est reparti à la hausse face au billet vert après être tombé à un plus bas de 11 mois à 114,53.

La livre sterling a quant elle bénéficié des informations selon laquelle l’Union européenne juge que la nouvelle proposition britannique visant à éviter de longs contrôles aux frontières en Irlande après le Brexit est “un pas dans la bonne direction”.

PÉTROLE

Les cours du brut cèdent du terrain, victimes de prises de bénéfice après les plus hauts de quatre ans atteints ces derniers jours, mais leur repli risque d’être freiné par la perspective de l’entrée en vigueur le mois prochain des sanctions américaines visant l’Iran.

La tendance à la hausse des cours sur fond de baisse de l’offre globale n’est en effet pas remise en cause, au contraire: les positions à terme tablant sur un baril à 100 dollars continuent d’augmenter, montrent des chiffres publiés par CME Group.

A SUIVRE VENDREDI:

L’agenda économique de vendredi est dominé par le rapport mensuel sur l’emploi aux Etats-Unis, à 12h30 GMT. Les économistes interrogés par Reuters prévoient en moyenne un ralentissement des créations d’emploi à 185.000 en septembre après 201.000 en août, un retour du taux de chômage à 3,8% , son plus bas historique, et une légère décélération des salaires avec une croissance de 2,8% en rythme annuel, après 2,9%.

Les investisseurs surveilleront aussi les chiffres des commandes à l’industrie en Allemagne, à 06h00 GMT.

Avec Medha Singh à Bangalore, édité par Juliette Rouillon

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