September 28, 2018 / 4:22 PM / 17 days ago

L'Italie secoue l'Europe, Tesla plonge à Wall Street

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé vendredi en forte baisse, pénalisées principalement par le secteur bancaire, les marchés réagissant très négativement aux objectifs de déficit budgétaire affichés par le gouvernement italien.

Les Bourses européennes ont terminé vendredi en forte baisse. À Paris, le CAC 40 a perdu 0,85%. Le Footsie britannique a cédé 0,47% et le Dax allemand a abandonné 1,52%. /Photo prise le 6 août 2018/REUTERS/Régis Duvignau

Wall Street, moins sensible aux problèmes de la zone euro, monte un peu à l’heure de la clôture en Europe, avec comme événement du jour un plongeon pour l’action Tesla, dont le PDG, Elon Musk, est poursuivi pour fraude par le gendarme de la Bourse américaine.

À Paris, le CAC 40 a perdu 0,85% à 5.493,49 points. Le Footsie britannique a cédé 0,47% et le Dax allemand a abandonné 1,52%.

L’indice EuroStoxx 50 a reculé de 1,47%, le FTSEurofirst 300 de 0,75% et le Stoxx 600 de 0,83%.

Signe de la nervosité sur les marchés d’actions de la zone euro, l’indice mesurant la volatilité implicite de l’EuroStoxx 50 a pris plus de 11%.

La Bourse de Milan (-3,72%) a souffert plus particulièrement au lendemain de l’accord trouvé par le gouvernement italien sur des objectifs budgétaires intégrant un déficit trois plus fois plus important que la trajectoire fixée par le précédent exécutif.

La coalition formée par le Mouvement 5 Etoiles et la Ligue a forcé la main de son ministre de l’Economie, Giovanni Tria, dont les appels à la prudence budgétaire avaient rassuré les marchés, en s’entendant jeudi soir sur un objectif de déficit de 2,4% du produit intérieur brut dans son projet de budget pour 2019 et les deux années suivantes.

Ces annonces placent l’Italie en porte à faux vis-à-vis de la Commission européenne et provoquent l’inquiétude des marchés financiers, qui redoutent de nouvelles tensions sur la dette publique.

“Le 2,4% est un signal négatif parce qu’il apparaît un peu comme une victoire du populisme et qu’il porte atteinte à la crédibilité du ministre des Finances, Giovanni Tria, qui était un peu le garant de la stabilité économique de l’Italie et qui était en faveur d’un déficit de meilleure qualité”, explique Nicolas Forest, responsable de la gestion obligataire chez Candriam.

VALEURS

Les banques italiennes ont été lourdement sanctionnées après les annonces de Rome sur le déficit. Leur indice sectoriel a décroché de 7,26%. Banco BPM (-9,43%), Intesa Sanpaolo (-8,44%), Ubi Banca (-7,84%) et Mediobanca (-6,15%) ont accusé le coup.

Dans leur sillage, l’indice des banques de la zone euro s’est replié de 3,92%, avec des baisses de 2,81% pour Société générale, de 4,34% pour Crédit agricole, de 3,23% pour BNP Paribas ou encore de 4,79% pour Commerzbank.

A WALL STREET

Les indices de référence de la Bourse de New York se cherchent une tendance mais pas Tesla, qui perd 10,98% et s’oriente vers sa plus forte baisse en pourcentage sur une séance depuis cinq ans.

Plusieurs intermédiaires s’inquiétent de l’avenir d’Elon Musk, accusé jeudi de fraude par la SEC après ses tweets “faux et trompeurs” du mois dernier sur un possible rachat de Tesla suivi d’un retrait de la cote. La SEC ajoute être en faveur de sa mise à l’écart de la direction du constructeur de voitures électriques.

LES INDICATEURS DU JOUR

Les indicateurs du jour confirment le décalage entre les Etats-Unis, où l’économie demeure robuste, et la zone euro, qui paraît marquer le pas.

Le moral des ménages américains s’est un peu amélioré en septembre, les dépenses de consommation ont continué d’augmenter en août et l’indicateur d’inflation privilégié par la Réserve fédérale est resté au niveau de son objectif de 2% pour un quatrième mois consécutif.

Du côté de la zone euro, les pressions inflationnistes sous-jacentes ont légèrement diminué en septembre, une évolution qui pourrait compliquer la tâche de la Banque centrale européenne (BCE) au moment où elle se prépare à réduire son soutien à l’économie.

TAUX

Sur le marché obligataire, les rendements des emprunts d’Etat italiens ont grimpé en raison des inquiétudes soulevées par la trajectoire budgétaire visée par un pays très endetté.

Le taux italien à dix ans a pris jusqu’à plus de 30 points de base pour repasser le seuil de 3,2%, au plus haut depuis début septembre.

Les rendements des emprunts à deux et cinq ans se sont envolés eux aussi, prenant chacun plus de 30 points de base. avant de s’apaiser dans l’après-midi.

Ces envolées ont favorisé un nouveau mouvement de repli vers le Bund allemand à dix ans, dont le rendement recule de six points de base pour retomber nettement sous 0,5%.

L’écart de rendement (“spread”) à dix ans entre les titres italiens et allemands s’est écarté en conséquence pour repasser la barre de 270 points de base.

CHANGES

L’euro recule de 0,15% face au dollar, autour de 1,1621, après avoir cédé jusqu’à 0,5%, pénalisé par les craintes entourant le budget italien ainsi que par l’annonce d’un ralentissement de l’inflation de base dans l’union monétaire.

L’indice dollar, qui mesure l’évolution du billet vert face à un panier de devises de référence, progresse de 0,16%, limitant ses gains..

PÉTROLE

Les cours du brut évoluent en hausse, soutenus par la perspective de la réduction de la production iranienne en raison des sanctions américaines. Le contrat novembre sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) se traite à plus de 73 dollars le baril et le contrat de même échéance sur le Brent à près de 83 dollars, à un pic de quatre ans.

Édité par Wilfrid Exbrayat

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