September 24, 2018 / 5:03 PM / 21 days ago

La chute du diesel, un casse-tête pour les pompistes

PARIS (Reuters) - La chute du diesel et la remontée de l’essence dans les immatriculations représente un défi de taille pour les 11.000 stations-service déployées sur le territoire français, a déclaré lundi Francis Pousse, président des distributeurs de carburants au sein du CNPA (Conseil national des professions de l’automobile).

La chute du diesel et la remontée de l'essence dans les immatriculations représente un défi de taille pour les 11.000 stations-service déployées sur le territoire français, a déclaré lundi Francis Pousse, président des distributeurs de carburants au sein du CNPA (Conseil national des professions de l'automobile). /Photo prise le 29 mai 2018/REUTERS/Sergio Perez

Héritage de l’histoire, les capacités de stockage des stations sont aujourd’hui constituées à 80% de cuves de gasoil, et à 20% de cuves essence. Or le diesel, tombé en disgrâce depuis l’affaire de trucage des émissions de Volkswagen, ne représente plus que 40% des immatriculations de voitures neuves en France depuis plusieurs mois.

Si le pourcentage reste bien plus élevé dans le parc déjà immatriculé, il est appelé lui aussi à baisser au cours des prochaines années et les pompistes ne pourront faire l’économie d’importants travaux pour s’adapter à la nouvelle donne.

La partie s’annonce particulièrement difficile pour les 6.000 stations-services traditionnelles - qui ne dépendent pas d’une grande surface - lorsqu’elles devront à terme investir dans de nouvelles cuves, pistolets et compteurs pour l’essence.

“Comment voulez-vous que quelqu’un, qui est un gestionnaire, s’engage maintenant à faire jusqu’à 200.000 euros de travaux pour vendre de moins en moins de volume?”, a déclaré à Reuters Francis Pousse en marge des états généraux du diesel. “Nos adhérents n’ont pas les moyens de le faire.”

Le CNPA demande donc à l’Etat le rétablissement du fonds d’aide à la modernisation et à la diversification (lavage, boutiques, relais-colis) des stations-service, fermé en 2014, et de le doter d’une enveloppe annuelle de cinq millions d’euros.

“Sans un fonds d’aide sur la prise en charge de ces travaux exceptionnels dus à des décisions qui ne sont pas les nôtres, qui sont celles de l’Etat, vous pouvez être certains que les petites stations de campagne, qui sont déjà un peu moribondes, vont fermer”, a ajouté Francis Pousse.

Le réseau de stations-service représente dans l’Hexagone environ 30.000 emplois.

Autre complication, selon le président des distributeurs, le rééquilibrage entre l’essence et le diesel posera problème pour le stockage plus en amont dans les dépôts car la réglementation est moins stricte pour les bacs de diesel, un carburant moins volatile.

Les 3e états généraux du diesel, qui se sont tenus lundi dans un format plus restreint que les éditions précédentes, étaient organisés par “Diésélistes de France”, qui regroupe 250 centres techniques spécialisés.

L’association espère surmonter la crise actuelle en élargissant son expertise aux biocarburants - elle a organisé cet été en France une caravane consacrée aux nouveaux boîtiers éthanol - et à l’hybridation 48 volts - dite légère - des moteurs diesel ou essence.

“Mais si on démobilise les professionnels, ils n’investiront plus, ils ne se formeront plus”, a souligné Fabrice Godefroy, président des Diésélistes. “Cela finira alors par être contre-productif dans la lutte contre la pollution car l’après-vente ne pourra pas maintenir le parc roulant, qu’il soit ou non diesel, dans les cahiers des charges d’origine.”

Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot

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