September 21, 2018 / 9:11 AM / 3 months ago

Coup de frein à la croissance industrielle en zone euro

BERLIN/PARIS/LONDRES (Reuters) - La croissance de l’activité économique a encore ralenti en septembre en zone euro mais un sous-indice mesurant l’optimisme des entreprises s’est légèrement amélioré après être tombé en août à son plus bas niveau depuis près de deux ans, montrent les premiers résultats de l’enquête mensuelle de Markit auprès des directeurs d’achats de la région.

La croissance de l'activité économique a encore ralenti en septembre en zone euro mais un sous-indice mesurant l'optimisme des entreprises s'est légèrement amélioré, montrent les premiers résultats de l'enquête mensuelle de Markit. /Photo d'archives/REUTERS/Thomas Peter

Même si le ralentissement est un peu plus marqué que prévu, la croissance de l’activité demeure solide et les entreprises ont pu augmenter leurs prix, un bon point pour la Banque centrale européenne (BCE) au moment où elle s’apprête à rompre avec la politique monétaire ultra-accommodante en vigueur depuis plus de dix ans.

Le rapport d’IHS Markit souligne les divergences entre l’industrie et les services, l’indice PMI des directeurs d’achats du secteur tertiaire ressortant en hausse à 54,7 en première estimation alors qu’il était attendu inchangé à 54,4.

Au contraire, l’indice manufacturier a touché un creux de deux ans de 53,3 en septembre contre 54,6 en août et 54,4 attendu. Il est en deçà de la totalité des prévisions des économistes mais reste nettement au-dessus de la barre des 50 qui sépare croissance et contraction.

Le sous-indice mesurant la production, qui entre dans le calcul de l’indice composite, est tombé à 52,8 contre 54,7, au plus bas depuis mai 2016.

“On se demande donc combien de temps le secteur des services pourra soutenir sa forte croissance en l’absence d’un secteur manufacturier dynamique, alors même qu’il y a tant de sociétés des services qui dépendent des industriels”, dit Chris Williamson, chef économiste d’IHS Markit.

La croissance des nouvelles commandes a également nettement ralenti, ce qui est un mauvais présage pour le quatrième trimestre. L’indice qui la mesure ressort à un plus bas de 25 mois à 51,4 contre 53,0.

L’indice PMI composite, qui a reculé à 54,2 en septembre contre 54,5 (consensus: 54,4), laisse anticiper une croissance de 0,5% au troisième trimestre, selon Chris Williamson, alors qu’une enquête Reuters la donne à 0,4%.

Un sous-indice composite de la production future a progressé à 61,9 après un creux de 23 mois à 61,6 en août.

Les sociétés de services ont continué à embaucher à la même cadence soutenue qu’en août, avec un sous-indice stable à 53,3, au plus haut depuis octobre 2007.

ALLEMAGNE: INDICE PMI COMPOSITE EN BAISSE À 55,3

La croissance du secteur privé allemand a ralenti un peu plus que prévu en septembre, un regain d’activité inattendu dans les services n’ayant pas suffi à compenser un net ralentissement dans l’industrie.

L’indice composite des directeurs d’achats (PMI), qui regroupe les secteurs secondaire et tertiaire, a reculé à 55,3 en première estimation contre 55,6 en août. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient un ralentissement un peu moins prononcé, avec un indice de 55,4 en moyenne.

Ce baromètre de l’évolution de l’activité des entreprises privées demeure toutefois bien au-dessus de la barre des 50 qui sépare croissance et contraction.

La croissance manufacturière a ralenti à son rythme le plus bas depuis plus de deux ans, l’indice tombant à 53,7 contre 55,9 (consensus: 55,7).

Le sous-indice des commandes à l’exportation est tombé en deçà de 50 pour la première fois depuis juillet 2015 et les directeurs d’achats ont revu leurs prévisions de production à la baisse.

“Le secteur des services a dû faire tout le travail en septembre alors que l’industrie a enregistré sa pire performance depuis août 2016”, a commenté Phil Smith, économiste d’IHS Markit.

“Les nouvelles commandes industrielles ont pratiquement stagné car les ventes à l’exportation ont baissé pour la première fois depuis plus de trois ans”, ajoute-t-il.

“La baisse des commandes en souffrance du secteur manufacturier laisse penser que les capacités sont enfin parvenues à couvrir la demande; il y a donc une bonne probabilité que le rythme des créations d’emplois dans l’industrie faiblisse dans les mois qui viennent”.

Au contraire, les services ont affiché une croissance inattendue, leur indice ressortant à 56,5 contre 55,0 en août, alors que les économistes le prévoyaient inchangé.

Les sociétés de services ont continué à embaucher à une cadence inédite depuis près de 11 ans et leurs anticipations se sont encore améliorées.

Jonathan Cable à Londres, Paul Carrel à Berlin et Yann Le Guernigou à Paris; Véronique Tison et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand

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