September 20, 2018 / 5:49 PM / 3 months ago

Ankara abaisse ses prévisions de croissance mais peine à rassurer

ANKARA (Reuters) - La Turquie a cherché à rassurer les marchés en abaissant fortement jeudi ses prévisions de croissance pour cette année et l’an prochain, mais a déçu les investisseurs qui espéraient un plan de soutien au secteur bancaire et des révisions plus fortes de ses estimations pour refléter la fragilité de l’économie.

La Turquie a cherché à rassurer les marchés en abaissant fortement jeudi ses prévisions de croissance pour cette année et l'an prochain, mais a déçu les investisseurs qui espéraient un plan de soutien au secteur bancaire et des révisions plus fortes de ses estimations pour refléter la fragilité de l'économie. /Photo prise le 14 août 2018/REUTERS/Murad Sezer

La livre turque a plongé de près de 40% depuis le début de l’année, affectée par les ingérences présidentielles dans la politique monétaire et, plus récemment, par l’escalade des tensions entre Washington et Ankara. Ces perturbations sur les marchés menacent de déclencher une crise bancaire.

Les investisseurs espéraient que le programme à moyen terme annoncé par le ministre des Finances Berat Albayrak romprait clairement avec la croissance à crédit qui a caractérisé la période d’expansion rapide du pays ces quelque dix dernières années sous l’impulsion du président Recep Tayyip Erdogan.

Berat Albayrak, gendre du président, a annoncé que la croissance serait de 3,8% en 2018 et de 2,3% en 2029, contre une prévision de 5,5% avancée auparavant pour les deux années.

Mais il n’a pas annoncé, comme l’attendaient certains investisseurs, la création d’une “bad bank”, structure de défaisance qui reprendrait les prêts non performants du secteur.

“Pour le moment, le programme est décevant. Si vous regardez la prévision de croissance et la prévision de déficit courant, elles sont trop ambitieuses”, note Guillaume Tresca, responsable de la stratégie sur les marchés émergents au Crédit agricole.

“Nous n’avons rien de neuf, en ce qui concerne une ‘bad bank’, en ce qui concerne le traitement des prêts non performants (...). Cela manque de détails et d’annonces.”

La livre turque reculait à 6,2051 pour un dollar vers 16h50 GMT, contre environ 6,20 avant ces annonces et par rapport à une clôture à 6,2541 mercredi.

La devise a déjà effacé quasiment tous ses gains réalisés après le relèvement massif par la banque centrale de son taux directeur la semaine dernière, à 24%, ce qui reflète la difficulté des dirigeants politiques à limiter la baisse de la livre et à restaurer la confiance des marchés.

Pour les marchés financiers, la plus grosse inquiétude, outre le système bancaire, demeure l’inflation, que le ministre des Finances voit à 20,8% cette année et à 15,9% l’an prochain.

Le taux de chômage devrait augmenter à 11,3% cette année et 12,1% l’an prochain, avant de retomber à 11,9% en 2020.

Ezgi Erkoyun et David Dolan, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison

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