August 31, 2018 / 11:20 AM / 19 days ago

Le risque commercial fait encore reculer les actions

PARIS (Reuters) - Plombées une nouvelle fois par les menaces de relèvement des barrières douanières avec les Etats-Unis, les Bourses européennes creusent leurs pertes à mi-séance vendredi et Wall Street est attendue en repli pour la dernière séance d’un mois d’août qui aura été dominé par les tensions commerciales internationales et les inquiétudes suscitées par plusieurs pays émergents.

Les Bourses européennes creusent leurs pertes à mi-séance vendredi. Le CAC 40 perd 1% vers 10h50 GMT, le Dax cède 0,68% et le FTSE 100 recule de 0,4%. /Photo d'archives/REUTERS/Ralph Orlowski

À Paris, le CAC 40 perd 1% à 5.423,04 points vers 10h50 GMT et retombe à son niveau du 22 août; il s’achemine vers un recul de près de 1,8% sur l’ensemble du mois d’août. À Francfort, le Dax cède 0,68% et à Londres, le FTSE 100 recule de 0,4%.

L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 est en baisse de 0,59%, l’EuroStoxx 50 de la zone euro de 0,81% et le Stoxx 600 de 0,53%.

Le secteur automobile est l’un des plus touchés par le mouvement général de repli après la fin de non-recevoir opposée par Donald Trump aux propositions de l’Union européenne visant à supprimer la totalité des droits de douane sur les importations de voitures.

L’indice Stoxx du secteur perd 1,03%; Volkswagen recule de 1,12% à Francfort, PSA de 1,29% à Paris, Fiat Chrysler de 1,16% à Milan.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a prévenu que l’UE riposterait à tout nouveau durcissement de la politique commerciale américaine, qui constituerait selon lui une rupture du “cessez-le-feu” conclu en juillet.

Parallèlement, Donald Trump s’est, selon l’agence de presse Bloomberg, déclaré prêt à relever rapidement les droits de douane sur 200 milliards de dollars (171 milliards d’euros) supplémentaires de produits importés de Chine, un projet sur lequel la période de consultation aux Etats-Unis expire la semaine prochaine.

Le président américain a en outre menacé de retirer purement et simplement les Etats-Unis de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

“Trump continue d’attaquer le pilier de la gouvernance économique qu’est l’OMC”, constate Naeem Aslam, analyste de ThinkMarkets UK.

“Pour les investisseurs, la principale menace, c’est que si les Etats-Unis sortent de l’OMC, le système peut s’effondrer. L’absence de l’OMC se traduirait par le retour à des accords bilatéraux et de multiples représailles sur la base de motivations nationales artificielles. Ce serait la porte ouverte à une récession mondiale.”

L’INFLATION RALENTIT DANS LA ZONE EURO

Sur le marché des changes, l’euro est reparti à la baisse après quatre séances consécutives de hausse face au dollar, sous 1,1670.

Au-delà de l’impact des tensions commerciales, la monnaie unique a en outre cédé du terrain après la publication de la première estimation de l’inflation dans la zone euro en août, qui marque un léger ralentissement de la hausse des prix à 2,0% sur un an.

Le dollar est quant à lui pratiquement inchangé face à un panier de devises de référence.

Les rendements obligataires varient peu, y compris les italiens à quelques heures de la publication de l’avis de Fitch sur la note souveraine du pays.

Du côté des marchés émergents, la nervosité reste de mise après le nouvel accès de faiblesse subi jeudi par le peso argentin, qui s’ajoute aux craintes d’intensification des tensions commerciales.

L’indice MSCI des émergents cède 0,43% et se dirige vers une baisse de plus de 3% sur l’ensemble du mois d’août.

Le peso argentin a perdu jusqu’à 20% de sa valeur face au dollar jeudi et a fini la journée sur un repli de près de 10%, en dépit du relèvement du taux directeur de la banque centrale à 60%.

La livre turque, elle, reprend un peu de terrain face au dollar au lendemain du recul subi à l’annonce du départ de l’un des principaux dirigeants de la banque centrale, mais elle accuse une chute de près de 40% depuis le début du mois.

WHITBREAD BONDIT APRÈS LA VENTE DE COSTA À COCA

Aux valeurs en Europe, la plus forte hausse du Stoxx 600 est pour le groupe britannique d’hôtellerie et de restauration Whitbread, qui bondit de 16,22% après l’annonce de la vente de la chaîne Costa Coffee à Coca-Cola pour 5,1 milliards de dollars (4,37 milliards d’euros), dette comprise.

A Paris, Saint-Gobain (+2,39%) profite du relèvement de la recommandation de Bank of America-Merrill Lynch, passé à l’achat. La banque a au contraire abaissé son conseil sur LafargeHolcim, qui cède 1,97%.

A la baisse, Edenred chute de 5,21%, Berenberg conseillant désormais de vendre le titre.

Swatch Group abandonne 4,21% après la dégradation du conseil d’UBS, l’intermédiaire soulignant les risques de ralentissement du marché du luxe en Chine. Parmi les concurrents du géant de l’horlogerie, LVMH perd 2,31% et Kering 2,16%.

Édité par Blandine Hénault

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below