August 29, 2018 / 12:26 PM / in 3 months

Amundi prévoit un ralentissement graduel de l'économie américaine (actualisé)

PARIS (Reuters) - La croissance de l’activité économique des Etats-Unis devrait progressivement ralentir dans les deux prochaines années, prévient Vincent Mortier, directeur adjoint des investissements chez Amundi, qui exclut toutefois le scénario d’une récession de la première économie mondiale.

La croissance de l'activité économique des Etats-Unis devrait progressivement ralentir dans les deux prochaines années, prévient Vincent Mortier, directeur adjoint des investissements chez Amundi, qui exclut toutefois le scénario d'une récession de la première économie mondiale. /Photo prise le 27 août 2018/REUTERS/Kevin Lamarque

“Le cycle économique aux Etats-Unis a été prolongé par la réforme fiscale du président Donald Trump mais il montre des signes de fatigue”, a-t-il dit lors d’un entretien à Reuters.

“On ne prévoit pas de cassure mais une baisse graduelle en 2019-2020. Une récession n’est pas notre scénario central”, a ajouté le gérant.

Il prévoit une croissance du produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis de 2% en 2020, “avec plus de risques de révision à la baisse qu’à la hausse”.

Au deuxième trimestre, l’activité économique américaine a crû de 4,2% en rythme annualisé, sa meilleure performance depuis le troisième trimestre 2014, selon la deuxième estimation du produit intérieur brut (PIB) publiée mercredi.

TASSEMENT DES MARGES

“Nous ne pensons pas que le cycle américain va repartir. On doit se poser la question des perspectives à moyen/long terme de la croissance des résultats d’entreprises”, dit Vincent Mortier.

Il faut surveiller le point d’inflexion qui montrera une inversion du cycle des résultats, avec un tassement des marges des entreprises lié au renchérissement des coûts de fabrication ou à l’inflation salariale, ajoute-t-il.

“Au bout de la logique, les tarifs douaniers se traduisent soit par le maintien des importations à un prix plus élevé soit par une substitution par la production locale, mais avec la situation de plein emploi aux Etats-Unis, cela nécessite de trouver les compétences,et pourrait conduire à une inflation des salaires”, explique le gérant.

Selon Vincent Mortier, la courbe des taux aux Etats-Unis, qui mesure le différentiel entre les taux courts et les taux longs, pourrait s’inverser dans quelques mois. Une telle inversion est généralement le signe d’un ralentissement de l’économie aux Etats-Unis, voire d’une récession.

Les emprunts d’Etat américains à dix ans font toujours office d’actifs refuges pour les investisseurs face aux risques de marché, ce qui explique pourquoi le rendement peine à franchir durablement les 3%.

Mais leur niveau actuel reflète aussi “une vraie remise en question du potentiel à long terme de la croissance américaine”, estime Vincent Mortier.

“Si on prévoit une croissance de 2% en 2020 et une inflation de 2%, un taux américain à dix ans à 3% n’est pas stupide”.

PLUS DE POTENTIEL

Côté actions, le marché américain affiche des valorisations élevées mais pour de bonnes raisons, estime Vincent Mortier qui souligne la vigueur actuelle des indicateurs économiques et des résultats d’entreprises.

La progression continue de Wall Street, qui connaît la plus longue phase de hausse de son histoire, est aussi alimentée par des phénomènes de flux et par la faible volatilité, qui favorise mécaniquement les actifs risqués dans les portefeuilles, ajoute le gérant.

Vincent Mortier reconnaît qu’il est difficile pour l’heure d’aller contre le consensus favorable au marché américain aux dépens des actions européennes.

Celles-ci ont accusé une 24e semaine consécutive de sorties nettes. Depuis mars, les sorties nettes sur les fonds en actions européennes ont ainsi effacé l’intégralité des 51 milliards de dollars collectés de 2016 à 2018.

“Si l’on investit à très court terme (d’ici novembre), il y a plus de potentiel aux Etats-Unis qu’en Europe” dit Vincent Mortier. “Les marchés européens devraient toutefois relativement mieux se porter en 2019 et 2020”.

Depuis le début de l’année, l’indice large américain S&P 500 affiche un gain de 8,37% contre un repli de 0,82% pour l’indice paneuropéen Stoxx 600.

Edité par Marc Angrand

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