August 28, 2018 / 11:09 AM / 3 months ago

Les Bourses prudentes malgré l'embellie sur le front commercial

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes montent prudemment mardi à mi-séance et Wall Street devrait suivre le mouvement, l’accord commercial conclu entre les Etats-Unis et le Mexique ne suffisant pas à éloigner tous les nuages pesant sur les marchés.

Les principales Bourses européennes montent prudemment mardi à mi-séance. À Paris, le CAC 40 prend 0,24% vers 10h52 GMT. À Francfort, le Dax gagne 0,18% et à Londres, le FTSE progresse 0,33%. /Photo prise le 23 août 2018/REUTERS/Peter Nicholls

Les craintes d’une récession mondiale provoquée par une guerre commerciale n’ont pas disparu tandis qu’en Europe, les inquiétudes entourant l’Italie et le Brexit demeurent vivaces.

À Paris, le CAC 40 prend 0,24% à 5.492,24 vers 10h52 GMT. À Francfort, le Dax gagne 0,18% et à Londres, le FTSE progresse 0,33%.

L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 (+0,05%), l’EuroStoxx 50 de la zone euro (+0,02%) et le Stoxx 600 (+0,08%) varient peu.

Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en hausse de 0,1% à 0,2% après les records inscrits la veille, signe que les investisseurs sont loin de triompher malgré l’avancée sur le front du commerce.

Les Etats-Unis et le Mexique ont annoncé être parvenus à un nouvel accord commercial appelé à se substituer à l’Alena, l’Accord de libre-échange nord-américain - fustigé par Donald Trump - et dit vouloir entamer rapidement des pourparlers avec le Canada.

L’embellie sur l’épineuse question commerciale se confirme ainsi au lendemain de l’annonce par la Maison blanche que le président américain et la chancelière allemande, Angela Merkel, avaient l’un et l’autre apporté leur soutien aux discussions commerciales en cours entre Washington et Bruxelles “pour approfondir leur relation commerciale”.

LES RESSOURCES DE BASE ET L’AUTOMOBILE BRILLENT

Ces timides progrès interviennent au moment où le cabinet de consultants KPMG prédit une contraction de l’économie mondiale de plus de 3% en cas d’intensification de la guerre des tarifs douaniers.

En attendant, les secteurs les plus sensibles au dossier du commerce international sont plébiscités en Europe : l’indice Stoxx des ressources de base prend 1,61% et celui de l’automobile 1,21%.

Le compartiment automobile profite en outre de plusieurs relèvements de recommandation sur des valeurs du secteurs, à l’instar de Renault (+2,27%), relevé à “neutre” par Credit Suisse, et de Faurecia (+4,21%), recommandé à l’achat par Kepler Cheuvreux.

Les facteurs de prudence restent néanmoins présents sur les marchés actions, particulièrement en Europe, où les investisseurs sont confrontés aux risques d’une dégradation des relations entre Rome et Bruxelles sur la question des déficits et à l’absence persistance d’accord entourant la sortie prochaine du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Le vice-président du conseil italien, Luigi Di Maio, a dit dans un entretien publié mardi que le déficit public du pays pourrait dépasser la barre de 3% du produit intérieur brut (PIB) l’an prochain - un seuil limite fixé par le traité européen de Maastricht - afin de financer les mesures promises par son gouvernement.

Ces déclarations ont provoqué de nouvelles tensions sur les taux souverains italiens: le rendement des obligations à dix ans a touché dans la matinée un plus haut depuis la fin mai, 3,211%, avant de repartir à la baisse.

Du côté des actions, la Bourse de Milan recule de 0,45%, pénalisée notamment par ses banques comme UniCredit (-1,84%) et Ubi Banca (-2,77%).

UN “HARD BREXIT” SE DESSINE

Les investisseurs se préparent aussi à la perspective de plus en plus probable d’un “hard Brexit”, à savoir une sortie du Royaume-Uni du bloc européen sans accord préalable avec Bruxelles.

La Première ministre, Theresa May, a affirmé mardi sur la chaîne Sky News que ce scénario “ne serait pas la fin du monde”.

Il pèse toutefois sur la livre sterling, qui a touché un plus bas de près d’un an face à l’euro.

De son côté, le dollar, pénalisé par le regain général d’appétit pour le risque, a touché son plus bas niveau depuis le 31 juillet face à la devise européenne, qui remonte à 1,17. Quant à l’indice dollar, qui mesure l’évolution du billet vert face à un panier de référence, il est retombé à ses niveaux du début du mois.

Sur le marché pétrolier, les cours du brut évoluent en légère hausse, soutenus par les signes d’une augmentation toujours modérée de la production des pays membres de l’Opep et d’une amélioration de la demande de raffinage en Chine.

Le cours du Brent avoisine 76,50 dollars le baril et celui du brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 68,85 dollars.

Édité par Blandine Hénault

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