May 31, 2018 / 9:47 AM / 4 months ago

Zone euro: Inflation annuelle bien supérieure aux attentes

BRUXELLES/FRANCFORT (Reuters) - L’inflation dans la zone euro a augmenté nettement plus que prévu en mai en raison de la hausse des coûts énergétiques, ce qui pourrait soulager une Banque centrale européenne (BCE) désireuse de normaliser progressivement sa politique monétaire.

L'inflation de la zone euro a augmenté nettement plus que prévu en mai en raison de la hausse des coûts énergétiques, ce qui pourrait soulager une Banque centrale européenne (BCE) désireuse de normaliser progressivement sa politique monétaire. /Photo d'archives/REUTERS/Kai Pfaffenbach

L’inflation annuelle dans les 19 pays partageant la monnaie unique s’est établie à 1,9% en mai, a annoncé Eurostat jeudi. Le mois précédent, elle était de 1,2%. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient une inflation de 1,6%.

En excluant l’énergie et les produits alimentaires, l’inflation, dite de base, a également augmenté, à 1,3% contre 1,1% en avril. Hors alcool et tabac, l’inflation de base est ressortie à 1,1% après 0,7% en avril.

La BCE a pour mandat de maintenir l’inflation en deçà, mais proche de 2%, une tâche qui s’avère ardue en dépit d’une croissance économique au plus haut depuis dix ans.

Pour la stimuler, l’institut de Francfort achète massivement des actifs, dans le cadre d’un programme d’assouplissement quantitatif (QE) de 2.550 milliards d’euros.

Cependant, la crise politique en Italie risque de relancer les turbulences sur les marchés à la périphérie de la zone euro et de remettre en cause la sortie du QE.

“L’accélération de l’inflation intervient alors que la montée des tensions commerciales et le blocage politique persistant en Italie continuent de peser sur le sentiment général. Sous de nombreux aspects, cela ressemble au pire cauchemar possible pour une banque centrale et place la BCE face au risque d’un choc de stagflation classique, avec une inflation en hausse et une croissance qui ralentit”, commente Moritz Degler, économiste d’Oxford Economics.

Le rendement italien à dix ans a atteint un plus haut de quatre ans cette semaines et les rendements espagnols, portugais et grec ont également grimpé.

UN ARGUMENT EN FAVEUR DE LA NORMALISATION MONÉTAIRE

Benoît Coeuré et Sabine Lautenschläger, tous les deux membres du directoire de la BCE, ont plaidé ces derniers jours pour que la banque mette un terme au programme QE dans le courant de l’année et les chiffres d’inflation publiés jeudi devraient renforcer leur position.

La BCE se réunira le 14 juin et publiera à cette occasion de nouvelles prévisions économiques mais elle ne devrait vraisemblablement prendre une décision sur ses rachats d’actifs que lors de sa réunion du 26 juillet.

Alors que la grande majorité des investisseurs s’attendent à ce que la BCE mette un terme au programme QE d’ici décembre, après une brève période de transition, les anticipations d’une première hausse des taux de la banque ont fortement évolué ces dernières semaines. Les investisseurs la situent entre avril et septembre 2019.

L’estimation flash d’Eurostat n’inclut pas le chiffre de l’inflation en rythme mensuel.

Le rendement à dix ans allemand, référence pour l’ensemble de la zone euro, est repassé sous 0,375%, contre 0,407% juste avant 11h00, et l’euro est retombé sous 1,17 dollar.

Eurostat a par ailleurs indiqué que le taux de chômage dans la zone euro était tombé à 8,5% en avril contre 8,6% en mars. Les économistes prévoyaient en moyenne une baisse à 8,4%.

Avec Marc Angrand, Claude Chendjou et Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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