May 29, 2018 / 11:09 AM / 4 months ago

La crise italienne provoque une nouvelle poussée d'aversion au risque

PARIS (Reuters) - La crise politique italienne continue de peser sur les marchés en Europe mardi, pénalisant aussi bien les indices actions, et les valeurs bancaires en particulier, que l’euro et les obligations des pays périphériques de la zone euro.

La crise politique italienne continue de peser sur les marchés en Europe mardi. À Paris, le CAC 40 recule de 1,19% à 5.443,51 vers 10h40 GMT. À Francfort, le Dax abandonne 1,32% et à Londres, le FTSE se replie 1,25%. /Photo d'archives/REUTERS

À Paris, le CAC 40 recule de 1,19% à 5.443,51 vers 10h40 GMT. À Francfort, le Dax abandonne 1,32% et à Londres, le FTSE se replie 1,25%.

L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 cède 1,26%, l’EuroStoxx 50 de la zone euro 1,39% et le Stoxx 600 1,27%.

L’aversion au risque pourrait aussi se propager à Wall Street, où les contrats à terme sur les indices new-yorkais signalent une ouverture en repli de l’ordre de 0,4% à 0,6%.

A Milan, le Footsie Mib décroche encore de 2,74%, pour tomber en territoire négatif depuis le début de l’année.

Le président italien, Sergio Mattarella, a nommé lundi l’économiste Carlo Cottarelli, un ancien du Fonds monétaire international (FMI), à la tête d’un gouvernement de transition chargé de préparer le budget 2019 et d’organiser des élections législatives anticipées.

Le scrutin, qui aura lieu à l’automne ou au début de l’an prochain, est la conséquence du refus du président Sergio Mattarella d’accepter l’eurosceptique Paolo Savona comme ministre de l’Economie d’un gouvernement de coalition entre le Mouvement 5 Etoiles (M5S), anti-système, et la Ligue d’extrême droite.

Les investisseurs redoutent désormais que les nouvelles élections qui s’annoncent ne se transforment en référendum sur l’appartenance de l’Italie, troisième économie de la zone euro, à l’union monétaire.

“Nous scénario central reste que (...) la crise italienne ne devrait pas dégénérer dans les prochains mois et que le prochain gouvernement formé après les nouvelles élections ne sortira pas l’Italie de l’euro”, explique toutefois Holger Schmieding, économiste chez Berenberg.

“Comme l’a montré le refus du président Mattarella de nommer l’eurosceptique Paolo Savona comme ministre de l’Economie, l’équilibre constitutionnel en Italie fonctionne. Même si Salvini (le chef de la Ligue, ndlr) ou di Maio (chef de file du M5S) remportent les nouvelles élections, ils auront toujours besoin du feu vert de Mattarella et seront tenus de respecter les règles la Cour constitutionnelle italienne.”

“Toutefois, le risque que les tensions augmentent est important et le risque que l’Italie puisse, à un moment donné à l’avenir, décider de quitter l’euro n’est pas complètement négligeable”.

En raison des tensions croissantes en Italie et de la hausse des cours du pétrole, l’économiste a ramené ses prévisions de croissance de la zone euro de 0,5% à 0,4% pour le deuxième trimestre et de 0,6% à 0,4% pour le troisième.

LES TAUX ITALIENS S’ENVOLENT

Selon l’institut allemand Sentix, le nombre d’investisseurs qui s’attendent à voir la zone euro perdre au moins un Etat membre dans les prochains mois a augmenté à cause de la crise politique en Italie.

Dans le même temps, la probabilité estimée d’une hausse de taux de la Banque centrale européenne d’ici la mi-2019 a chuté à 30%.

L’euro est ainsi retombé sous la barre de 1,16 dollar; à 1,1553 en milieu de journée, il évolue à son plus bas niveau depuis juillet dernier.

Sur le marché obligataire, les rendements italiens poursuivent leur envolée: le rendement des obligations d’Etat à deux ans prend 158 points de base à 2,477%, son plus haut niveau depuis 2013. Le deux ans italien est ainsi en passe d’enregistrer sa plus forte hausse sur une séance depuis 26 ans, avant le lancement de l’euro.

Les taux longs suivent le mouvement, le dix ans prenant 42 points de base, à 3,129%.

L’écart de rendement (“spread”) entre les titres à dix ans italiens et allemands a brièvement dépassé 300 points de base, pour atteindre son plus haut niveau depuis 2013.

Le 10 ans allemand et le rendement des Treasuries de même échéance profitent à plein de leur statut d’actif refuge, retombant respectivement à 0,293% et 2,8622%. L’or (+0,39%), le yen et le franc suisse jouent également leur rôle de valeurs sans risque.

LES BANQUES DÉGRINGOLENT

L’effet de contagion aux autres pays d’Europe du Sud se poursuit: les rendements à 10 ans des emprunts espagnols et portugais se tendent d’une dizaine de points de base; la Bourse de Madrid chute de 2,28% et l’indice PSI 20 de Lisbonne perd 2,36%.

En Espagne, le gouvernement de Mariano Rajoy est menacé par une affaire de corruption mettant en cause le Parti populaire. Le Parlement se prononcera vendredi sur une motion de défiance déposée contre le président du gouvernement.

Aux valeurs, les banques italiennes dégringolent et entraînent dans leur sillage leurs rivales espagnoles et portugaises. Banco Comercial Português chute de 7,26%, Banco BMP lâche 6,95% et Banco de Sabadell perd 6,22%.

L’indice Eurostoxx 50 des banques de la zone euro recule de 4,1%.

A Paris, Crédit Agricole (-3,94%), BNP Paribas (-3,71%), Axa (-2,96%) et Société générale (-2,99%) accusent les plus forts replis du CAC 40. Au sein du SBF 120, Amundi perd 5,1%.

Seuls Safran (+0,65%) et Airbus (+0,39%) surnagent au sein du CAC 40 grâce au repli de l’euro.

Iliad avance également de 0,91% après avoir lancé mardi son offensive sur le marché italien en dévoilant une offre mobile, unique et sans engagement, à 5,99 euros par mois.

Édité par Marc Angrand

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