May 21, 2018 / 4:27 PM / 5 months ago

L'Opep surveille de près la production vénézuélienne

LONDRES (Reuters) - L’Opep surveille de près la production de pétrole au Venezuela afin de déterminer si son recul nécessite une action de sa part, dans un contexte de hausse des prix et de repli des stocks mondiaux, rapportent des sources au fait de la situation.

L'Opep surveille de près la production de pétrole au Venezuela afin de déterminer si son recul nécessite une action de sa part, dans un contexte de hausse des prix et de repli des stocks mondiaux. /Photo d'archives/REUTERS/Leonhard Foeger

Des responsables du cartel avaient plus tôt dans l’année minimisé les déboires du Venezuela, l’un des 14 Etats membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole.

La chute de sa production a permis à l’Opep de réduire ses extractions au-delà de ce que prévoyait l’accord d’encadrement de l’offre mis en place avec la Russie et d’autres pays producteurs.

L’accord dit Opep+, visant à réduire la production cumulée de 1,8 million de barils par jour (bpj) pour désengorger le marché mondial et faire remonter les cours, est entré en vigueur en janvier 2017 et a été prolongé jusqu’à la fin de l’année.

Il sera passé en revue lors de la prochaine réunion régulière de l’Opep prévue le 22 juin à Vienne.

Le taux de conformité à l’accord a atteint 166% en avril, un niveau record qui montre que le cartel est bien au-dessus de ses objectifs de réduction de la production.

“Peut être que si le marché est tendu, il y aura besoin de procéder à un ajustement”, a dit un délégué de l’Opep, évoquant la réunion ministérielle de juin.

Les stocks de pétrole mondiaux ont baissé pour se rapprocher de leur moyenne sur cinq ans, objectif visé par l’Opep et ses alliés.

La baisse de l’offre et les craintes de perturbations dans l’approvisionnement en raison des sanctions américaines infligées à l’Iran ont fait grimper les cours au-dessus des 80 dollars la semaine dernière pour la première fois depuis novembre 2014.

Le Brent, référence du marché, se traitait aux alentours de 78,50 dollars lundi.

L’offre iranienne ne pâtit pas encore de la décision des Etats-Unis de se retirer de l’accord international sur le programme nucléaire iranien et des nouvelles sanctions promises.

Le ministre de l’Energie des Emirats arabes unis, pays qui assure actuellement la présidence de l’Opep, a déclaré la semaine dernière que l’Opep avait d’autres sujets de préoccupation que ce retrait américain. Il a évoqué notamment la situation du Venezuela.

UNE BAISSE QUI DURE

Avant la réunion de Vienne, la production vénézuélienne sera évoquée mardi et mercredi à Djeddah lors d’une réunion de la commission technique mixte (JTC) qui assure le suivi de l’accord Opep+.

La production vénézuélienne a touché un plus bas depuis plusieurs années de 1,505 million de bpj en avril, soit près de 500.000 bpj en deçà de l’objectif fixé par l’Opep.

Le président Nicolas Maduro a été réélu dimanche à la présidence du Venezuela au terme d’un scrutin dont avaient été écartés ses principaux opposants.

“Ce sera évoqué à la prochaine réunion, c’est certain”, a dit un autre délégué du cartel au sujet de la production vénézuélienne.

L’Opep surveille de plus près la situation alors que les stocks mondiaux s’approchent de l’objectif initial de l’accord d’encadrement de l’offre.

Les stocks des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont chuté en mars pour n’être plus que neuf millions de barils au-dessus de leur moyenne quinquennale alors qu’ils étaient supérieurs de 340 millions de barils à ce niveau en janvier 2017, selon les chiffres de l’Opep.

Lorsque les stocks étaient plus élevés, des responsables du cartel avaient relativisé le repli de la production vénézuélienne.

A ce stade, l’Opep n’est pas pour autant convaincue de la nécessité d’un ajustement de l’accord en juin.

“Nous devrions laisser l’accord courir”, a dit un troisième délégué, ajoutant que d’éventuels ajustements pourraient intervenir plus tard dans l’année si nécessaire.

Avec la contribution de Rania El Gamal, Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Véronique Tison

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