April 5, 2018 / 5:42 AM / 8 months ago

La CDP va entrer au capital de Telecom Italia

MILAN (Reuters) - La CDP, établissement public italien, a annoncé jeudi qu’elle allait progressivement acquérir jusqu’à 5% du capital de Telecom Italia pour défendre les intérêts de l’Etat italien dans une entreprise jugée stratégique et dont le principal actionnaire, Vivendi, est engagé dans un bras de fer avec le fonds activiste Elliott.

La CDP, établissement public italien, a annoncé jeudi qu'elle allait progressivement acquérir jusqu'à 5% du capital de Telecom Italia pour défendre les intérêts de l'Etat italien dans une entreprise jugée stratégique et dont le principal actionnaire, Vivendi, est engagé dans un bras de fer avec le fonds activiste Elliott. /Photo d'archives/REUTERS/Alessandro Bianchi

L’intervention de l’Etat italien intervient au moment où Elliott, qui détient potentiellement 5,74% de Telecom Italia (TIM), s’emploie à contester la manière dont Vivendi, qui possède quasiment 24%, gère l’opérateur.

La CDP, émanation du Trésor italien, a précisé que cet investissement dans l’ancien monopole des télécoms en Italie était effectué avec une perspective de long terme.

“Un tel investissement rentre dans le cadre de la mission institutionnelle de la CDP de soutien des infrastructures stratégiques nationales et vise à constituer un appui à la trajectoire de développement et de création de valeur (...) dans un secteur d’intérêt primordial pour le pays”, écrit la CDP dans un communiqué.

Confirmant des informations de presse, une source proche du dossier a auparavant déclaré à Reuters que la CDP comptait effectuer cet investissement à temps pour pouvoir participer à l’assemblée générale de TIM du 24 avril.

“L’objectif de la CDP est de devenir un actionnaire financier stable et de long terme (...) garantissant l’’italianité’ de la société”, a observé cette source.

La CDP a l’intention d’acquérir sa participation sur le marché ou par blocs, a ajouté la source.

L’action TIM a fini jeudi en hausse de 5% à 0,7978 euros, donnant à une participation de 5% une valeur d’environ 600 millions d’euros.

Une source a dit que Vivendi ne considérait pas comme hostile une éventuelle prise de participation de la CDP, ajoutant que le groupe français accueillait tous les actionnaires tant qu’ils créent de la valeur pour la société.

Depuis qu’il a commencé à investir dans Telecom Italia en 2015, Vivendi n’a cessé de raffermir son emprise sur l’opérateur, ce qui a créé des tensions avec les autorités italiennes.

BATAILLE AUTOUR DU CONSEIL D’ADMINISTRATION

“Ce qui m’étonne c’est qu’on ne l’ait pas fait plus tôt; c’est un actif stratégique, il y a un problème de contrôle et nous ne savons pas ce que Vivendi veut faire”, observe Roberto Lottici, gérant d’Ifigest. “La CDP a bien fait de prendre cette posture de sauvegarde.”

L’initiative de la CDP intervient aussi après la décision de Telecom Italia de séparer son réseau du reste de ses activités et de le placer dans une nouvelle structure baptisée NetCo, qu’il contrôle totalement.

Certains responsables politiques italiens, et plus récemment Elliott, ont prôné la création d’un seul réseau national via la fusion de NetCo avec son concurrent à haut débit Open Fiber.

Le président de la CDP, Claudio Costamagna, a fait état la semaine dernière de discussions entre l’établissement public et le fonds activiste américain, sans en préciser le contenu.

Toute décision relative à NetCo devra bénéficier de l’aval de l’Etat italien qui le considère comme un actif d’importance stratégique.

Telecom Italia doit tenir deux assemblées générales, le 24 avril et le 4 mai.

Elliott a réclamé le remplacement de six membres du conseil d’administration nommés par Vivendi, dont le président, et président du directoire de Vivendi, Arnaud de Puyfontaine, à l’occasion de la prochaine AG. Mais huit membres du conseil d’administration, nommés par Vivendi, ont démissionné peu après pour provoquer un vote sur l’ensemble du conseil.

Elliott estime qu’il ne sera pas nécessaire pour les actionnaires de TIM de choisir un nouveau conseil d’administration en mai s’ils approuvent dès ce mois-ci ses administrateurs nominés. TIM pense au contraire que même si les candidats d’Elliott sont adoubés en avril, un vote devra avoir lieu en mai pour élire un nouveau conseil d’administration.

Vivendi a présenté jeudi soir ses 10 candidats au conseil d’administration et proposé notamment Arnaud de Puyfontaine comme président non exécutif.

“L’entrée de la CDP dans le capital de TIM pourrait porter l’action à court terme, soutenir les projets d’Elliott dans la perspective de l’AG du 24 avril et renforcer l’hypothèse d’un réseau unique (par fusion de NetCo) avec Open Fiber”, constate le courtier Banca IMI.

Avec Valentina Za, Giulia Segreti et Stephen Jewkes, Wilfrid Exbrayat et Bertrand Boucey pour le service français

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