April 3, 2018 / 11:11 AM / 6 months ago

Les exports de céréales plombés par les perturbations du rail

PARIS (Reuters) - Déjà en difficulté face à la concurrence russe et ukrainienne, les exportations françaises de céréales sont aussi handicapées par des problèmes logistiques, dont la longue grève perlée du trafic ferroviaire qui commence ce mardi 3 avril.

Déjà en difficulté face à la concurrence russe et ukrainienne, les exportations françaises de céréales sont aussi handicapées par des problèmes logistiques, dont la longue grève perlée du trafic ferroviaire qui commence ce mardi 3 avril. /Photo d'archives/REUTERS/Pascal Rossignol

Plus de la moitié des contrats signés impliquant une logistique ferroviaire pourraient ne pas être honorés en raison de ce mouvement social annoncé pour trois mois par les syndicats de la SNCF.

S’ajoutent des problèmes logistiques fluviaux en raison des fortes pluies survenues depuis le début de l’année et de travaux sur différents canaux.

Les camions, qui représentent la majorité du transport de céréales, sont quant à eux saturés et ne peuvent compenser les problèmes rencontrés par le fret fluvial et ferroviaire.

Depuis plusieurs années, les entreprises de transport routier sont attirées par des activités plus rentables que l’agriculture, comme le transport de gaz.

“Ce n’est pas élastique la logistique, on ne remplace pas en un claquement de doigt un camion par un train”, explique un courtier interrogé par Reuters. “Des opérateurs peuvent avoir un surcoût logistique de 2 à 4 euros la tonne, c’est colossal.”

UNE CAMPAGNE DÉJÀ MAL ENGAGÉE

Pour atteindre ses objectifs d’exportation de céréales, la France devait accélérer la cadence lors des trois derniers mois de cette campagne 2017/2018, mais la tâche paraît de plus en plus ardue.

Après une année 2016/2017 noire pour les exportations françaises de céréales en raison d’événements climatiques, l’année 2017/2018 devait être l’année de la reconquête des parts de marché perdues.

Las ! Les exports français font grise mine et sont en retard par rapport à leurs objectifs.

De 10,2 millions de tonnes au début de la campagne, les exports vers les pays tiers ont été abaissés à 8,5 millions de tonnes par l’organisme public FranceAgriMer.

La faute à des exportations de céréales record de Russie et d’Ukraine, qui concurrencent les céréales françaises même sur les marchés historiques du Maghreb et d’Afrique subsaharienne.

“Nos clients se sont tournés vers d’autres origines puisqu’on ne peut plus alimenter les ports. A cause de la logistique, on va perdre des parts de marché cette année”, estime le même courtier.

Résultat, malgré trois mois de campagne restants, les différents acteurs pensent déjà à l’année prochaine.

“Je crains qu’on tire peu à peu le rideau sur l’origine France sur cette campagne. Le stock de report s’organise contraint et forcé.”

Signe de cette faiblesse logistique, les reports de stocks sont attendus à la hausse et principalement dans les régions agricoles éloignées des ports français, comme le Loiret ou la Bourgogne.

Clement Rouget, édité par Dominique Rodriguez

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