February 28, 2018 / 1:40 PM / 10 months ago

Le siège de Leclerc perquisitionnné par la DGCCRF

PARIS (Reuters) - Le groupe de distribution E.Leclerc a été la cible d’une perquisition de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, qui s’est achevée mercredi matin, a-t-on appris auprès de la DGCCRF.

Le groupe de distribution E.Leclerc a été la cible d'une perquisition de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, qui s'est achevée mercredi matin. /Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvignau

Cette perquisition, entamée mardi, visait le siège du numéro un de la distribution alimentaire en France, à Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, précise-t-on de même source.

Contacté par Reuters, le groupe E.Leclerc a précisé que ces investigations portaient, “comme prévu et annoncé”, sur les négociations commerciales annuelles entre les distributeurs et leurs fournisseurs, qui devaient s’achever ce mercredi.

“On s’étonnera d’une telle procédure, alors même que les négociations sont en cours et, pour l’heure, non abouties”, a déclaré une porte-parole. “Les années précédentes, Bercy attendait la signature des contrats avant d’exercer ses contrôles. Mais la période est aux annonces politiques.”

Selon cette porte-parole, “plusieurs grandes multinationales seraient à l’origine” de ces investigations.

Celles-ci “s’expliqueraient par la position d’E.Leclerc, opposé à l’augmentation des prix de vente aux consommateurs telle que prévue dans le projet gouvernemental débattu à l’Assemblée nationale”, qui prévoit une augmentation du seuil de revente à perte, a-t-elle poursuivi.

“Instruite par ces multinationales, l’administration veut s’assurer qu’E.Leclerc ne pourra pas contourner cette obligation de hausse en achetant à ces multinationales via une entité européenne”, a-t-elle ajouté.

E. LECLERC DIT DÉFENDRE LES CONSOMMATEURS

La porte-parole se réfère au projet de loi fondé sur les conclusions des états généraux de l’alimentation et présenté le 31 janvier en conseil des ministres.

Ce texte prévoit notamment une remise à plat des règles du jeu en matière de relations commerciales et de partage de la valeur entre agriculture, transformation et distribution.

Michel-Edouard Leclerc, PDG du groupe du même nom, avait d’emblée émis des réserves sur un projet de loi susceptible, selon lui, de pénaliser in fine les consommateurs.

“Les centres E.Leclerc rappellent qu’ils sont légalistes, mais comme toutes les organisations de consommateurs, ils sont opposés aux effets inflationnistes du projet de loi, qui ponctionnera le pouvoir d’achat des Français de manière importante”, a fait valoir la porte-parole du groupe.

Le distributeur reprend l’évaluation de l’organisation de consommateurs UFC-Que Choisir, selon laquelle cette perte de pouvoir d’achat pourrait atteindre cinq milliards d’euros.

Les augmentations prévues par le projet de loi “porteront pour plus de 70% sur les marques multinationales et ce alors même qu’aucun mécanisme, ni obligation, n’est imposé à ces industriels pour redistribuer cette manne aux agriculteurs français”, déplore le groupe.

Sa porte-parole assure que les centres E.Leclerc “resteront constructifs malgré les polémiques, respecteront l’esprit des états généraux de l’alimentation, mais feront tout pour éviter aux consommateurs un prélèvement aussi important sur leur pouvoir d’achat”.

Myriam Rivet et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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