3 octobre 2017 / 08:34 / dans 15 jours

Explosion des retards de paiement des PME avec la reprise

Les retards de paiement des PME ont explosé sous l'effet de la reprise qui met leur trésorerie sous tension, tandis que l'amélioration s'est poursuivie du côté des grandes entreprises, selon une étude publiée mardi. /Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes

PARIS (Reuters) - Les retards de paiement des PME ont explosé sous l‘effet de la reprise qui met leur trésorerie sous tension, tandis que l‘amélioration s‘est poursuivie du côté des grandes entreprises, selon une étude publiée mardi.

D‘après le baromètre annuel réalisé par le cabinet de juristes d‘affaires ARC et l‘Ifop, le retard de paiement moyen des PME est passé de 11,8 jours en 2016 à 14,5 jours cette année.

“Cette première phase de reprise économique est source de tensions pour la gestion de ces entreprises puisqu‘elle suppose la reprise des investissements avec une trésorerie encore fragile”, souligne Denis Le Bossé, président du cabinet ARC, cité dans un communiqué.

A l‘inverse, l‘amélioration amorcée l‘an dernier se confirme pour les grands groupes, avec un retard moyen passé de 10,4 jours l‘an dernier à 9,6 jours cette année.

Une tendance “sans doute (liée à) l‘effet de la politique du ‘name and shame’”, observe Denis Le Bossé en référence au fait que la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) publie sur son site depuis fin 2015 les noms de sociétés lourdement sanctionnées pour non respect des règles en la matière.

Selon ce baromètre, le profil des retards de paiement s‘est modifié avec une recrudescence des retards importants et une diminution des petits, à l‘inverse de la tendance relevée l‘an passé.

Entre 2016 et 2017, la proportion de “gros retards” - supérieurs à 30 jours - a bondi de 4% à 11% pour les PME et est passée de 9% à 20% pour les grands groupes.

A l‘inverse les “petits retards” - compris entre un et dix jours - ont diminué sur la période, à la fois pour les PME (de 58% en 2016 à 40% en 2017) et pour les grands groupes (de 57% en 2016 à 50% cette année).

DEUX LEVIERS JUGÉS EFFICACES

Interrogées sur les dispositifs envisageables pour réduire davantage les délais de paiement, les entreprises estiment à 56% que la publication des amendes sur les bases d‘informations légales serait efficace.

Un autre levier envisageable, jugé efficace par 31% des entreprises, serait la fixation d‘un délai légal maximal unique de 30 jours, sans dérogations sectorielles, pour remplacer la définition actuelle des délais qui “n‘est pas lisible et crée une confusion”, note Denis Le Bossé.

Autre enseignement de cette enquête : les délais de paiement entre PME prennent de l‘ampleur, à 15,3 jours en moyenne.

A titre de comparaison, les PME règlent leurs factures à destination des grands groupes avec 10,3 jours de retard, tandis que le retard moyen de paiement des grands groupes à l‘égard des PME s‘élève à 10,2 jours.

Pour Denis Le Bossé, “les pouvoirs publics doivent aujourd‘hui réfléchir à des solutions pour traiter cette nouvelle problématique (des délais de paiement entre PME), à commencer par le financement du besoin en trésorerie des PME qui reste trop coûteux.”

L‘enquête a été effectuée du 11 au 20 septembre auprès de 359 entreprises de 50 salariés et plus.

L‘Etat a durci à plusieurs reprises ces dernières années la lutte contre les retards de paiement des entreprises, jugés responsables d‘un quart des faillites de PME.

Myriam Rivet, édité par Julie Carriat

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