15 septembre 2017 / 17:39 / dans 6 jours

Vivendi notifie à Rome ses parts dans Telecom Italia

Vivendi a fait un geste d'apaisement envers les autorités italiennes en notifiant sa participation dans Telecom Italia, en application d'un décret sur les investissements étrangers dans des entreprises stratégiques italiennes bien qu'il en conteste l'application. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

PARIS (Reuters) - Vivendi a fait un geste d‘apaisement envers les autorités italiennes en notifiant vendredi sa participation dans Telecom Italia, en application d‘un décret sur les investissements étrangers dans des entreprises stratégiques italiennes bien qu‘il en conteste l‘application, a-t-on appris de source proche du dossier.

Le géant français des médias piloté par le milliardaire Vincent Bolloré est entré en 2015 au capital de l‘opérateur historique italien dont il est désormais le premier actionnaire avec près de 24%.

Un décret italien datant de mars 2012 stipule que les prises de participations dans les entreprises du pays jugées stratégiques doivent être notifiées aux pouvoirs publics dans un délai de dix jours, sous peine de sanctions.

“Cette notification, à titre volontaire, qu’aucun investisseur n’avait jamais été contraint de faire auparavant, est faite dans un esprit de collaboration avec le gouvernement italien”, a-t-on dit de source proche du dossier.

La source a par ailleurs précisé que cette notification était distincte de la procédure menée par la Consob, le gendarme des marchés financiers en Italie, qui a jugé mercredi que Vivendi contrôlait “de fait” Telecom Italia.

Vivendi a “formellement” contesté cet avis et a annoncé son intention de faire appel.

L‘influence croissante du groupe français en Italie est scrutée par les autorités politiques et réglementaires du pays depuis le groupe de médias s‘est imposé comme le deuxième actionnaire du diffuseur Mediaset, derrière la famille Berlusconi.

Le gouvernement cherche à savoir si Vivendi a contrevenu à une obligation de notifier un éventuel contrôle effectif de Telecom Italia, considéré comme une entreprise nationale stratégique.

S‘il aboutit à la conclusion que Vivendi exerce un contrôle de fait sur Telecom Italia (TIM), il pourrait considérer que les préconditions sont réunies pour lui permettre d‘exercer des pouvoirs spéciaux. Ceux-ci l‘autoriseraient à imposer une amende, à poser des conditions à Vivendi, voire à opposer son veto à des décisions qu‘il percevrait comme une menace contre les intérêts nationaux.

Le gouvernement italien devrait rendre une décision d‘ici la fin du mois, alors que se profile un sommet entre la France et l‘Italie le 27 septembre.

Rome a un délai de 15 jours, qui peut être prolongé de 10 jours, pour répondre à la notification effectuée ce vendredi par Vivendi, a précisé une autre source.

Gwénaëlle Barzic et Mathieu Rosemain, avec Alberto Sisto à Milan, édité par Cyril Altmeyer

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