13 septembre 2017 / 08:20 / il y a 2 mois

Shell met fin à un siècle de production pétrolière en Irak

LONDRES (Reuters) - Royal Dutch Shell va mettre fin à un siècle de production pétrolière en Irak pour se concentrer sur l‘exploitation plus rentable du gaz.

Un site pétrolier en Irak. Royal Dutch Shell a annoncé mercredi vouloir concentrer ses efforts sur le développement de sa coentreprise irakienne Basra Gas Company après avoir cédé à Bagdad ses parts dans le gisement pétrolier de Majnoun. /Photo prise le 23 août 2017/REUTERS/Essam Al-Sudani

Confirmant une information de Reuters, la compagnie pétrolière anglo-néerlandaise a annoncé mercredi qu‘elle s‘était entendue avec le ministère irakien du Pétrole de lui céder ses parts dans le gisement de Majnoon, près de Bassorah dans le sud du pays, après une modification des termes de son accord.

Ce contrat qui courait jusqu‘en 2030 accordait à Shell une part de 45% dans le gisement ouvert en 2010. La compagnie malaisienne Petronas a 30% et Bagdad détenait le solde.

Shell a aussi mis en vente sa participation de 20% dans le gisement de West Qurna 1, également dans le sud irakien, dont Exxon Mobil est l‘opérateur principal.

La banque d‘investissement Lazard est chargée de la vente, ont dit des sources du secteur à Reuters. Lazard n‘a pas donné suite à une demande de commentaire.

Le retrait de Shell du pétrole irakien témoigne des difficultés éprouvées par les opérateurs étrangers dans le pays. L‘Irak, membre de l‘Opep, détient des réserves de pétrole parmi les plus importantes du monde mais les contrats qu‘il propose n‘offrent que de faibles marges et le gouvernement a demandé aux compagnies étrangères de serrer leurs coûts après la chute des cours en 2014.

Shell a dit ne pas quitter l‘Irak, préférant concentrer ses efforts sur le développement de sa coentreprise de gaz Basra Gas Company. Le groupe anglo-néerlandais détient 44% de cette coentreprise qui traite du gaz extrait des champs de Rumaila, West Qurna et Zubair.

Shell a produit près de 20 millions de barils de pétrole en Irak en 2016, représentant environ 3% de sa production totale de brut, selon son rapport annuel.

Les termes précis de son contrat n‘ont pas été rendus publics et le groupe n‘a jamais détaillé ses résultats dans le pays mais des sources avaient indiqué qu‘il était mécontent d‘être payé en nature et d‘avoir une influence limitée sur la stratégie.

“En mai 2017, le ministère du Pétrole a appliqué une pénalité de rendement et un facteur de rémunération sur la coentreprise de Shell du gisement de Majnoon, qui ont eu un impact important sur le plan commercial”, a déclaré un porte-parole de Shell mercredi.

Shell a alors décidé qu‘il était dans l‘intérêt de toutes les parties de céder ses parts dans ce gisement au ministère du Pétrole irakien, a-t-il ajouté tout en soulignant que le groupe restait “très engagé” dans le gaz irakien.

Les compagnies étrangères font depuis longtemps pression sur l‘Irak pour qu‘il revoie ses conditions afin d‘encourager le développement de réserves que le pays évalue à 153 milliards de barils, soit les quatrièmes plus importantes de l‘Opep.

“Peut-être que cela va les faire bouger”, a dit un responsable d‘une autre compagnie étrangère présente en Irak.

Shell, via sa filiale Anglo Saxon Oil Company, faisait partie de la Turkish Petroleum Company, qui réunissait plusieurs compagnies européennes et avait obtenu de l‘Empire ottoman en 1912 une concession pour explorer le sous-sol de l‘actuel territoire irakien. De l‘or noir y avait été découvert 15 ans plus tard.

Catherine Mallebay-Vacqueur et Véronique Tison pour le service français

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