7 septembre 2017 / 12:39 / dans 18 jours

La BCE s'inquiète du risque pour l'inflation de la hausse de l'euro

Le siège de la Banque centrale européenne (BCE). La BCE a comme prévu confirmé la poursuite d'une politique monétaire ultra-accommodante jeudi, se réservant même la possibilité d'augmenter ses rachats d'actifs si nécessaire, même si la zone euro affiche ses meilleures performances économiques depuis la crise financière. /Photo prise le 10 juin 2017/REUTERS/Ralph Orlowski

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) doit prendre en compte l‘affaiblissement de l‘inflation provoqué par la vigueur de l‘euro alors qu‘elle se prépare à ralentir ses achats d‘actifs, a dit jeudi son président.

Mario Draghi, qui s‘exprimait après l‘annonce du maintien en l‘état de la politique monétaire, a ainsi laissé entendre que le resserrement de la politique monétaire pourrait s‘avérer plus progressif qu‘un certain nombre d‘intervenants de marché ne l‘anticipaient.

Cette éventualité a encore été renforcée par la révision en baisse par les équipes de la BCE de leurs projections d‘inflation pour l‘année prochaine et 2019, en grande partie en raison de l‘appréciation de l‘euro qui a gagné 13% contre le dollar depuis le début de l‘année, porté notamment par la solidité de la reprise économique au sein de la zone euro.

“Le résultat est que la BCE semble avancer dans ses projets de ralentissement du rythme d‘accommodation (monétaire) mais que l‘appréciation de l‘euro semble constituer un obstacle important pour le moment”, a résumé Rasmus Gudum-Sessingø (Handeslbank Capital Markets).

“Les perspectives à moyen terme pour l‘inflation ont été abaissées dans les projections des équipes (de la BCE) principalement en raison de l‘appréciation du taux de change, ce qui signifie que nous devrons prendre en compte cet élément dans notre panoplie d‘informations pour les décisions de politique (monétaire)”, a dit Draghi lors de la traditionnelle conférence de presse qui suit l‘annonce des décisions monétaires.

Il a ajouté qu‘il y avait un large consensus au sein du Conseil des gouverneurs pour considérer que la volatilité de la monnaie uniquereprésentait “une source d‘incertitude” dans la formulation de la politique monétaire.

L‘EURO REPASSE AU-DESSUS DE 1,20 DOLLAR

Soulignant le dilemme auquel la BCE est confrontée, l‘euro est repassé au-dessus du seuil de 1,20 dollar et a atteint un plus haut de neuf jours pendant que Draghi s‘exprimait.

“Si la BCE espérait freiner le renforcement de l‘euro aujourd‘hui, il est très possible qu‘elle n‘y soit pas parvenue”, a commenté Jonathan Chitty (Brown Shipley).

La BCE a pourtant confirmé la poursuite de sa politique monétaire ultra-accommodante, se réservant la possibilité d‘augmenter ses rachats d‘actifs si nécessaire, même si la zone euro affiche ses meilleures performances économiques depuis la crise financière.

Elle a maintenu ses taux à leurs niveaux actuels - nul pour le taux de refinancement, -0,40% pour le taux de dépôt, 0,25% pour le taux de facilité de crédit - et confirmé que ses rachats d‘actifs de 60 milliards d‘euros par mois se poursuivraient au moins jusqu‘en décembre.

“Si les perspectives deviennent moins favorables ou si les conditions financières ne permettent plus de nouvelles avancées vers un ajustement durable de l’évolution de l’inflation, le Conseil des gouverneurs se tient prêt à accroître le programme en termes de volume et/ou de durée”, a expliqué la banque centrale dans un communiqué.

Le principal problème auquel la BCE est confrontée pour décider du calendrier et du degré de ralentissement de ses achats d‘actifs réside dans la faiblesse persistante de l‘inflation en dépit d‘une croissance robuste.

Draghi a cité la vigueur de l‘euro comme l‘une des explications de l‘abaissement des projections d‘inflation, ramenées à 1,2% l‘année prochaine contre 1,3% en juin et à 1,5% en 2019 contre 1,6%, pour un objectif un peu inférieur à 2%.

Alors que le programme actuel d‘achats d‘actifs arrive à échéance fin décembre, ce qui ne laisse que deux réunions de politique monétaire pour annoncer d‘éventuels changements, le 26 octobre et le 14 décembre, Draghi a dit que les décisions seraient prises cet automne, “pour l‘essentiel en octobre.”

Des économistes interrogés par Reuters n‘attendaient aucun changement de cap ce jeudi mais ils pensent qu‘une réduction de 20 milliards d‘euros par mois des achats d‘actifs, au montant de 40 milliards, sera annoncée d‘ici la fin de cette année.

Wilfrid Exbrayat et Marc Joanny pour le service français

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