29 août 2017 / 11:50 / dans 3 mois

Nouvelles règles, édulcorées, pour les payes des dirigeants en Grande-Bretagne

LONDRES (Reuters) - Les sociétés cotées britanniques devront expliquer les écarts de rémunération entre leurs salariés et leurs dirigeants suivant de nouvelles règles quelque peu édulcorées par rapport à ce que projetait la Première ministre Theresa May en la matière.

Les sociétés cotées britanniques devront expliquer les écarts de rémunération entre leurs salariés et leurs dirigeants suivant de nouvelles règles quelque peu édulcorées par rapport à ce que projetait la Première ministre Theresa May en la matière. /Photo d'archives/REUTERS/Kevin Coombs

Lorsque May avait pris ses fonctions l‘an passé, à l‘issue du référendum favorable au Brexit, elle s‘était promis de s‘attaquer à cette “face inacceptable” du capitalisme.

Elle voulait, entre autres choses, que les conseils d‘administration accueillent des salariés et que les actionnaires disposent d‘un droit de vote contraignant sur la paie des dirigeants mais, étant elle-même dans une position délicate, elle n‘a pu poursuivre jusqu‘au bout ses ambitions.

“Je crains que le gouvernement n‘ait botté en touche face à l‘opposition des entreprises et cela ne présage rien de bon pour ce qui est de s‘attaquer à ces gros problèmes”, a déclaré Frances O‘Grady, présidente du Trades Union Congress, à la radio BBC.

May est devenue un peu plus accommodante vis-à-vis des grandes entreprises depuis qu‘elle a perdu la majorité absolue à l‘issue de législatives anticipées. Elle se retrouve fragilisée au sein d‘un parti conservateur qui n‘est guère porté à être tatillon en matière de droit des sociétés.

La Première ministre s‘emploie aussi à arrondir les angles avec certains groupes professionnels influents et chefs de grandes entreprises pour qu‘ils soutiennent son plan de sortie de l‘Union européenne.

Suivant les nouvelles dispositions, qui s‘appliqueront à toutes les sociétés cotées en Bourse et qui doivent entrer en vigueur en juin 2018, les comités de rémunération devront prendre en considération l‘ensemble de la grille des rémunérations lorsqu‘ils définiront les objectifs des dirigeants.

Dans le but d‘assurer la présence des salariés au sein des conseils d‘administration, les entreprises auront le choix entre désigner un administrateur non-exécutif chargé de les représenter, créer un conseil ad hoc ou encore désigner un administrateur issus de leurs rangs.

Les grandes entreprises non cotées en Bourse seront elles invitées à adopter des règles de gouvernance plus rigoureuses.

Enfin, les sociétés cotées devront rendre public le rapport salarial entre le directeur général et le salarié moyen.

Les sociétés qui s‘exposeront à la fronde de plus de 20% de leurs actionnaires sur la question des salaires seront dûment consignées dans un registre public.

“Alors même que nous quittons l‘UE et définissons une autre voie pour notre pays, l‘économie que nous bâtissons doit réellement profiter à tous et non à quelques privilégiés seulement”, explique May, dans un document ministériel.

Selon une étude parue en mars, les patrons des 100 premières entreprises britanniques gagnent plus de 400 fois le salaire minimum.

Le publicitaire WPP et le pétrolier BP figurent parmi les poids lourds de la Bourse de Londres à avoir suscité l‘ire de leurs actionnaires ces dernières années, au point que tous deux ont dû réduire la rémunération de leurs dirigeants.

Les groupes professionnels tels que l‘Institute of Directors et l‘Investment Association saluent l‘approche pragmatique et sensée des nouvelles propositions du gouvernement.

“La (ministre) se propose d‘accorder au salarié un droit de regard plus aigü d‘une manière intelligente, en permettant aux entreprises de choisir la meilleure manière de mettre en oeuvre les nouvelles règles”, a dit Stephen Martin, directeur général de l‘Institute of Directors.

“Nos membres (...) estiment que tous les conseils d‘administration exposés à une grande insatisfaction des actionnaires ne font pas forcément ce qu‘il faut pour répondre aux préoccupations des investisseurs”, a observé Chris Cummings, directeur général de l‘Investment Association, un organisme qui gère les retraites des trois quarts des ménages britanniques.

“Ce registre public mettra en lumière ceux qui doivent faire mieux”.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny

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