23 août 2017 / 14:41 / dans 3 mois

A Jackson Hole, Yellen et Draghi devraient éviter de surprendre

PARIS (Reuters) - Principal rendez-vous de cette fin d‘été pour beaucoup d‘investisseurs, le “symposium économique” de Jackson Hole sera dominé vendredi par les discours de Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale (Fed), et de Mario Draghi, son homologue de la Banque centrale européenne (BCE), mais tous deux devraient surtout s‘efforcer d‘éviter de prendre les marchés à contre-pied.

Le "symposium économique" de Jackson Hole sera dominé vendredi par les discours de Janet Yellen (photo), la présidente de la Réserve fédérale (Fed), et de Mario Draghi, son homologue de la Banque centrale européenne (BCE), mais tous deux devraient surtout s'efforcer d'éviter de prendre les marchés à contre-pied. /Photo prise le 12 juillet 2017/REUTERS/Aaron P. Bernstein

La Fed comme la BCE doivent en effet s‘engager dans les mois à venir dans une nouvelle étape du resserrement très progressif de leur politique monétaire, la première en commençant à réduire son bilan, la deuxième en diminuant ses achats de dette. Mais le contexte économique et géopolitique pourrait les dissuader de préciser leurs intentions cette semaine.

Le symposium de Jackson Hole, créé par la Fed régionale de Kansas City, réunit depuis 1982 banquiers centraux et économistes dans une station de montagne d‘un peu plus de 10.000 habitants à près de 2.000 mètres d‘altitude dans le nord-ouest du Wyoming.

Consacré chaque année à un thème économique spécifique - “La promotion d‘une économie mondiale dynamique” cette année -, il fournit l‘occasion aux dirigeants des grandes institutions représentées d‘adresser des messages aux marchés en s‘affranchissant des contraintes des réunions officielles de politique monétaire.

C‘est ainsi à Jackson Hole qu‘en 2010 Ben Bernanke, le prédécesseur de Janet Yellen, avait ouvert la voie au “QE2”, la deuxième phase de la politique d‘assouplissement quantitatif de la Fed, en évoquant “des achats supplémentaires de titres à long terme”.

Mais cette année, ni Janet Yellen ni Mario Draghi ne devraient prendre le moindre risque, estiment la plupart des observateurs.

Confrontées l‘une comme l‘autre à la faiblesse persistante de l‘inflation, toujours inférieure à leur objectif en dépit de l‘amélioration de la croissance et de l‘emploi, la Fed et la BCE sont en effet tentées d‘attendre le plus tard possible avant d‘arrêter leurs décisions.

NE PAS DÉSTABILISER LES MARCHÉS

Cette incertitude est particulièrement importante pour Janet Yellen, la principale inconnue concernant la Fed portant sur le nombre et le calendrier des prochaines hausses de taux.

“Pour que la présidente soit en mesure de réunir un consensus clair en vue d‘une hausse de taux en décembre, une amélioration, même modeste, de l‘inflation de base sera sans doute nécessaire”, estiment les économistes de Deutsche Bank dans une note récente.

Pour Scott Brown, de Raymond James, les propos de Janet Yellen sur la politique monétaire “seront sans doute très généraux, sans référence précise à la situation actuelle, même si elle peut, à cette occasion, répéter que la réduction du bilan débutera ‘assez prochainement’ (ou peut-être simplement ‘prochainement’ en retirant le qualificatif ‘assez’). Cela ne serait pas surprenant.”

Au-delà de l‘inconnue de l‘inflation, un autre facteur est de nature à dissuader les banquiers centraux de toute annonce tonitruante: déjà déstabilisés par les tensions géopolitiques - le risque coréen en tête - et les turbulences politiques à Washington, les marchés ont montré ces derniers mois qu‘ils pouvaient réagir avec nervosité à la tonalité inattendue d‘un discours sur la politique monétaire.

Fin juin, l‘allocution de Mario Draghi lors du séminaire annuel de la BCE à Sintra, au Portugal, a ainsi débouché sur un malentendu, la plupart des investisseurs y voyant un premier pas vers une diminution prochaine des achats de titres de la banque centrale, ce qui a provoqué une remontée accélérée des rendements des emprunts d‘Etat de la zone euro, obligeant l‘institution à corriger le tir en précisant son propos.

Deux sources proches de la BCE ont d‘ailleurs déclaré à Reuters la semaine dernière que Mario Draghi ne devrait pas modifier son discours vendredi, conformément à la décision prise par le Conseil des gouverneurs en juillet d‘attendre l‘automne pour trancher le débat sur la réorientation de la politique monétaire.

édité par Blandine Hénault

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