18 mai 2017 / 11:25 / dans 6 mois

L'aversion au risque persiste avec les doutes sur Trump

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes creusent leurs pertes à mi-séance jeudi alors que Wall Street est attendue en nette baisse à l‘ouverture, l‘aversion au risque restant prédominante en raison des incertitudes autour de la présidence Trump, auxquelles s‘est ajoutée la crainte d‘une nouvelle crise politique au Brésil.

Les Bourses européennes creusent leurs pertes à mi-séance jeudi alors que Wall Street est attendue en nette baisse à l'ouverture. À Paris, le CAC 40 recule de 1,2% vers 10h45 GMT. À Francfort, le Dax abandonne 0,94% et à Londres, le FTSE perd 1,38%. /Photo d'archives/REUTERS/Benoît Tessier

À Paris, le CAC 40 recule de 1,2% à 5.251,84 points vers 10h45 GMT. À Francfort, le Dax abandonne 0,94% et à Londres, le FTSE perd 1,38%. L‘indice paneuropéen FTSEurofirst 300 se replie de 0,99%, l‘EuroStoxx 50 de la zone euro de 1,24% et le Stoxx 600 de 1,01%.

De leur côté, les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en repli compris entre 0,3% et 0,5%.

Les investisseurs optent pour la prudence face aux multiples controverses qui entourent Donald Trump. Mercredi, le département américain de la Justice a nommé l‘ancien directeur du FBI Robert Mueller comme procureur spécial pour enquêter sur les soupçons de collusion entre la Russie et l‘équipe de campagne de Donald Trump.

Selon des responsables américains informés du dossier, Michael Flynn et d‘autres conseillers de la campagne de Donald Trump ont été en contact avec des responsables russes et des personnes jugées proches du Kremlin à au moins 18 reprises entre avril et novembre 2016.

Cette polémique, qui intervient après une série de controverses depuis le limogeage début mai du directeur du FBI James Comey, fait peser de sérieux doutes sur la capacité de l‘administration Trump à faire adopter les réformes budgétaires, fiscales et réglementaires promises. Certains évoquent même désormais ouvertement la perspective d‘une procédure de destitution (“impeachment”) du président américain.

“Les opérateurs de marché vont être réticents à ouvrir de nouvelles positions longues (acheteuses) alors qu‘il y a des spéculations sur une destitution de Donald Trump. Je classerai cette journée comme une séance d‘aversion au risque; les traders semblent attendre de voir ce qui arrivera”, observe David Madden, analyste marchés chez CMC Markets.

Au-delà des marchés actions, les controverses entourant Donald Trump pénalisent le dollar, dont l‘indice de référence face à un panier de devises reste au plus bas depuis le 9 novembre et l‘élection du nouveau président américain.

Le billet vert recule face à l‘euro, qui évolue toujours à plus de 1,11 dollar, et se replie à un plus bas de près d‘un mois face au yen et au plus bas depuis l‘élection de Donald Trump le 8 novembre face au franc suisse.

L‘aversion au risque qui profite aux devises japonaise et helvétique se traduit également par une baisse des rendements obligataires, celui de l‘emprunt d‘Etat allemand à 10 ans retombant à 0,32%, au plus bas depuis le début du mois.

La séance est aussi marquée par des craintes entourant la situation politique au Brésil après la publication par le grand quotidien O Globo du témoignage d‘un homme d‘affaires selon lequel le président Michel Temer a acquiescé au versement d‘une somme d‘argent à un témoin clé dans le scandale Petrobras afin qu‘il reste silencieux.

“Il ne s‘agit pas du bruit politique habituel qui se propage sur les marchés, cela peut affecter la capacité du gouvernement à finaliser les réformes qui sont nécessaires pour que l‘appétit des investisseurs se maintienne”, estime Sebastian Barbe, responsable de la stratégie des marchés actions émergents chez Crédit Agricole.

Le fonds indiciel iShares MSCI Brazil coté à Londres chute de près de 15% et l‘indice MSCI des marchés émergents se replie de 1,14%.

En Europe, les valeurs les plus exposées au Brésil sont délaissées, à l‘instar d‘Edenred (-5,7%), de Casino (-3,7%) ou encore de Telecom Italia (-4,29%) et Santander (-4,18%, la plus forte baisse de l‘EuroStoxx 50).

De son côté, Fiat Chrysler perd 6,2%, la plus forte baisse de l‘Eurofirst 300, après des informations prêtant au département américain de la Justice l‘intention de déposer une poursuite en civil contre le constructeur sur ses émissions polluantes dès cette semaine en l‘absence d‘accord amiable.

Le britannique Berendsen s‘envole de près de 20% après l‘annonce d‘une offre d‘achat, repoussée pour l‘instant, émanant du groupe français de blanchisserie industrielle Elis (-6,5%). et

Parmi les plus fortes hausses du Stoxx 600, Burberry avance de 2,6% après la publication d‘un bénéfice trimestriel en baisse mais néanmoins supérieur aux attentes. Le groupe a prévenu que l‘évolution de la livre sterling devrait avoir un impact négatif cette année sur ses comptes.

La devise britannique évolue à plus de 1,30 dollar pour la première fois depuis près de huit mois, après avoir bénéficié de l‘annonce d‘une hausse plus forte que prévu des ventes au détail au Royaume-Uni en avril.

Sur le marché pétrolier, les cours du brut s‘inscrivent en nette baisse, les craintes concernant la surabondance de l‘offre persistant malgré la perspective du renouvellement des accords entre les producteurs pour réduire leurs pompages afin de désengorger le marché.

Blandine Hénault, édité par Marc Angrand

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