18 mai 2017 / 05:50 / il y a 3 mois

France: Retard d'investissement dur à combler malgré la reprise, selon Euler Hermes

Plus des deux tiers des PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises envisagent de maintenir ou d'augmenter leurs investissements cette année par rapport à 2016. /Photo d'archives/Dado Ruvic

PARIS (Reuters) - Plus des deux tiers des PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises envisagent de maintenir ou d'augmenter leurs investissements cette année par rapport à 2016, selon une étude publiée mercredi.

L'enquête de l'assureur crédit Euler Hermes sur l'investissement des entreprises reflète une nette amélioration de la situation puisque lors de la précédente édition de ce baromètre, en 2015, seules 58,6% du millier de PME et ETI sondées prévoyaient de maintenir ou d'accroître leurs investissements.

L'évolution est particulièrement marquée pour les entreprises qui envisagent d'augmenter leurs investissements cette année (36%, +8 points par rapport à 2015), tandis que la proportion de celles qui comptent les stabiliser a peu varié peu (32%, +1 point).

Malgré cette dynamique porteuse alimentée par un contexte favorable, le déficit d'investissement des entreprises par rapport à la tendance observée avant la crise - sur la période 2000-2007 - peine à se résorber.

Ce retard d'investissement, principalement lié à un manque de débouchés, a atteint un pic mi-2015, à 40 milliards d'euros. Les économistes d'Euler Hermes s'attendent à ce qu'il passe de 38 milliards à fin 2017 à 35 milliards fin 2018 mais "à ce rythme, il ne serait comblé qu'en 2032", soulignent-ils.

"EFFET TRANSISTOR"

Selon leur scénario, qui prend en compte l'impact des réformes économiques qu'Emmanuel Macron a annoncé vouloir mener (baisse de la fiscalité des entreprises, mesures à destination des ménages favorables à la demande et plan d'investissement public de 50 milliards d'euros sur cinq ans), l'investissement total progresserait de 2,5% cette année et sa croissance atteindrait 3,2% en 2018, soit la plus forte progression depuis 2007.

D'après les dernières données de l'Insee, l'investissement total (entreprises, ménages et administrations publiques) a progressé de 2,8% en 2016, après une augmentation de 1,0% l'année précédente.

Pour Ludovic Subran, chef économiste d'Euler Hermes, la dynamique de reprise du cycle d'investissement est enclenchée et elle ne se réalisera pas seulement du fait des mesures de soutien au programme du nouveau gouvernement, qui joueront un "effet transistor" d'amplification.

Les réformes envisagées devraient ainsi selon les calculs d'Euler Hermes contribuer à hauteur de 0,4 point à la progression de 2,9% de l'investissement des entreprises cette année et à hauteur d'un point à la hausse de 3,0% attendue en 2018.

En 2016, l'investissement des entreprises a bondi de 3,6%, selon l'Insee, notamment sous l'effet de la mesure de suramortissement.

"Les conditions d'alignement des planètes sont plus nettes" pour la reprise de l'investissement", a indiqué Ludovic Subran en rappelant qu'en 2015, lors de la précédente édition du baromètre, les mesures de soutien aux entreprises (pacte de responsabilité et CICE, crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) commençaient seulement à se mettre en place après le "choc fiscal" de 2012.

Avec le redressement de la demande, les situations de surcapacité de production sont devenues moins fréquentes : 28% des entreprises déclarent un taux d'utilisation des capacités de production inférieur à 80%, contre 31% en 2015.

L'enquête d'Euler Hermes met également en évidence une volonté d'investissement "offensif" pour 53% des entreprises: augmentation des capacités de production (27%, +3 points par rapport à 2015), recherche et développement (17%, -4 points) ou croissance externe (9%, +4 points).

Autre point positif: les entreprises ont renforcé leur trésorerie et elles sont 39% à anticiper une amélioration de leur trésorerie cette année et 54% à prévoir une stabilisation.

"Si on mélange tout cela, on a un cycle économique - notamment le consommateur - qui va mieux et des mesures qui devraient redonner de la confiance", donc "il n'y a pas de raison aujourd'hui de ne pas avoir une réalisation de ce cycle d'investissement", a souligné Ludovic Subran.

Myriam Rivet, édité par Juliette Rouillon

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