15 mai 2017 / 07:35 / il y a 3 mois

Western Digital veut bloquer la vente des puces de Toshiba

Western Digital a demandé un arbitrage international pour empêcher Toshiba de vendre sa filiale mémoires sans son consentement, ce qui pourrait compromettre le projet d'une augmentation de capital dont le conglomérat japonais a ardemment besoin. /Photo d'archives/Mike Blake

TOKYO (Reuters) - Western Digital a demandé un arbitrage international pour empêcher Toshiba de vendre sa filiale mémoires sans son consentement, ce qui pourrait compromettre le projet d'une augmentation de capital dont le conglomérat japonais a ardemment besoin.

Western Digital et Toshiba exploitent ensemble la principale usine de semi-conducteurs du groupe japonais mais le spécialiste américain des disques durs et des mémoires ne passe pas pour être bien placé pour le rachat du deuxième producteur mondial de puces NAND, en raison d'offres bien supérieures à la sienne, a expliqué une source au fait du dossier.

Une bataille juridique pourrait retarder ou mettre fin à une cession évaluée à 18 milliards de dollars et qui a suscité l'intérêt du fonds de capital investissement KKR, du sous-traitant taïwanais Foxconn et du fondeur américain Broadcom.

Le conglomérat japonais compte sur la vente de cette activité pour couvrir les milliards de dollars de dépassement de coûts de sa filiale nucléaire américaine Westinghouse qui en est au stade du dépôt de bilan.

Menacé d'une radiation de la Bourse de Tokyo en raison de comptes non certifiés, Toshiba a également besoin de cet apport de liquidités pour renforcer son bilan.

Le groupe japonais a dit lundi dans son document financier non audité prévoir une perte nette de 950 milliards de yens (7,7 milliards d'euros) sur l'exercice 2016-2017 clos en mars dernier et un actif net négatif de 540 milliards d'euros.

Après des mois de relations tumultueuses, Western Digital a dit avoir engagé une procédure d'arbitrage auprès de la Chambre de commerce internationale. Il veut que Toshiba renonce à son projet de déplacer ses actifs dans la coentreprise dans une entité séparée baptisée Toshiba Memory et qu'il renonce à la vente faute du consentement de SanDisk, filiale mémoires de Western Digital.

Satoshi Tsunakawa, le directeur général de Toshiba, estime qu'il n'y a aucune violation de l'accord de coentreprise et qu'en conséquence Western Digital n'a aucune raison valable de bloquer la procédure de vente. Il espère poursuivre le dialogue avec son associé américain.

Malgré ce nouveau rebondissement, l'action Toshiba a fini en hausse de 3,44% à la Bourse de Tokyo. Le conglomérat a bénéficié d'une autre information suivant laquelle les propriétaires de la centrale américaine nucléaire non achevée Vogtle auraient accepté de plafonner sa responsabilité financière. Westinghouse était le maître d'oeuvre du chantier, pour le compte de la société de services aux collectivités Southern Co, qui a décidé vendredi qu'elle reprendrait la gestion du projet.

ACCORD OU PAS D'ACCORD

Le différend avec Western Digital pourrait également saborder les projets de financement de Toshiba car ce dernier comptait présenter sa filiale de puces en garantie pour obtenir de nouveaux prêts de la part de ses créanciers, initiative qui, selon les banques, nécessite également l'aval de l'américain.

Toshiba soutient que, dans le cadre de leur contrat de coentreprise, aucune des parties ne peut bloquer un changement de contrôle initié par l'autre partenaire. Il fait valoir que Western Digital a lui-même a acquis sa participation dans leur coentreprise par le biais du rachat de SanDisk et n'a jamais demandé ni reçu son approbation.

Western Digital affirme, cependant, que Toshiba ne peut transférer les intérêts de la coentreprise dans une société affiliée et ensuite la vendre sans son consentement.

"Le recours à un arbitrage obligatoire n'était pas notre premier choix pour tenter de résoudre ce problème. Mais toutes nos autres démarches en vue de parvenir à une solution ont échoué à ce jour et nous pensons que l'action en justice est à présent une étape indispensable", a déclaré Steve Milligan, le directeur général de Western Digital.

De son côté, Tsunakawa a déclaré que Toshiba continuerait à avancer sur la voie de la cession, respectant son plan visant à achever le deuxième tour de table vendredi.

"Nous nous efforcerons de convaincre les parties intéressées de la légitimité de la vente de la filiale mémoires et d'aplanir leurs craintes", a-t-il dit.

Toshiba estime qu'un consortium formé par KKR et des investisseurs japonais soutenus par le gouvernement serait l'acquéreur le plus viable pour sa division, ont dit la semaine dernière des sources directement au fait du dossier.

Le gouvernement japonais a proposé à Western Digital de rejoindre le consortium en tant qu'investisseur minoritaire mais le groupe américain considère qu'une prise de contrôle de la filiale de Toshiba lui est indispensable pour être pleinement responsable des opérations, ont expliqué d'autres sources.

Claude Chendjou pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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