25 octobre 2016 / 09:32 / dans un an

Syngenta s'efforce de rassurer sur sa fusion avec ChemChina

Syngenta, le premier fabricant mondial de pesticides qui a accepté d'être racheté par le groupe public chinois ChemChina, a fait savoir mardi que le processus régulatoire avait pris du retard et devrait être achevé au premier trimestre 2017 et non plus avant la fin de cette année comme il l'avait initialement prévu. /Photo d'archives/REUTERS/Edgar Su

ZURICH (Reuters) - Syngenta, le premier fabricant mondial de pesticides qui a accepté d‘être racheté par le groupe public chinois ChemChina , s‘est efforcé mardi de rassurer les investisseurs en déclarant que son rachat devrait être finalisé au premier trimestre 2017.

A Pékin, une source proche du dossier a déclaré que ChemChina était disposé à proposer des concessions supplémentaires pour obtenir le feu vert de la Commission européenne à l‘acquisition de Syngenta, annoncée en février pour un montant de 43 milliards de dollars (39,6 milliards d‘euros).

Le secteur de l‘agrochimie est en pleine effervescence avec le mariage annoncé des géants américains Dow Chemical et DuPont, une fusion à 130 milliards de dollars, tandis que l‘allemand Bayer a mis sur la table 66 milliards de dollars pour reprendre Monsanto, le numéro un mondial des semences.

“Dans un contexte de consolidation de l‘industrie, les régulateurs dans l‘Union européenne et ailleurs ont récemment demandé des informations supplémentaires, et nous nous attendons maintenant à ce que le processus réglementaire se poursuive jusqu‘au premier trimestre 2017”, a déclaré dans un communiqué Syngenta, qui tablait jusqu‘ici sur une finalisation avant la fin de cette année.

“ChemChina et Syngenta restent pleinement engagés dans la transaction et confiants dans sa conclusion”, a ajouté le groupe suisse.

Interrogé ensuite par Reuters, le directeur général Erik Fyrwald a dit s‘attendre à ce que l‘opération soit finalisée vers la fin du premier trimestre et a ajouté n‘avoir eu aucune indication de l‘UE ou des Etats-Unis laissant penser qu‘elle serait rejetée, malgré l‘ouverture probable d‘une enquête approfondie de la Commission européenne.

L‘action Syngenta avait chuté de plus de 9% en Bourse lundi après l‘annonce par la CE que ChemChina n‘avait proposé aucune concession en vue du rachat du groupe suisse de pesticides et de semences.

La procédure d‘examen rapide de la CE court jusqu‘au 28 octobre, après quoi elle pourrait ouvrir une enquête approfondie. “Je pense que c‘est probable et nous nous y attendons, mais ce n‘est pas certain”, a dit Erik Fyrwald.

L‘exécutif européen s‘est refusé à tout commentaire à Bruxelles.

Le directeur général de Syngenta a également balayé les spéculations selon lesquelles le rapprochement serait compliqué par un possible projet de fusion entre ChemChina et un autre groupe chimique chinois, Sinochem.

“On parle régulièrement avec ChemChina d‘un grand nombre de sujets, comme vous pouvez l‘imaginer, et ils nous ont toujours assuré qu‘il n‘y avaient pas de discussions de fusion avec Sinochem”, a-t-il dit.

Selon la source à Pékin, ChemChina a soumis en septembre à la CE un plan prévoyant la vente d‘actifs de sa filiale d‘agrochimie Adama Agricultural Solutions pour quelque 20 millions de dollars. Ces cessions ont été jugées insuffisantes par la CE, qui a proposé un “menu plus détaillé de possibles remèdes” lors d‘une rencontre avec les deux groupes la semaine dernière, a-t-elle ajouté.

ChemChina est disposé à coopérer clairement avec la Commission européenne pour proposer des remèdes susceptibles de lui donner satisfaction, a encore dit la source.

Une porte-parole de ChemChina n‘était pas disponible dans l‘immédiat pour commenter ces informations.

Syngenta a fait état d‘un chiffre d‘affaires de 2,5 milliards de dollars (2,3 milliards d‘euros) au troisième trimestre, en baisse de 3% à taux de change constants. Les analystes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un repli de 0,5% à 2,6 milliards de dollars.

L‘action Syngenta regagnait 1,64% à 404 francs suisses mardi vers la mi-journée, bien en-dessous des 465 francs que propose ChemChina dans le cadre de son offre, qui comprend aussi un dividende spécial de cinq francs.

Les analystes de Liberum, qui ont une recommandation d‘achat sur la valeur, estiment qu‘elle pourrait redescendre à 357 francs en cas d‘échec de l‘offre. A cette valorisation s‘ajouterait l‘indemnité de rupture de trois milliards de dollars, ou 32 francs par action, que prévoit l‘accord.

avec Chen Aizhu à Pékin, Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Angrand

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