16 septembre 2016 / 20:27 / il y a un an

Wall Street a pâti du recul des valeurs financières

LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS

NEW YORK (Reuters) - La Bourse de New York a fini en légère baisse vendredi, plombée par un secteur financier qui a accueilli avec une certaine inquiétude le risque encouru par Deutsche Bank de se voir infliger une amende de 14 milliards de dollars (12,5 milliards d'euros) par la justice américaine.

L'indice Dow Jones a cédé 0,49%, soit 88,68 points, à 18.123,80. Le S&P-500, plus large, a perdu 8,10 points, soit 0,38%, à 2.139,16. Le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 5,12 points (-0,1%) à 5.244,57.

Sur l'ensemble de la semaine, le Dow gagne cependant 0,2%, le S&P 500 0,5% et le Nasdaq 2,3%, ce dernier, contrairement aux deux premiers, regagnant la quasi-totalité du terrain perdu la semaine d'avant, grâce notamment au bond hebdomadaire de 11,5% du titre Apple.

L'indice S&P regroupant les valeurs financières a reculé de 0,91%, accusant le repli sectoriel le plus marqué et enchaînant un deuxième recul hebdomadaire de suite.

La sanction réclamée par le département américain de la Justice à Deutsche Bank, qui entre dans le cadre d'une enquête sur la vente de titres adossés à des prêts immobiliers (MBS) et qui devrait désormais faire l'objet de plusieurs mois de négociations, est nettement supérieure à ce qu'anticipait la banque allemande, qui tablait jusqu'à présent sur un montant de trois milliards d'euros au plus.

"Le montant de l'amende de Deutsche Bank met une pression sur les valeurs financières, ce à quoi s'ajoute la probabilité de voir la Réserve fédérale laisser ses taux inchangés la semaine prochaine", a noté Thomas Wilson, gérant des investissements chez Brinker Capital.

HAUSSE D'INTEL, RECUL D'ORACLE

Plusieurs responsables de la Fed ont déclaré récemment que l'économie était en mesure de supporter un resserrement de la politique monétaire, ce qui a nourri les anticipations d'un relèvement de taux dès la réunion de la semaine prochaine, mais Lael Brainard, membre du conseil des gouverneurs de l'institution, a pris les observateurs à contre-pied lundi en tenant un discours nettement plus prudent.

La probabilité de voir la Réserve fédérale américaine décider d'une hausse de taux en décembre a cependant fortement augmenté depuis un mois, a montré jeudi une enquête de Reuters, la conviction des économistes s'étant renforcée ces dernières semaines malgré la faiblesse persistante de l'inflation et de la croissance des salaires.

En plus, les prix à la consommation aux Etats-Unis ont augmenté un peu plus qu'attendu en août, la hausse des loyers et des frais de santé compensant la baisse des prix à la pompe, montrent des statistiques publiées dans la journée, qui suggèrent une montée régulière de l'inflation susceptible de justifier un relèvement des taux d'intérêt dans les mois à venir.

Même si un environnement de taux ultra-bas est favorable au marché action dans son ensemble, il pèse sur les valeurs financières puisque le faible loyer de l'argent rogne sur les marges des banques.

Le compartiment pétrolier a pour sa part perdu 0,85%, deuxième baisse sectorielle la plus marquée, sur fond d'un recul de plus de 1% des cours du pétrole dans un contexte de craintes renouvelées concernant le déséquilibre entre l'offre et la demande.

L'or noir, comme les autres matières premières, a également pâti de la vigueur du dollar face à un panier de devises internationales (+0,79%) à la suite des données de l'inflation. L'or a reculé de 0,28% en raison de la bonne tenue du billet vert, cédant 1,5% sur l'ensemble de la semaine.

Comme le dollar, le prix des emprunts du Trésor a profité des statistiques relatives aux prix à la consommation.

Le compartiment technologique a été marqué à la fois par le bond de 3,04% du titre Intel, deuxième plus forte hausse du S&P 500 et par la chute de 4,7% de l'action Oracle, deuxième plus forte baisse de l'indice.

Dans la journée, Intel, numéro un mondial des semi-conducteurs, a relevé sa prévision de chiffre d'affaires trimestriel pour la première fois depuis plus de deux ans en arguant d'une amélioration de la demande d'ordinateurs individuels.

Jeudi, après la clôture, Oracle, le géant des progiciels, a publié des résultats trimestriels inférieurs aux attentes des analystes et a également déçu avec ses prévisions pour le trimestre en cours, ses solutions d'informatique dématérialisée ("cloud") ne suffisant pas à compenser le ralentissement de son activité traditionnelle de logiciels vendus sous licence.

Dans le secteur pharmaceutique, le titre Abbott Laboratories a pris 1,82%, figurant parmi les dix plus fortes hausses du S&P 500, après que Johnson & Johnson a dit dans la journée qu'il allait racheter l'activité soins ophtalmologiques du groupe pharmaceutique pour 4,33 milliards de dollars en numéraire.

L'action Jonhson & Johnson a terminé sur un repli de 0,32%.

Benoit Van Overstraeten pour le service français

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