18 juillet 2016 / 11:27 / dans un an

Baisse de 19,4% du bénéfice trimestriel de Bank of America

(Reuters) - Bank of America a annoncé lundi un bénéfice trimestriel en baisse de 19,4% et la deuxième banque américaine par l‘actif a fixé un nouvel objectif pour ses dépenses, la croissance des activités, du trading au crédit, n‘ayant pu compenser les effets d‘un environnement de taux ultra-bas.

Bank of America, la deuxième banque américaine par les actifs, a annoncé lundi un bénéfice trimestriel en baisse de 19,4% en raison d'une augmentation de ses provisions pour créances douteuses et d'un recul du revenu qu'elle tire de ses prêts /Photo d'archives/REUTERS/Mike Blake

Ce dernier affecte tout le secteur bancaire mais BofA y est particulièrement sensible en raison de la structure de son bilan, expliquent des analystes. Des particularités comptables liées aux taux d‘intérêt ont également grevé le bénéfice au deuxième trimestre.

Le directeur général Brian Moynihan a annoncé un nouvel objectif de dépenses de 53 milliards de dollars en 2018, soit 3,3 milliards de moins que les dépenses cumulées des quatre derniers trimestres.

La banque a déjà consacré plusieurs années à réduire ses coûts via le projet “New BAC” et poursuit actuellement une initiative en vue d‘améliorer la rentabilité appelée “Simplify and Improve” (simplifier et améliorer).

“Pouvons-nous augmenter les bénéfices sans que la situation des taux s‘améliore? Toute la question est là”, a dit Moynihan. “Nous pensons que nous le pouvons, absolument”.

L‘action gagnait 1,2% à 13,83 dollars à Wall Street en matinée. Elle a perdu 19% environ depuis le début de l‘année, tandis que l‘indice des bancaire KBW a cédé 8% dans le même temps.

Parmi les autres grands noms qui ont déjà publié leurs comptes de la période avril-juin, JPMorgan Chase a fait état d‘un recul de 1,6% de son bénéfice, Citigroup a vu le sien baisser de 14% et celui de Wells Fargo & a diminué de 3,5%. A chaque fois, un environnement de taux défavorable a joué un rôle certain.

Après avoir conservé des taux quasiment nuls pendant sept ans, la Réserve fédérale les a légèrement remontés en décembre 2015 mais les marchés doutent que le mouvement se poursuive sur le court terme, surtout après que les Britanniques eurent décidé le 23 juin par référendum de quitter l‘Union européenne (UE).

BofA a vu son produit net des intérêts diminuer de 12% à 9,2 milliards de dollars au deuxième trimestre, attestant de l‘effet déprimant de taux au ras du sol puisque ce solde mesure la capacité de la banque à faire de l‘argent en prêtant et en investissant dans divers instruments financiers.

“SURPRIS DANS LE BON SENS”

La banque paye également les conséquences de son choix d‘une méthode comptable dite FAS91, laquelle a une incidence sur le moment de l‘imputation des résultats liées aux va-et-vient des taux, a expliqué le directeur financier Paul Donofrio.

Cette méthode a amené la banque à ajuster à la baisse son résultat à hauteur d‘un milliard de dollars durant le trimestre, alors qu‘un an auparavant, la méthode FAS91 avait dopé ce même résultat. Donofrio a dit qu‘il étudiait la possibilité de changer de méthode comptable pour en finir avec la volatilité qu‘elle induit.

La banque a également inscrit une charge de 200 millions de dollars relatives à la valeur de son propre passif. L‘ensemble des ajustements négatifs a retranché six cents au résultat par action.

Globalement, le bénéfice net part du groupe est ressorti à 3,87 milliards de dollars (3,50 milliards d‘euros), soit 36 cents par action, sur le deuxième trimestre clos le 30 juin, contre 4,80 milliards (43 cents/action) un an plus tôt.

Hors exceptionnels, le bénéfice par action s‘inscrit à 37 cents, bien supérieur au consensus Thomson Reuters I/B/E/S qui le donnait à 33 cents.

Les dépenses non financières de BofA ont diminué de 3,3% à 13,49 milliards de dollars durant le trimestre.

Le produit net bancaire (PNB) ajusté de 20,8 milliards de dollars dépasse le consensus qui le donnait à 20,4 milliards.

Le ratio des dépenses aux produits, hors exceptionnels, était de 62% au deuxième trimestre, soit deux points de mieux qu‘un an auparavant.

Du côté des charges, les provisions pour créances douteuses ont augmenté de 25% à 976 millions de dollars, tandis que les charges pour litiges, un gros poste de dépenses pour la banque ces dernières années, ont représenté 270 millions de dollars et Moynihan pense qu‘elles seront de l‘ordre de 300 millions de dollars environ par trimestre à court terme.

La banque a souligné que le résultat net de chacune de ses quatre principales divisions a augmenté, en faisant abstraction des ajustements comptables et des actifs en voie de liquidation.

Le revenu de trading ajusté a progressé de 11,7% à 3,70 milliards de dollars. Celui de la division FICC (obligataire, changes, matières premières) a progressé de 22%, tandis que le revenu du trading actions s‘est tassé de 7,6%.

“Les résultats du T2 de Bank of America, quoique tumultueux, témoignent d‘un certain nombre d‘éléments qui ont surpris dans le bon sens”, observe l‘analyste Steven Chubak, de Nomura.

La banque avait dit le mois dernier qu‘elle rachèterait pour cinq milliards de dollars de titres après avoir passé avec succès la dernière série de tests de résistance imposés par la Réserve fédérale.

Wilfrid Exbrayat pour le service français

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