24 juin 2016 / 07:52 / dans un an

Le Brexit fait plonger les Bourses mondiales et la livre

LONDRES/PARIS (Reuters) - Les Bourses ont fortement reculé vendredi à travers le monde après le choc provoqué par le vote des Britanniques en faveur d‘une sortie de l‘Union européenne, qui a fait dévisser la livre sterling et secoue l‘ensemble des marchés mondiaux.

LA CLÔTURE DES BOURSES EUROPÉENNES

La saignée a été générale en Europe, tous les secteurs étant affectés, et en premier lieu les banques, dont l‘indice sectoriel Stoxx a plongé de 14,28%. A l‘inverse, les investisseurs se sont rués sur les valeurs refuges comme les obligations d‘Etat allemandes, le yen, le franc suisse ou l‘or.

Le choc est tel qu‘il pourrait contraindre la Banque centrale européenne (BCE) à assouplir de nouveau sa politique monétaire dans les mois à venir et la Réserve fédérale américaine à renoncer à ses projets de hausse des taux cette année.

À Paris, l‘indice CAC 40 a terminé la journée en baisse de 8,04% à 4.106,73 points, après un plus bas à 4.007,97. À Francfort, le Dax a cédé 6,82% alors qu‘à Londres, le FTSE-100 abandonnait 3,15%. A Milan, la baisse a dépassé 12%, la plus forte baisse jamais subie par le marché italien.

Après avoir dégringolé dès les premiers échanges, les grands indices ont regagné du terrain dans l‘après-midi après l‘ouverture de Wall Street, dont le recul reste relativement limité. Au plus bas, le “Footsie” londonien perdait 8,67%.

Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones affichait une baisse de 2,5%.

L‘indice EuroStoxx 50 de la zone euro a quant à lui perdu 8,62% et le FTSEurofirst 300 6,36%.

L‘onde de choc est mondiale puisque la Bourse de Tokyo a perdu près de 8%.

Les banques britanniques ont été les premières touchées avec des plongeons de 17,7% pour Barclays, 21% pour Lloyds et 18,04% pour Royal Bank of Scotland. Leurs homologues de la zone euro ont également souffert avec des reculs compris entre 14% et 23% pour les françaises BNP Paribas et Société générale, l‘allemande Deutsche Bank, l‘espagnole Banco Santander ou encore l‘italienne Intesa Sanpaolo.

Selon l‘opérateur Bats Europe, les volumes de transactions sur les marchés actions européens atteignaient 90,5 milliards d‘euros à 13h45 GMT, près du double de la moyenne enregistrée sur la période récente.

“RETOUR VERS LE FUTUR”

Mais c‘est la livre sterling qui a été la plus éprouvée. Au terme d‘une séance sans précédent en terme de volatilité, la devise britannique plongeait vers 15h30 GMT de 8,5% face au billet vert, à 1,3635 dollar, après être tombée à 1,3232, au plus bas depuis septembre 1985.

La devise britannique était montée jusqu‘à 1,5022 dollar dans la nuit lorsque les premiers sondages donnaient le camp du maintien vainqueur, avant de plonger de 18 cents, de loin la plus forte dégringolade jamais observée.

“Nous avons assisté à une baisse de 10% en six heures. C‘est tout simplement exceptionnel”, a commenté Nick Parsons, responsable de la stratégie sur le marché des changes chez NAB à Londres.

L‘euro est aussi malmené face au dollar en raison des doutes qui émergent pour l‘avenir de la construction européenne et il perd près de 2,4% à 1,1115 dollar.

Pour tenter de rassurer les investisseurs, les principales banques centrales de la planète ont réaffirmé être prêtes à fournir des liquidités en cas de besoin.

La Banque nationale suisse (BNS) a annoncée être intervenue pour freiner l‘envolée du franc suisse, dopé par son statut de valeur refuge.

Le yen est quant à lui passé sous les 100 yens pour un dollar pour la première fois depuis fin 2013 avant de revenir aux alentours de 102,25, alors qu‘il évoluait auparavant à 106,81.

Le vote britannique a également provoqué des tensions sur le marché des dettes souveraines de la zone euro, avec un creusement des écarts de rendement entre les obligations des pays jugés sûrs, comme l‘Allemagne ou la France, et celles des pays du Sud comme le Portugal, l‘Espagne ou l‘Italie.

Le rendement de l‘emprunt à 10 ans de l‘Allemagne est tombé à un nouveau plus bas historique de -0,169%, une baisse d‘une ampleur inédite depuis le paroxysme de la crise de la dette dans la zone euro, en 2012.

Les obligations du Trésor américain attirent également les investisseurs et le rendement à 10 ans des Treasuries a chuté de plus de 30 points de base jusqu‘à 1,406%, plus très loin de son record de 1,38%.

Les marchés des matières premières ne sont pas épargnés, un Brexit étant considéré comme un frein majeur à la croissance de l‘économie mondiale.

Les cours du pétrole perdent plus de 4%, le Brent de la mer du Nord revenant sous les 49 dollars le baril.

L‘or gagne en revanche près de 5%, aux alentours de 1.318 dollars l‘once.

John Geddie et Marc Jones, Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Angrand

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