16 juin 2016 / 12:18 / il y a 2 ans

LafargeHolcim maintient ses objectifs malgré la chute du titre

ZURICH (Reuters) - LafargeHolcim atteindra ses objectifs financiers en 2016 et au-delà, a déclaré son directeur général Eric Olsen dans une interview à Reuters, faisant fi des doutes qui ont entraîné une chute de 46% du cours de l‘action depuis la fusion qui a donné naissance l‘an dernier au cimentier franco-suisse.

LafargeHolcim atteindra ses objectifs financiers en 2016 et au-delà, déclare son directeur général Eric Olsen dans une interview à Reuters, faisant fi des doutes qui ont entraîné une chute de 46% du cours de l'action depuis la fusion qui a donné naissance l'an dernier au cimentier franco-suisse. /Photo prise le 15 juin 2016/REUTERS/Arnd Wiegmann

“Nous prenons des engagements, et nous tenons parole sur ces engagements”, a-t-il déclaré dans un entretien réalisé mercredi. “C‘est ma devise.”

LafargeHolcim, devenu en 2015 numéro un mondial du ciment, vise un Ebitda (bénéfice opérationnel avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements) de huit milliards de francs suisses (7,4 milliards d‘euros) en 2018, contre 5,7 milliards de francs l‘an dernier.

Pour 2016, l‘objectif est une croissance à un chiffre de l‘Ebitda, une prévision que certains analystes ont mis en doute au vu des difficultés rencontrées sur les marchés indien, nigérian, chinois, brésilien et russe.

Lors de leur fusion, Lafarge et Holcim ont promis de réduire les coûts et de réallouer le capital immobilisé dans plusieurs centaines de sites à travers le monde pour doper les bénéfices et le retour aux actionnaires.

Après l‘annonce début mai d‘une chute de 17% de l‘Ebitda au premier trimestre, Phil Roseberg, analyste chez Bernstein, écrivait que seul un évènement extraordinaire empêcherait le groupe de manquer ses objectifs annuels.

Phil Roseberg, un ancien salarié de Lafarge, avait également estimé à ce moment-là que les objectifs 2018 étaient irréalistes.

“La publication du premier trimestre a souligné davantage encore la déconnexion entre le projet attractif en matière de cash flow présenté par le management, et la performance structurelle de l‘activité”, écrivait-il dans une note.

Depuis juillet dernier, la baisse de l‘action a effacé près de 20 milliards de francs suisses de la capitalisation boursière du groupe, alors que des concurrents comme l‘allemand Heidelbergcement et l‘irlandais CRH ont résisté en Bourse, pourtant confrontés à des conditions de marché similaires.

Eric Olsen, ancien cadre dirigeant franco-américain de Lafarge, a été choisi en avril 2015 après une levée de boucliers des actionnaires suisses contre les termes financiers initiaux du mariage et le projet de confier la direction générale au PDG de Lafarge Bruno Lafont.

Pour lui, la valeur des deux entreprises combinées n‘est pas reflétée par le cours de Bourse aujourd‘hui.

“J‘ai mon ‘business plan’, je vois mes objectifs, je les passe en revue chaque mois. La performance à court terme, c‘est ma priorité et mon obsession”, a-t-il déclaré.

DES OPÉRATIONS ALLÉGÉES

Eric Olsen s‘est rendu la semaine dernière en Argentine où la fusion, dit-il, permet des économies d‘échelle dans les achats inenvisageables auparavant. Le rapprochement entre les deux concurrents français et suisse a aussi permis de fermer des usines vieillissantes, ou sous-utilisées, par exemple dans la périphérie de Moscou.

Le capital immobilisé dans les sites de production - 55 milliards de francs contre 29,5 milliards de francs de chiffre d‘affaires annuel - doit encore être réduit, et la fusion aide les deux groupes à produire des opérations “allégées”, avec moins de cimenteries et davantage de livraisons par cargo.

Le directeur général de LafargeHolcim a également indiqué que l‘objectif de 1,5 milliard de francs suisses d‘économies de coûts grâce à la fusion était nettement à portée de main, et que les cessions d‘actifs se déroulant très bien, l‘objectif de 3,5 milliards de francs précédemment promis pour 2016, afin de réduire de près d‘un tiers une dette de 18 milliards, pourrait être dépassé.

La vente des actifs indiens, retardée cette année par les régulateurs, “se déroule très bien” désormais, a ajouté Eric Olsen.

Les transactions qui ne sont pas bouclées d‘ici le 31 décembre déborderont en 2017, mais le programme actuel de cessions d‘actifs fera l‘objet d‘accords d‘ici la fin de l‘année. D‘autres désinvestissements sont sur la table, mais sous la forme d‘une “gestion active de portefeuilles”, pas sous celle d‘opérations massives, a poursuivi le directeur général du groupe.

Les économies salariales induites par la fusion - 1.600 départs - ont été largement réalisées, a poursuivi Eric Olsen, tout en ajoutant que d‘autres suppressions d‘emplois parmi les désormais 100.000 salariés de LafargeHolcim ne pouvaient pas être exclues.

Gilles Guillaume pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below