8 juin 2016 / 05:21 / dans un an

La croissance en Chine toujours prévue à 6,8% en 2016

La croissance de la Chine reste prévue à 6,8% cette année. Les exportations ont reculé de 4,1% sur un an au mois de mai, davantage que prévu, tandis que les importations ne fléchissaient que de 0,4%; L'excédent commercial ressort à 49,98 milliards de dollars (44 milliards d'euros). /Photo d'archives/REUTERS/Aly Song

SHANGHAI (Reuters) - La banque centrale de Chine compte toujours sur une croissance de 6,8% cette année grâce à une progression plus forte qu‘elle ne le pensait jusqu‘alors de l‘investissement en actifs immobilisés, ce qui permettrait de compenser un tassement des exportations.

La croissance du PIB chinois a été de 6,7% au premier trimestre, la plus faible depuis sept ans.

Les indicateurs économiques de la consommation, de l‘investissement et de l‘activité industrielle laissent penser que le ralentissement de la deuxième économie mondiale est peut-être sur le point de cesser mais la plupart des économistes ne prévoient pas de redémarrage en force.

“Depuis le début de l‘année, le contexte économique mondial et local a subi de multiples changements”, observe la Banque populaire de Chine (BPC) dans son rapport semestriel publié mercredi.

“Tenant compte de ces évolutions récentes, nous avons révisé nos prévisions macroéconomiques de la Chine pour 2016. Par comparaison avec nos prévisions publiées en décembre de l‘année dernière, nous maintenons notre projection fondamentale d‘une croissance du PIB réel de 6,8% en 2016”.

La banque centrale projette dorénavant une croissance de l‘investissement en actifs immobilisés de 11%, soit 0,2 point de mieux que la prévision faite à la fin 2015.

En revanche, elle anticipe une contraction des exportations de 1,0%, soit une révision en baisse de 4,1 points sur décembre. Le commerce extérieur chinois s‘est contracté de 8% l‘an passé, alors que le gouvernement attendait une croissance de 6%, ce qui fut sa plus mauvaise performance depuis la crise financière mondiale.

Suivant des statistiques publiées mercredi par l‘Administration des douanes, les exportations ont en outre diminué plus que prévu en mai, mais les importations ont fléchi moins qu‘on ne le pensait, alimentant l‘espoir d‘une stabilisation de l‘économie.

Les exportations ont baissé de 4,1% par rapport à mai 2015, tandis que les importations se sont tassées de 0,4%, un 19e recul d‘affilée qui est cependant le plus faible depuis qu‘elles sont passées dans le négatif en novembre 2014.

“L‘amélioration meilleure que prévu laisse penser que les volumes importés, qui se sont relativement bien tenus ces derniers temps et qui constituent un meilleur étalon de la demande réelle, se sont peut-être redressés”, juge Julian Evans-Pritchartd, économiste de Capital Economics, qui s‘attend à ce que les importations reviennent dans le vert à brève échéance.

RIEN DE NEUF À ATTENDRE CÔTÉ YUAN

Les importations de pétrole brut en mai n‘ont jamais été aussi élevées depuis plus de six ans, tandis que celles de minerai de fer ont été les plus nourries depuis décembre et que les achats de cuivre ont bondi de 19%.

Une forte croissance de la dépense publique dans de grands travaux et la reprise du marché immobilier alimentent aussi la demande de matériaux tels que le ciment et l‘acier.

La situation est moins prometteuse à l‘export. Ainsi, les exportations de la Chine vers les Etats-Unis, leur principal marché à l‘export, ont chuté de 12% en mai et celles vers l‘Union européenne, leur deuxième marché, ont reculé de 2,1%.

“Nous ne prévoyons pas de rebond notable dans les mois qui viennent”, a réagi Chester Liaw (Forecast PTE), à propos d‘exportations chinoises qui ont diminué sur 10 des 12 derniers mois.

L‘excédent commercial est ressorti en mai à 49,98 milliards de dollars (44 milliards d‘euros) contre 58 milliards prévus et 45,6 milliards dégagés en avril.

Les économistes interrogés par Reuters s‘attendaient à une baisse de 3,6% des exportations en mai, après leur recul de 1,8% en avril, et à une chute de 6% des importations après -10,9% en avril.

“Nous ne pensons pas que la statistique commerciale modifiera le comportement de la BPC face au yuan; elle privilégie toujours la stabilité”, estiment des économistes d‘ANZ.

Le taux de change du yuan a fléchi cette semaine, en réaction à une statistique de l‘emploi décevante aux Etats-Unis, qui a sabré d‘autant les anticipations d‘une hausse des taux américains ce mois-ci.

La BPC dit également s‘attendre à une inflation mesurée par les prix de détail de 2,4% cette année, soit 0,7 point de plus que sa prévision précédente, ce qui semblerait attester d‘une atténuation des pressions déflationnistes observées en 2015.

John Ruwitch, Laura Lin, Lu Jianxin et Elias Glenn, Wilfrid Exbrayat pour le service français

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