28 avril 2016 / 05:37 / dans un an

Airbus redoute l'impact des problèmes de l'A400M et de l'A350

Airbus Group redoute que les nouveaux problèmes de moteur de son avion de transport militaire A400M entraînent un impact financier "significatif" sur ses comptes, tout en confirmant prévoir une stagnation de ses résultats cette année. /Photo prise le 14 septembre 2015/REUTERS/Marcelo del Pozo

PARIS/AMSTERDAM (Reuters) - Airbus Group chute en Bourse jeudi après avoir dit qu‘il redoutait un impact financier “significatif” lié aux nouveaux problèmes de l‘avion militaire A400M et que des goulots d‘étranglement chez ses fournisseurs rendaient son objectif de livraison d‘A350 en 2016 de plus en plus difficile à atteindre.

L‘action du groupe européen d‘aérospatiale et de défense abandonne 6,21% à 54,85 euros vers 10h50 à la Bourse de Paris, menant les baisses du CAC 40, et portant son recul depuis le début de l‘année à plus de 11%.

“Les dernières difficultés de l‘A400M sont malvenues, mais il y aura aussi des inquiétudes (..) sur les défis de l‘A350 et les problèmes de l‘A320neo”, la version remotorisée du monocouloir d‘Airbus, écrit RBC dans une note.

“2016 s‘avère être l‘année difficile que nous avions anticipée”, reconnaît son président exécutif Tom Enders dans le communiqué.

Airbus Group a vu son bénéfice d‘exploitation (Ebit) avant exceptionnels chuter de 23% au premier trimestre, pénalisé notamment par l‘impact de la faiblesse de la demande du secteur pétrolier en hélicoptères.

Et son flux de trésorerie disponible a affiché un solde bien plus négatif qu‘attendu, à -2,986 milliards d‘euros, contre un consensus de -2,431 milliards cité par les analystes.

Le groupe confirmé prévoir cette année une stagnation de son bénéfice d‘exploitation (Ebit), de son bénéfice par action avant éléments non récurrents et de son flux de trésorerie disponible, mais n‘a pas exclu une charge liée aux derniers problèmes de moteurs de l‘avion de transport militaire A400M.

Le directeur financier Harald Wilhelm a dit lors d‘une conférence téléphonique ne pas être en mesure à ce stade de fournir de nouvel objectif de livraison de l‘appareil pour cette année. Airbus Group tablait jusqu‘à présent sur 20 unités.

BAISSE DE LIVRAISONS A VENIR DE L‘A380

L‘A400M, qui reste le point noir d‘Airbus Group après avoir accusé de nombreux retards, fait l‘objet de discussions avec les pays clients sur la résolution des problèmes de moteurs des quelque 25 avions en service et sur un nouveau calendrier de livraisons des nouveaux appareils.

“Le coût issu de l‘évaluation devra être adapté en conséquence, mais à ce stade nous n‘avons pas de vision suffisamment mûre des conséquences techniques, commerciales et industrielles, et de leur potentiel impact sur les publications financières, qui pourraient être significatifs”, précise le groupe dans son communiqué.

Harald Wilhelm a dit que le groupe était confiant dans la capacité du motoriste italien Avio, filiale de General Electric, de résoudre le problème et juge “très limités” les risques d‘annulations de commandes.

Concernant l‘A350, le défi le plus crucial d‘Airbus dans les avions civils, Harald Wilhelm a estimé que l‘objectif d‘au moins 50 livraisons du nouveau long-courrier cette année risquait d‘être de plus en plus difficile à atteindre.

Sur l‘A320neo, il a démenti des informations faisant état d‘un ralentissement des cadences.

“Nous augmentons la production”, a-t-il dit.

Pour l‘A380, Airbus s‘attend désormais à 27 livraisons pour 2016, comme en 2015, et 20-25 en 2017, assurant qu‘il maintiendra à ces niveaux l‘équilibre financier du programme atteint l‘an dernier après 15 ans d‘investissements massifs.

Harald Wilhelm a également estimé que les reports de commandes d‘avions de ligne restaient à des plus bas record malgré les inquiétudes sur un ralentissement du secteur, faisant ainsi écho au constat de Boeing, le rival d‘Airbus.

Il a également expliqué qu‘Airbus Group continuerait à donner la priorité aux cessions d‘actifs plutôt qu‘aux acquisitions, confirmant son intention de terminer le désengagement du capital de Dassault Aviation, mais sans souhaiter fournir de calendrier à ce stade.

Le directeur financier a dit aussi espérer finaliser “dans un futur proche” la constitution d‘Airbus Safran Launchers, la coentreprise d‘Airbus Group avec Safran dans les lanceurs spatiaux.

Edité par Jean-Michel Bélot

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